[CRITIQUE] Le corps et le fouet, Mario Bava, 1963

film-le-corps-et-le-fouet2Kurt Menliff, baron tyrannique, revient au domaine familial après un exil de quelques années. Déshérité par son père, haït par les domestiques, sa fiancée a depuis épousé son frère, mais Kurt n’a pas l’intention de renoncer aussi facilement. Faisant fi des accusations qu’on lui porte, d’être responsable du suicide d’une jeune domestique, il a bien l’intention de forcer son père à lui rendre son du. Mais la nuit même de son arrivée, après qu’il ait battu et violenté sa belle-sœur, Nevenka, il est assassiné. Nevenka particulièrement secouée ne parvient à s’apaiser, voyant le fantôme de son amant violent partout. Ce fantôme particulièrement sadique, la pourchasse, la frappe, la fouette, et la jeune femme passant de la panique, de l’effroi à la haine, de la colère à l’amour, se laisse entraîner dans cette relation malsaine et morbide qui entraînera sa perte.

1963 Le Corps et le FouetLE CORPS ET LE FOUET, film gothique par excellence, démontre tout le talent du cinéaste italien, Mario Bava. La mise en scène est particulièrement exceptionnelle, pleine d’imagination et d’inventivité, aux couleurs sublimes et aux lumières soignées comme tout film de Mario Bava. On retrouve également un casting de haute volée avec Christopher Lee dans le rôle du méchant baron, la magnifique Daliah Lavi dans le rôle de Nevenka et Tony Kendall incarnant Christian Menliff, le fils prodige. Sorti la même année que LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP, et LES TROIS VISAGES DE LA PEUR, LE CORPS ET LE FOUET est un conte gothique sadomasochiste qui est demeuré dans les annales du cinéma de genre. Et l’on comprend aisément pourquoi en le visionnant.

Les premières images nous plongent dans l’atmosphère poussiéreuse d’un château, et si l’imagerie du conte macabre apparaît rapidement, (le poignard mis sous un globe de verre qui est normalement utilisé pour conserver les souvenirs d’un mariage ici détourné pour un usage macabre), tout dans les personnages, le lieu, évoque l’austérité, la sévérité du patriarche auquel tout le monde obéit. L’apparition de Kurt, méchant fils disparu, permet déjà de distiller une tension que la mise en scène épouse et fait fructifier.

le-corps-et-le-fouet_542453_19349Ainsi, quand Kurt se retrouve seul dans sa chambre et utilise le passage secret pour se rendre dans celle de son père, on sent une tension quasi-surnaturelle naître. L’inquiétude prend le pas sur tout le reste. Dès lors, le film devient fantastique, parce qu’il éveille l’imagination inquiète du spectateur. Tout devient possible, jusqu’à cet assassinat auquel le spectateur assiste, mais qui ne semble d’auteur. C’est ce crime, qui paraît fantastique, surnaturel, car n’ayant d’assassin et uniquement une victime, qui va déclencher une suite d’évènements mystérieux et tragiques. C’est aussi à partir de cet instant que la mise en scène se déploie.

15ce81a6-97f2-4b6f-911a-000000000322Avec l’apparition du fantôme de Kurt, apparaît les couleurs. L’austérité du château, et de ces couleurs si pâle qu’on aurait dit du noir et blanc laisse place à un vrai festival de couleurs comme cette séquence où Christian s’avance dans un couloir à la recherche de Nevenka et passe alternativement devant des lumières colorées qui dessinent alors ses traits, passant de l’anxiété à la colère ou encore cette séquence où Nevenka est dans son lit, mortifiée à l’idée que Kurt apparaisse, et où une lumière bleutée illumine son visage. Mais c’est aussi une mise en scène inventive qui cherche à susciter l’effroi, comme ce plan magnifique où la main décomposée de Kurt jailli de l’obscurité et s’approche de Nevenka.

le-corps-et-le-fouet_430415_38073À l’instar de la mise en scène, le script fait preuve aussi d’une certaine inventivité et originalité. Certes, on sent l’inspiration du film gothique anglais, la présence de Christpher Lee le prouvant, mais comme dans les giallos (genre dont Mario Bava serait à l’origine avec LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP), il y a aussi une intrigue policière. Qui est l’assassin qui s’attaque aux membres de la famille et les tue, les uns après les autres ? Car la présence du fantôme n’explique pas les meurtres. Et le film fait preuve d’ailleurs d’une finesse psychologique qui pour l’époque est assez étonnante.

LE CORPS ET LE FOUET est un grand film trop largement ignoré. Ne serait-ce que pour sa beauté plastique, il mérite le coup d’œil, mais aussi pour le talent de son cinéaste à se saisir d’un genre galvaudé et à le transcender. C’est également un récit sensuel et fantastique dont l’aspect sadomasochiste est assez audacieux et pour le coup rend le métrage assez original. À voir donc !

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[CRITIQUE] Les Huit Salopards de Quentin Tarantino

Les-Huit-Salopards-The-Hateful-EightIl était une fois l’histoire d’un chasseur de prime surnommé le « bourreau ». Parce qu’il amène toujours ses prises jusqu’à la corde, jusqu’à la justice. Cet homme-là trimbale avec lui une femme à l’œil marqué d’un bleu, enchaînée avec lui. Tous deux voyagent en diligence privatisée quand ils croisent la route d’un autre chasseur de prime, puis d’un ancien renégat sudiste affirmant être le nouveau shérif de la ville où doit être pendue la femme. Pourchassés par le blizzard, ils trouvent refuge dans la mercerie de Minnie, située au milieu de nul part. A l’intérieur, les attendent un ancien soldat, un anglais, un mexicain tenant le lieu en l’absence de ses deux proprios et un étrange homme parlant peu. C’est ainsi que débute le huis clos, avec l’inquiétante certitude de notre bourreau que quelqu’un ici veut lui subtiliser sa prise.

J’ai pour l’habitude de dire que le meilleur film de l’année sort en général au début de l’année (janvier / février). Et c’est vrai que cela se confirme chaque année ou presque. Bizarrement, Les Huit Salopards pourrait totalement en être.

les-8-salopards-photo-567815392fca9Alors oui, les dialogues sont moins pointus qu’au début de la carrière de Tarantino (on pense à Pulp Fiction évidemment, dont la présence de Tim Roth nous fait revenir une certaine scène dantesque en mémoire) et le fil narratif est certainement plus linéaire que la majeur partie de ses œuvres de jeunesse, mais depuis Kill Bill le réalisateur a amorcé un virage à 180°. Film charnière, Kill Bill marque la fin d’une époque. Adieu les films hyper dynamique, hyper référencé, à l’écriture siscelé, qui sous ses aspects de medley pêchu s’avère à la fois démentiel et génial. Inglorious Bastards marquait un changement radical. Si l’on reste dans le cinéma de genre, les films de Tarantino aspirent désormais à s’encrer dans un certain classicisme et à donner ses lettres de noblesse à un genre oublié. Django était définitivement dans la même veine, et indéniablement, Les Huit Salopards l’est également.

les-huit-salopards-tim-roth-kurt-russellCe qui frappe en premier lieu, quand on le regarde en 70mm dans les conditions voulues par Tarantino, et je vous engage à le faire, c’est l’aspect magistral et spectaculaire du film. Jusque dans le choix absolument génial d’avoir une vraie bande sonore originale orchestrée par le maestro en personne, Ennio Morricone. D’autant que Tarantino n’avait encore jamais fait appel à un compositeur. S’il a toujours su utiliser à merveille la musique, il était devenu le spécialiste des musiques oubliées à qui il donnait une seconde vie. Mais ici, le choix de faire appel à Ennio Morricone, créateur des bandes sonores des western spaghetti est tout à fait dans la lignée de ce changement remarquable dans sa filmo et ce désir de cinéma plus formel, plus classique.
Ainsi, la mise en scène est nettement plus calme et moins dynamique que dans ses précédents films. Les plans larges du paysage, le temps que prend volontairement la mise en scène se laissant aller à des moments de vie inutile servant uniquement à distiller une atmosphère à l’ancienne pleine de chaleur, ou encore de contemplation, et cela, on l’avait encore jamais vu dans un Tarantino, mais surtout, cette sublime matière qui est la pellicule 70mm qui scintille littéralement comme la neige dont est maculé l’écran.
Indéniablement, il s’agit là d’un grand spectacle, totalement théâtralisé avec un entracte, des acteurs qui déclament des monologues et des chapitres découpant le film. Cette mise en scène oscillant entre le théâtre et le cinéma classique, entre l’hommage au western et une atmosphère à la Agatha Christie (le huis clos et le who done it) donne au film une étrange allure qui n’est pourtant pas déplaisante. Une sorte de film hybride entre l’intimiste et le grandiose.

583899Mais même quand il essaie de faire du cinéma classique, Tarantino reste fidèle à lui-même. Ainsi au-delà des dialogues succulents, comme toujours, de l’utilisation particulièrement maligne de la musique (mettre un morceau de The Thing dans une séquence sous la neige battante était assez finement joué) et des moments jouissifs où le sang gicle à profusion, il y a cette manière de distiller le suspense et de dérouler son récit pour aboutir à quelques scènes clés, où tout est conçu au final pour amener le spectateur à ressentir intensément cette séquence quitte à devoir inclure une voix off ou des flashback, chose inédite dans le cinéma de Tarantino, mais qui ici, distille un suspense à la Hitchcock bienvenue.
Enfin, dernier tic et pas des moindres, l’absolu amour que porte le réalisateur à son acteur fétiche et sa muse : Samuel L. Jackson. (Tout le monde se plaint que Di Caprio n’est pas son Oscar, mais quand on en donne un à Samuel L. Jackson ?!) Véritable héros du film, il campe ce personnage jusqu’au boutiste et entier qui dévoile un certain sens de l’à-propos assez succulent le long du film. Indéniablement, son meilleur rôle et le plus frappant !

[SERIE] South of Hell, review.

South of Hell

Maria Abascal est une trentenaire vivant à Charleston avec son frère. Outre un boulot de diseuse de bonne aventure, Maria et son frère font surtout des exorcismes durant lesquels le démon de Maria dévore d’autres démons. Possédée depuis que son père lui a mit un démon, Abigail, à l’intérieur d’elle au court d’une messe noire qui a très mal tournée, Maria essaie d’oublier le passé. Hélas, son père et surtout le démon qui le possédait ne l’a pas oublié. Prince des enfers, Enos compte bien retrouver ses enfants et surtout reconstitué la secte sataniste qu’il contrôlait à l’époque. Maria est la seule qui pourrait se mettre en travers de son chemin, encore faut-il qu’elle combatte d’abord ses propres démons.

South_of_Hell_13Il faut dire que la série est prometteuse sur le papier. Tout d’abord le casting, Mena Suvari incarnant l’héroïne, Zachary Booth jouant le frère junkie mais tentant vaillement de protéger sa sœur, Bill Irwin ou encore Drew Moerlein. Mais c’est surtout côté écriture, réalisation et production que la série donne véritablement envie. Le créateur de la série n’est nul autre que Eli Roth, réalisateur de Hostel, créateur de la série Hemlock Grove qui à défaut d’être une totale réussite parvenait au moins à briller d’une certaine originalité. De plus, on retrouve Jennifer Lynch (la fille de David Lynch) ainsi que James Manos Jr (créateur de Dexter). Enfin le producteur Jason Blum (Paranormal Activité, Insidious et Sinister) s’occupe de la production de la série. Autant dire que tout ce beau monde peut donner quelque chose de vraiment bon, mais qu’en est-il vraiment ?

cdn.indiewire.psdops.comAvec une atmosphère sud des Etats-Unis, poisseux et hanté, marécage et vaudou, avec un peu de with trash et de racisme, SOUTH OF HELL s’offre un vrai écrin en terme de l’atmosphère ce qui entre nous le vrai plus de la série. Ca, et bien sûr les démons. Respectant à la lettre toutes les règles en matière de pacte avec le diable, magie noire, possession et exorcisme, la série joue justement avec les règles de l’univers fantastique pour offrir un combat force du bien contre force du mal un peu moins manichéen que la moyenne, avec plus ou moins de réussite.

South_of_Hell_15Malheureusement, en terme d’écriture la série est bien moins envoûtante. Si tous les ingrédients sont pourtant réunit pour une belle réussite, et qu’on peut au moins compter sur l’atmosphère (le générique est d’ailleurs d’une troublante beauté), l’écriture de la série est franchement pas brillante. Bien que le développement autour de Enos soit plutôt intéressant, et l’apparition de sectes de plus en plus effrayantes soient bien amenés, en revanche, certains personnages secondaires sont tout au plus inutile, et surtout la conclusion de certains arc narratifs un peu facile. Côté mise en scène les combats contre les démons sont un peu pauvre, on aurait pu s’attendre à quelque chose de plus dantesque. Mais le plus navrant de tout est le personnage de Grace. Non seulement, il paraît complètement cheaté (l’apparition soudaine de pouvoirs capables de combattre les démons) mais en plus, l’actrice l’incarnant joue très mal.

South_of_Hell_5-810x400Alors non, SOUTH OF HELL n’est pas forcément la série la plus réussite de l’année. Plutôt médiocre, elle a néanmoins une atmosphère intéressante et offre quelques petites séquences amusantes à défaut d’offrir des frissons aux spectateurs. C’est dommage de n’être parvenu qu’à ce résultat en demi teinte alors que tant de bons ingrédients étaient réunit. La série est à peu près aussi effrayante que l’était Supernatural, l’humour en moins. Malgré tout, ça reste un bon divertissement, avec l’avantage d’offrir une vraie atmosphère sud poisseux ce qui est toujours appréciable.

 

[Série] I Zombie, critique.

izombie2_3235927kOlivia est une étudiante en médecine qui suite à une soirée trop agitée se retrouve transformée en zombie. Heureusement ou malheureusement pour elle, personne ne semble se rendre compte qu’elle est morte et a besoin de cerveaux pour survivre ou du moins ne pas devenir aussi flippante que les zombies de Romero. Abandonnant petit ami et la vie parfaite à laquelle elle était destinée, Liv devient légiste et avale les cerveaux de ses patients afin de rester à peu près maîtresse d’elle-même. L’ennui c’est que l’ingestion des cerveaux lui donne des visions, les derniers moments de la victime. Aussi décide-t-elle d’utiliser ces visions pour résoudre les crimes.

 

150129-news-i-zombieI Zombie est l’adaptation de comics portant le même nom. Créer par Rob Thomas (le créateur de Veronica Mars) et Diane Ruggiero-Wright, la série mêle références horrifiques (au dela des blagues, on retrouve pas mal de fois La nuit des Morts Vivants à l’écran, normal le film est libre de droit), l’univers sucré qu’on avait déjà dans Veronica Mars et enquêtes policières. Le cocktail n’est cependant pas si détonnant.

 

izombie_by_fairy46-d8n7jysVendue comme une comédie policière, elle n’a pas grand chose d’horrifique. En effet l’héroïne contrôle parfaitement sa nature de zombie, et ses accès de frénésie lui donnant une force surhumaine et une rapidité hors du commun, Liv ressemble plus à une super-héroïne un peu dark plus qu’à une créature maudite ou au mieux infernale. Il n’y a en fait pas grand chose de terrifiant dans la série. Si ce n’est le méchant. En effet, face à Liz, qui s’avère être le zombie le plus civilisé et le plus gentil qu’on puisse trouver, il y a un big bad, un zombie qui se maîtrise tout comme elle, mais décide d’utiliser sa seconde vie ou plutôt non vie pour créer un réseau de zombie dans toute la ville qu’il alimente en cerveau humain piocher directement dans les fugueurs et sans abri.

 

iZombie-1.07-1-630x419Bien sûr, Liz pour faire face à cette terrible menace est aidée, d’un flic avec qui elle travaille sur les affaires criminelles, de son patron, un médecin légiste qui en plus de son boulot décide de faire des recherches pour trouver un vaccin, d’un ex fiancé vraiment compréhensif (puisqu’il lui pardonne au bout de trois épisodes) qui joue également au justicier la nuit, et d’une colloc qui est également procureur de la justice. Comme vous le devinez, tout est assez « facile » dans la série. Liz ne se retrouve jamais vraiment menacée en dépit de sa nature profonde.

 

iZombieAssez faible scénaristiquement, la série n’offre de plus qu’un humour pas vraiment poussé ni très tranchant. Veronica Mars était sucré mais aussi très acidulée. Sous le vernis rose et adolescent se cachait quelque chose de vraiment dark, sombre et plutôt effrayant qui était le viol de l’héroïne et sa déchéance sociale. Ici Liz semble vivre sa mort comme une sorte de nouvelle vie, finalement plus libératrice qu’autre chose. De plus, on ne voit pas tellement l’intérêt de l’aspect zombie qui ici ressemble bien plus à des pouvoirs de super-héros qu’autre chose. On a l’impression que le zombie est utilisé uniquement parce que à la mode et susceptible d’attirer un public geek.

 

I Zombie peut être un passe temps, une série qu’on matte quand on est malade ou qu’on fait le ménage mais n’en attendez pas plus. Manquant terriblement de profondeur, la série reste en surface et surf sur la vague de ‘ce qui est à la mode’ en tentant de faire un cocktail susceptible de rassembler un maximum de spectateur. Vraiment passable.

[SÉRIE] Jessica Jones, review.

08253344-photo-jessica-jonesJessica Jones est un détective privé souffrant d’alcoolisme qui sillonne les rues de New York la nuit pour prendre en flag des couples infidèles. Dotée d’une force surhumaine depuis l’accident de voiture qui a coûté la vie à toute sa famille, Jessica essaie de mener sa barque en tentant d’oublier le sombre souvenir des 8 mois de sa vie où l’infâme Kilgrave utilisait son contrôle mental pour la faire faire ce qu’il voulait. Mais lors d’une nouvelle enquête, Jessica réalise que Kilgrave est loin d’être mort comme elle le croyait, pire encore, il continue ses atrocités.

Seconde adaptation en série de super-héros de Marvel par Netflix, Jessica Jones est la suite logique (en terme de production) de Daredevil. L’idée est d’offrir au spectateur la même sensation de crossover entre les différents héros que dans les comics. Ainsi, les films Marvel se suivaient et se connectaient les uns aux autres. Et il en est de même avec les séries. Dans Jessica Jones on retrouve un personnage de la série Daredevil, ainsi qu’une mention au héros aveugle. Mais surtout, le personnage de Luke Cage qui forme un duo électrique avec Jessica devrait avoir en 2016 sa propre série sur la chaîne Netflix. On devine ainsi la volonté de Marvel d’offrir au petit écran la complexité des comics.

Jessica-Jones-sera-une-heroine-imparfaite_article_landscape_pm_v8Cependant si la paternité des comics est tout à fait là, ainsi comme dans le comics Jessica a bien été sous la coupe de Kilgrave, et, comme dans les comics elle tombe amoureuse de Luke Cage, cependant, l’histoire a été réécrite. Ainsi il apparaît que les pouvoirs surhumains que possèdent Jessica et au moins Kilgrave soit l’invention de savant fou. Dans les comics, c’était des produits toxiques auxquels étaient soumis les héros qui leur avait conférer leur pouvoir. Pour autant, si l’histoire est réécrite, Jessica n’ayant jamais fait parti des venger, ni même revêtu un costume, il y a des allusions à son histoires dans les comics. De la mention de la super héroïne Jewel qu’elle aurait pu devenir (et qu’elle était dans les comics), à celle de l’accident qui lui a conférer ses pouvoirs, jusqu’à celle des Vengers nommés plusieurs fois, la série fait plus que du fan service, mais s’offre un vrai lien de filiation tout en se détachant des comics pour tisser sa propre histoire et sans doute avoir la possibilité de créer un univers plus crédible.

La tentative d’offrir un univers réaliste, sombre et violent qui avait déjà été effectuée avec plus ou moins de succès dans Daredevil (il est difficile de rendre crédible ce personnage), est plus réussit ici. En effet, on croit volontiers à cette jeune femme qui a remisé ses désirs de super-héros et vit cachée dans New York. Entourée de personnes plus ou moins affectés comme elle par Kilgrave, Jessica est un personnage à vif, mordant et surtout très sombre. Finalement, la série est beaucoup plus dark et violent (rien que le final offre le ton) que toute les autres tentatives pour rendre plus crédible des super-héros. La série met en scène une héroïne qui boit (alcoolique au dernier degré), a déjà tué un être humain (sous le contrôle de Kilgrave), et qui est aidée par un junkie. Ajoutez à cela un langage chatié, des scènes sexuelles non censurées et plutôt explicites, clairement la série s’offre un ton cru qui pousse encore plus loin que ce qui avait été fait avec le Batman de Nolan.

jessica-jones-netflix-944991En choisissant de se concentrer sur un seul arc dramatique (la poursuite de Kilgrave), la saison est en réalité une sorte de film rallongé. Tous les épisodes s’enchaînent logiquement. Il n’y a pas d’affaire par épisode, même si, certains épisodes s’offrent parfois des excursions passagère, comme un épisode bourré de flashback expliquant le passé de Jessica Jones ou un autre autour de personnages secondaires. Et de fait, la série gagne en profondeur. D’autant que David Tennant (Doctor Who) campe ici un méchant aussi charismatique qu’effrayant qui représente sans doute le méchant ultime. Les personnages secondaires sont également intéressant, on saluera surtout la prestation de Carrie-Anne Moss, sublime en avocate belliqueuse et sans morale. Bien écrite, avec un casting bien pensé, des allusions aux comics et à l’univers de Marvel, tout en apportant son propre univers, Jessica Jones est une vraie réussite.

Bilan cinématographique de l’année 2015

année2015cinéLes meilleurs films de genre de l’année 2015

11190713_oriL’année 2015 commençait très fort avec IT FOLLOWS qui après avoir fait le tour des festivals (dont la semaine de la critique à Cannes), sortait en salle et connaissait un succès critique et public. Bien que son succès se cantonne aux amateurs de cinéma de genre et d’horreur, et qu’on puisse lui reprocher d’être pas tellement grand public, It Follows s’est clairement démarqué en se montrant d’une originalité audacieuse tout en s’affirmant dans la continuité de John Carpenter. Succès donc, It Follows a surtout montré qu’il était encore possible d’inventer quelque chose dans le cinéma de genre et qu’on n’est pas condamné à répéter encore et encore les même schémas. Il a d’ailleurs raflé le grand prix à Gérardmer où la programmation contenait un autre bijou dont je parlerais plus tard. Quoi qu’il en soit, It Follows a bel et bien marqué les esprits et réanimé un genre endormi: le slasher!

Un autre film primé à Gérardmer va connaître une sortie en salle en ce début d’année 2015 et réveiller les esprits. A savoir, THE VOICES dernier film de Marjane Satrapi où un chat poussait son maître à tuer des gens. Cette comédie horrifique de haute volée mêlant univers fantastique coloré et pétillant à la noirceur d’un tueur en série a su plaire au public qui en ce début d’année particulièrement attristé par les évènements de Charlie Hebdo pouvait se divertir et se changer les idées avec un film certes drôle mais aussi intelligent, mordant et piquant.

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Quelques mois plus tard sortait le totalement furieux et absolument sublime MAD MAX FURY ROAD. 33 ans après Mad Max 2 (dont Fury Road est la suite directe), George Miller revient, poussant encore plus loin son propos (difficile de ne pas y voir une critique de la société moderne où l’eau potable est monétisée dans certains pays) et son univers, dans une époustoufflante course poursuite qui non seulement contente les fans mais s’attire de nouveaux fans parmi la nouvelle génération. Totalement fou du début à la fin, ce nouvel opus s’offre de plus, le luxe d’éviter au maximum les effets spéciaux numériques privilégiant les cascades au tournage. Généreux, époustouflant, surprenant, Mad Max n’est pas seulement le film d’action de l’année (si ce n’est de ses dix dernières années) mais aussi un film intelligent qui contient plusieurs niveaux de lecture, et un point de vue assez féministe qui n’est pas pour nous déplaire!

La-isla-minima-afficheEn plein mois de juillet sortait un film espagnol dont l’apparence au premier abord ressemblait à la première saison de True Détective, et qui, à travers une enquête poussiéreuse, explorait l’Espagne post-franciste. LA ISLA MINIMA est de ces thrillers à l’atmosphère lourde. On pense au Silence des Agneaux pour le côté poisseux, à L’ECHINE DU DIABLE pour l’Espagne exsangue où les enfants sont la première cible de la colère des hommes, mais aussi et surtout à l’univers de Dennis Lehanne, l’auteur de Mystic River et de Gone baby gone. Passé un peu inapperçu au milieu des sorties de blockbuster (Rogue Nation, Avenger 2), il a pourtant tout d’un grand film! Des personnages troublants, une enquête qui piétine, un sous texte politique, et la souffrance d’un pays, d’un peuple. Seuls le cinéma ibérique peut offrir des oeuvres aussi fortes avec une esthétique aussi envoûtante.

Blockbuster de l’été, MISSION IMPOSSIBLE ROGUE NATION est moins bon que son prédécesseur, il n’en demeure pas moins qu’avec ses scènes d’actions flamboyantes et surtout son héroïne, véritable révélation du film, Rogue Nation s’avère plus qu’un simple Blockbuster. Naviguant dans les eaux troubles de Skyfall il nous interroge sur l’utilité des espions et la possibilité d’un monde où la duplicité est obligatoire pour la survie.

cemetery-of-splendour-affiche-cannes-2015CEMETERY OF SPLENDOUR de Apichatpong Weerasethakul nous raconte l’histoire d’une femme infirme qui bénévolement s’occupe d’un soldat souffrant d’une maladie le plongeant dans un sommeil sans fin. Dans cette ancienne école transformée en hôpital, Keng, une jeune médium, tente de communiquer avec les soldats endormis et de lire leurs rêves. Film très onirique, Weerasethakul mêle réalité et rêve, passé et présent, contes et traumatismes. Rêveries autour de la guerre où l’on sent la puissance évocatrice d’un Shakespeare (Macbeth ou Richard III). Merveille visuelle, il a remporté un vif succès critique.

Un autre film asiatique devait cette année marquer les esprtits. VERS L’AUTRE RIVE du nippon Kiyoshi Kurosawa explore les spectres du passé de la manière la plus poétique qui soit. Loin de la frayeur que suscitait les fantômes dans ses précédents films (Kairo, Loft), ce film là se rapproche plutôt de l’atmosphère onirique et touchante de Real. Adaptant une nouvelle inédite en France de Kazumi Yumoto, Kurosawa nous amène face à un spectre aussi réel que les vivants qui avec son sourire désarme n’importe qui, et, en revenant d’entre les morts, permet à sa fiancée de faire son deuil en l’amenant à la rencontre de cette part de lui-même qu’elle ne connaissait pas. Une manière de traiter le deuil plutôt originale et très émouvante. Les apparitions sont rythmés par la lumière ce qui montre clairement qu’ici les revenants sont une source d’apaisement plus que de crainte pour les vivants.

Crimson-Peak-Affiche-FranceGuillermo Del Toro sortait cette année son oeuvre gothique, sa déclaration d’amour au cinéma transalpin ainsi qu’aux classiques films d’épouvantes hollywoodien avec CRIMSON PEAK. L’oeuvre hautement romanesque mêle donc histoire d’amour contrariée, triangle amoureux tragique, et fantômes au sein d’une splendide demeure (le meilleur décor de film vu au cinéma depuis très longtemps). Avec un casting cinq étoile (on y retrouve Tom Hiddleston, Mia Wasikowska et surtout Jessica Chastain éblouissante en figure tragique, sorte de Médée gothique), une image gothique évoquant la lumière de Mario Bava qui aurait croisé les classiques monsters, et une atmosphère très romantique, le film fonctionne et touche un public assez large. Il a cependant sans doute déçu les amoureux du Labyrinthe de Pan ne possédant pas toute la cruauté qu’on avait dans les premiers films du réalisateur mexicain.

Grand retour de Ridley Scott (du moins avec un film réussi) SEUL SUR MARS est un film d’aventure dans l’espace. Quasiment à l’opposé de Gravity (non seulement on fait fi des difficultés mais surtout l’aspect tragique est totalement évité), bien plus simple et moins évocateur que Interstellar, SEUL SUR MARS est quasiment un film d’aventure comme on en faisait tant dans les années 80. Drôle, simple, efficace, et assez ludique, Seul sur Mars propose une vision amusante de ces explorateurs de l’espace. On y voit de grands enfants qui tentent l’impossible, bravent les lois, et défient l’univers avec insolence. Choisissant de ne pas s’axer sur le sérieux ou le tragique, le film ne s’attarde donc guère sur les difficultés des personnages (la solitude du héros est à peine ressentie) mais plutôt sur leur ingéniosité et la manière dont ils bravent les obstacles.

5221890.jpg-r_x_600-f_jpg-q_x-xxyxxGrande surprise de l’année, THE LOBSTER est le film primé à Cannes. Film de Yorgos Lanthimos (réalisateur de CANINE), on y retrouve son ton cynique, l’humour absurde et surtout la satire sociale. S’intéressant aux célibataires dans un monde où le couple est devenu la norme sans et si bien que vous avez 45 jours pour trouver l’âme soeur sans quoi vous serez transformé en animal, un homme ne pouvant s’y résoudre décide de fuir et se retrouve avec les solitaires chez qui tout acte de séduction ou démonstration d’amour est sévèrement punis par des châtiments corporels plutôt ignobles. La critique de la société et de son impossibilité est ici bien plus forte que dans Canine puisque s’appliquant au monde entier. Colin Farrell y est plutôt bon dedans, même Lea Seydoux joue bien, ce qui est d’autant plus surprenant.

337562Avec la meilleure sortie au box office, impossible de ne pas parler de SPECTRE, dernier opus de la saga prolifique anglaise JAMES BOND. Après l’époustouflant Skyfall, Spectre prend la suite logique où nous voyons apparaître la Némésis de OO7 à savoir Ernst Stavro Blofeld. Si les scènes d’actions sont réussies, Daniel Craig au top niveau, les problématiques de M intéressantes, en revanche côté méchants on ne peut que être déçu par l’interprétation terriblement fade de Christopher Waltz. Révélé peut-être trop tôt (dans les premiers épisodes, il fallait attendre le 4e film Au service de sa majesté pour avoir le premier véritable face à face entre Bond et Blufeld), Blufeld est nettement moins impressionnant que le méchant campé par Javier Barden dans Skyfall ou encore Eliott Carver dans Demain ne meurt jamais qui incarnait une figure modernisée de Blofeld (magnat de la presse manipulant les puissances à son propre profit souffrant d’un complexe de supériorité). Néanmoins, pour la séquence d’intro et celle final, le film parvient à s’inscrire dans la lignée des pas trop mauvais James Bond.

Avec une petite sortie, MACBETH passait quasiment inaperçu. On retrouve l’équipe planchant sur l’adaptation des Assassin’s Creed. S’attaquant à la pièce de théâtre shakespearienne, Justin Kurzel s’offre une mise en scène relativement théâtrale en mettant chaque monologue dans une sorte de tableau où l’image sublime renforce le jeu vraiment très bon des acteurs (Marion Cotillard surprend en étant une Lady Macbeth des plus touchantes). Très graphique, le film est d’une grande beauté mais possède quelques menus défauts qui l’empêche d’être aussi canon qu’il aurait pu l’être. C’est néanmoins un bon film, à n’en pas douter.

Affiche-La-Chambre-interdite-714x973Guy Maddin, réalisateur canadien réalisant des films expérimentaux où la narration bien qu’existante est souvent bouleversée, nous livre en cette fin d’année 2015, LA CHAMBRE INTERDITE. Plus encore coupée d’une narration linéaire, le film bascule d’histoires en histoires à la manière d’un conte des milles et une nuit. Plus jusqu’au boutiste que ses précédents films (Souviens-toi Ulysse possédait une narration plus linéaire), ce nouveau film peut paraître être son Inland Empire (le dernier film de David Lynch plongeant dans les obsessions du réalisateur sans offrir qu’une maigre narration au spectateur). Il paraît difficilement accessible, mais pour ceux appréciant l’univers du réalisateur, cette succession d’histoire nous hypnotise et nous emporte, de récit en récit. On perçoit une fascination pour les acteurs à travers ces récits se recoupant les uns à travers les autres, comme une étude du jeu d’acteur, le tout en forme de mélopée sauvage.

Enfin, clôturant cette fin d’année, l’épisode 7 de la saga STAR WARS, L’ÉVEIL DE LA FORCE nous replonge dans cette lointaine galaxie où le côté obscur de la force s’est renforcé dans Le Nouvel Orde, reconstruisant une nouvelle Etoile de la Mort, alors que la Force et les Jedi semblent avoir disparus. J.J. Abrams parvient à renouer avec la magie de l’ancienne saga, on retrouve ainsi Han Solo, Chewie mais aussi la princesse Leia devenue générale de la résistance, tout en rafraîchaissant la saga avec de nouvelles têtes incarnant la nouvelle génération. On saluera le personnage de Rey, une femme badass comme on aime tant en retrouver dans la SF qui fait sans doute écho à Furiosa dans Mad Max 4.

année2015festochCôté festival, nous avons adorés:

509614C’est à Gérardmer que nous avons découvert le brillant et subversif GOODNIGHT MOMMY. Au milieu d’une sélection particulièrement encline aux atmosphères dérangeante, il sortait du lot. Ce récit scandinave mettant en scène deux frères jumeaux qui s’auto persuadent que leur mère revenue d’une lourde opération chirurgicale n’est plus leur mère, qu’elle a été remplacée par une créature étrange, et décident de tout faire pour retrouver leur véritable mère oscille entre cruauté, étrangeté et contemplation pour un récit acide et bouleversant.

JAMIE MARKS IS DEAD était également présent à Gérardmer cette année. Un film noir à l’atmosphère troublante qui nous amène de l’autre côté du miroir, dans le monde des morts avec une certaine poésie. On retrouvait une atmosphère assez semblable dans l’excellent BRIDGEND passé au PIFFF cette année.

corpse-firtz-posterLa mort était également le sujet du simple mais terriblement efficace THE CORPSE OF ANNA FRITZ où un huis clos dans une morgue opposait quatre acteurs qui parviennent à faire monter insidieusement la tension et ne relâche jamais le spectateur dans un thriller espagnol rondement mené. C’est encore la mort qu’on retrouve aussi dans COUPLE IN A HOLE où il s’agit cette fois pour un couple de faire le deuil de la mort de leur enfant. Le touchant film anglais a remporté le grand prix du festival du film britannique à Dinard.

Ex-machinaEn festival nous avons aussi vu de la science fiction avec le simple mais très beau EX MACHINA qui joue sur le fantasme de l’intelligence artificielle et en profite au passage pour nous parler des rapports humains et plus particulièrement entre l’homme et la femme. C’est également le sujet du troublant EVOLUTION de Lucile Hadzihalilovic où nous plongeons dans un monde fantastique lorgnant vers la SF qui revisite l’univers des contes de fées et leur cruauté avec une touche de bizarie si chère à son auteur.

Côté violence c’est vers GREEN ROOM du talentueux Jeremy Saulnier qu’on a trouvé notre bonheur. Le film ultra violent faisant se rencontrer l’univers punk rock et les skinhead gardait un aspect intimiste et réaliste qu’on avait déjà remarqué et très apprécié dans son précédent film, Blue Ruin.

SOUTHBOUND quand à lui est l’anthologie de l’année sans nul doute. Vu au PIFFF il nous permet au cours de 5 histoires de visiter un sud poisseux, angoissant et démoniaque où les démons de chacun se croisent, mais ne se sauvent nullement. Sans doute somme nous arriver en enfer, peut-on se demander.

390236.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxCette année nous avons aussi eu beaucoup d’humour avec TUSK, comédie très noire de Kevin Smith qui ne laissera personne indifférent. L’hilarant VAMPIRE EN TOUTE INTIMITÉ (WHAT WE DO IN THE SHADOW) nous a également marqué. Ce faux documentaire ne cherchant pas à nous faire peur, provoque au contraire de sérieux fou rire avec son petit tour du mythe du vampire.

A l’étrange festival, c’est COOTIES qui nous a tapé dans l’oeil. Délicieuse comédie horrifique avec des enfants zombies (sérieusement l’idée étant juste géniale) où l’on retrouve Elijah Wood (Maniac) en acteur mais aussi en producteur avisé. L’autre petit bijou est une comédie horrifique et métalleuse nommée DEATHGASM. Venue du pays de Peter Jackson on y retrouve le gore trash de Braindead et l’humour noir de Evil Dead 2. Le tout avec un vrai hommage au métal.

darkstar-poster-fr-640Enfin, on termine ce tour des festivals avec deux documentaires qui nous ont particulièrement touché. Tout d’abord le génial DARK STAR HG GIGERS WELT passé à l’Etrange où l’on se retrouvait aux côtés de Gigers avant son décès. Partager les derniers jours de l’artiste a quelque chose de très touchant comme vous pouvez vous en douter. Et puis, THE 1000 EYES OF DR MADDIN quand à lui permet de découvrir l’univers barré de Guy Maddin, réalisateur rendant hommage au cinéma muet dans chacun de ses films estampillés expérimentaux.

Et voilà, l’année 2015 s’achève et déjà, 2016 pointe le bout de son nez avec un programme très alléchant, du Tarantino, un Deadpool intriguant, un Suicide Squad vraiment excitant, et d’autres productions encore. Autant dire qu’on a vraiment un tas de films à se mettre sous la dent. Je vous parlerais sous peu de Gérardmer qui va arriver assez vite.

[CRITIQUE] Star Wars, le Réveil de la force.

XVMade6dfde-1e48-11e5-884c-3c565ac9f3fcLa galaxie est à nouveau menacée par un empire tyrannique qui se fait appeler Le Nouvel Ordre. Servi par le maléfique Sith, Kylo Ren, Le Nouvel Ordre n’a qu’un seul opposant : La résistance, soutenue par la République. En cherchant à détruire ces deux ennemis, ils découvrent l’existence d’une carte qui pourrait mener à Luke Skywalker, disparu depuis qu’un jeune Jedi qu’il éduquait se soit retourner contre lui. Depuis sa disparition, la Force semble avoir disparu, et les Jedi avec elle. Retrouver Luke est l’espoir fou de la résistance de réveiller ainsi la Force, et peut-être, voir les Jedi revenir.

Ce nouvel opus de Star Wars s’inscrit dans la lignée directe de la trilogie originale. Se déroulant 30 ans après les faits du Retour du Jedi. Avec la présence au casting de Harrison Ford et Carrie Fisher, la promesse de renouer avec le passer est tenue. Mais le film propose également de nouveaux héros, une nouvelle génération avec les personnages de Finn, un Stormtroopers ayant déserté, Rey, une jeune mécanicienne pillant des épaves, et bien sûr le colérique chevalier noir Sith Kylo Ren.

226383.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLe film débute avec l’arrivée du pilote Poe Dameron sur la planète Jakku qui vient chercher la carte permettant de localiser Luke. Envoyé par la Générale Leia qui dirige désormais la Résistance, le pilote retrouve Lor San Tekka qui lui donne la carte. Malheureusement, le pilote a été suivi, et l’instant d’après le village subit une violente attaque menée par Kylo Ren dont la colère égale la puissance. Sa maîtrise du côté obscur de la Force lui permet d’arrêter le pilote. Seul le droïde BB-8 parvient à s’enfuir.

Pendant que BB-8 en errant dans le désert finit par tomber sur Rey, une jeune pilleuse d’épave qui prise de pitié envers le droïde accepte de l’aider, Kylo Ren fait emmener son prisonnier sur le vaisseau-amiral où il utilise la force pour lui extirper des informations. Un stormtrooper, FN-2187, aide le pilote à s’enfuir. Malheureusement, leur vaisseau s’écrase sur Jakku. Seul survivant du crash, Finn parcourt le désert avant de retrouver BB-8 et Rey. Ils ne tardent pas à être repérés et poursuivit par le Premier Ordre. S’emparant d’un vieux vaisseau, ils s’enfuient à bord du Faucon Millenium.

star-wars-le-reveil-de-la-force-1_5476990Ainsi, le film navigue sur des eaux connues. Nombreuses sont les scènes à faire écho à des séquences bien connues des deux anciennes trilogies. La séquence d’ouverture fait référence au début du Nouvel Espoir où la princesse Leia confie les plans au droïde R2-D2 (dont BB-8 semble être le petit frère). La reconstruction d’une étoile de la mort, plus imposante, donnera lieu à des séquences de combats rappelant tout autant Le retour du Jedi que La Revanche des Sith. Plus tard dans le film, l’apparition de Han Solo et Wookie Chewbaca confirment que le film a l’intention de faire découvrir au spectateur ce qu’il est advenu de ses personnages préférés. Vieillis, usés par la guerre, on retrouve un Han Solo éprouvé par le temps, mais possédant toujours son humour, une Leia continuant d’espérer pour le mieux, et nous avons l’espoir de revoir Luke.

Non seulement le film rend honneur à l’ancienne trilogie, mais la perpétue. On retrouve la fougue et l’humour de la première trilogie ainsi que l’aspect torturé des personnages et les histoires compliquées de famille. Les scènes d’actions sont simples et efficaces, donnantes au spectateur l’impression d’être à bord d’un chasseur aux côtés de nos héros. Et la jeune génération n’a rien à envier à l’ancienne. Le personnage de Rey étant particulièrement fort comme l’était Leia à l’époque. On a le même sentiment qu’avec Skyfall, c’est-à-dire que J.J. Abrams continue l’histoire, écrit une nouvelle trilogie, mais en tenant compte avec respect et intelligence de l’ancienne.

J’irais plus loin avec le rapprochement d’un James Bond. La présence de montagnes enneigées sur la planète transformée en étoile de la mort évoque les bases d’un méchant de James Bond. Ainsi que la propension des méchants à faire de long discourt aux héros sans savoir que leur choix de repousser la séance de torture à plus tard permet au héros justement de s’échapper. Mais les similitudes s’arrêtent là. Car il n’y a pas réellement de course-poursuite mise à part au tout début, le film donnant la part belle aux affrontements et aux combats qu’ils soient au sabre laser ou avec des vaisseaux dans le ciel. Dans l’affrontement sur Takodana, on assiste à un combat sur le sol, où Han Solo et Chewie font des ravages dans les rangs des Stormtroopers, tandis que la résistance se bat dans les airs, volant au milieu des combattants au sol qui observent émerveillés. La mise en scène de cette séquence est vraiment bien faite et donne à voir une sorte de balai aérien.

286110Réussissant à renouer avec la magie de l’ancienne trilogie tout en apportant le souffle rafraichissant de la nouveauté, le tout avec une action bien menée, ce 7e épisode est un bon film. Il n’a sans doute pas l’excellence de Mad Max 4, mais il est factuellement un bon épisode de la saga Star Wars, remplissant le cahier des charges des studios et surtout, comblant les fans.

J.J. Abrams était un bon choix pour relancer la saga, on sait qu’il avait déjà secoué avec succès la saga vieillissante de Mission Impossible, et réussit à ravir les fans dans son reboot de Star Trek. Reste à savoir sur quel réalisateur reposera la lourde tâche de poursuivre la saga. Disney a annoncé que Colin Trevorrow, réalisateur de Jurassic World prendrait les commandes pour l’épisode 8 où l’on devrait retrouver Benicio Del Toro au casting.

[SERIES] Scream Queens, le bilan de la saison 1.

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Dans l’université Wallace, un tueur vêtu en Diable Rouge s’attaque aux membres de la sororité « Kappa Kappa Tau ». Cette dernière est tenue par l’insupportable prétentieuse Chanel Oberlin (Emma Roberts) qui passe son temps à rabaisser, humilier et insulter les gens, tout particulièrement celles qu’elle appelle ses minions. Le tueur semble avoir un lien avec un tragique événement survenu vingt ans plus tôt où une jeune fille enceinte se serait vidée de son sang pendant que ses « sœurs » faisaient la fête. L’histoire veut que l’enfant ait survécu. Et si tel est le cas, il serait un tueur idéal, dont l’envie de vengeance pour la mort horrible de sa mère l’aurait poussé à assassiner les étudiants et plus particulièrement les gens liés à la sororité jugée responsable.

572325.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxScream Queens lancée en 2015 est une série horrifique adoptant la forme du slasher. Mais comment faire pour respecter les codes du slaher dans une série sachant que normalement dans un slasher les gens se font tués les uns après les autres jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une personne, la final girl, qui s’en sort pour se faire tuer dans la suite. C’est pour respecter les codes du genre que le créateur de la série, Ryan Murphy, a décidé d’opter pour une forme d’anthologie où cependant, à la différence de American Horror Story, on conserverait les survivants de la saison précédente pour la saison suivante. Mêmes personnages donc, mais histoire différente.

172275.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxRyan Murphy est un peu le créateur fou de la télé US. Après avoir lancé Nip/Tuck en 2003 avec succès, ce dernier s’est ensuite lancé dans la création en série de show télévisés. Nip/Tuck avec son ton subversif a immédiatement touché le public autant que la critique. À l’époque, la série était une révolution. Le mélange entre le ton acide et très sarcastique de la série avec un humour très noir et une imagerie très américaine axée sur l’apparence et la beauté ont fait de cette série un bijou audiovisuel. Fort de ce succès, c’est 8 ans plus tard qu’il créer avec autant de succès American Horror Story dont les bons résultats et la popularité de la série en dépit de son côté très fétichiste, gore, cruel, sadique et dérangeant la rend particulièrement remarquable dans un paysage télévisuel en pleine révolution (The Walking Dead et Game of Throne sortait la même année ou presque). Depuis, Ryan Murphy ne s’est plus arrêté ! Il lance Glee en 2009 avec son alcolyte Brad Falchuk, planche sur un projet de American Crime Story et nous propose en 2015 Scream Queens en suscitant l’attente chez les fans d’horreur.

scream-queens-red-devilScream Queens n’est pas un hommage à toutes les reines de l’horreur, même si, la présence de Jamie Lee Curtis au casting est appréciable. Avec son ton saracstique, son univers très fantasiste (on est très loin d’un pseudo réalisme), et ses personnages tous aussi crétins les uns que les autres, Scream Queens se place plutôt entre American Horror Story (pour le côté fétichiste du tueurs tout en cuir moulant rouge, pour les meurtres graphiques et gore, et surtout le sadisme omniprésent chez les personnages haïssables) et Glee (pour le côté teenager, évidemment, le crétinisme des personnages et le côté sucré autant des couleurs que de l’univers totalement fantasiste) avec une pointe de Nip/Tuck (pour les apparences et l’attachement à la beauté). Malheureusement, la série se montre comme une accumulation des tics de son créateur plus que véritablement originale. Malgré tout, elle reste appréciable pour la bonne dose d’hémoglobine fournie à chaque épisode (un meurtre minimum par épisode), et l’humour radical.

173838.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEn voyant le désastre qu’à été la série Scream produite par MTV, j’aurais tendance à dire que Scream Queens est LA série rendant le plus hommage à la saga de Wes Craven. Par son ton irrévérencieux, par le côté complètement psychopathe de ses personnages tous plus crétins et égocentriques les uns que les autres, et l’humour ultra référencé, la série de Ryan Murphy est dans la droite lignée des Scream. Le problème étant qu’elle en fait trop là où Scream flirtait avec le n’importe quoi tout en restant toujours dans une ligne crédible que Scream Queens franchit sans le moindre regret.

439544.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAlors bilan, est-ce que la série est bonne ? Non. Sans être mauvaise, elle se répète, et peu carrément lassé le spectateur. Néanmoins, elle reste un bon divertissement. Il ne faut pas en attendre trop. C’est drôle mais peut-être trop poussif, les personnages étant particulièrement vitriolé ne sont donc pas spécialement attachants, mais le tueur lui est diablement inquiétant et le reste jusqu’au bout de la série, ce qui est, plutôt rare dans les séries horrifiques. De plus, elle réussit à garder son esprit slasher jusqu’au bout, et à continuellement fournir des crimes violents et cruels. Cependant, très infantile, et sarcastiques, elle ne plaira pas à tout le monde et en lassera beaucoup.

Si vous n’aimiez pas le personnage campé par Emma Roberts dans la saison 3 de American Horror Story, passez alors votre chemin, parce qu’elle est le personnage fort de la série, aussi attachant que repoussant. Si vous vous êtes lassé de l’univers pétillant et sarcastique de Ryan Murphy passez également votre chemin. En revanche si vous aimez voir des personnages détestables se faire trucider, découper, taillader, massacrer, le tout avec un certain sadisme, alors cette série est peut-être pour vous !

[SERIES] Dossier séries télé horrifiques 2015

x files 2015La télévision est souvent le reflet du cinéma, son prolongement. Ainsi quant au cinéma des films tels que Psychose, Les Oiseaux, effrayaient le public, une série d’anthologie nommée Alfred Hitchcock Présente offrait des frissons aux téléspectateurs. Plus tard, tandis que George Romero et Stephen King produisaient leur Creepshow, Les Contes de la Crypte débarquaient 7 ans plus tard à la télévision américaine. Depuis, le fantastique et l’horreur se sont nettement développés à la télé. X Files, Buffy contre les vampires y ont contribué, Les maîtres de l’horreur, Lost, Heroes, Misfits ou encore Jeckyll ont permit à l’horreur de s’installer plus durablement.

the-walking-dead-season-5Aujourd’hui, le fantastique tient le pavé. Il y a des rocks stars, littéralement, comme American Horror Story qui en 2 saisons s’est imposée comme LA série fétichiste et horrifique et depuis continu à faire frissonner les spectateurs avec ses fantômes, ses morts-vivants, ses monstres et ses intrigues infernales. Côté zombie, The Walking Dead explose tous les records devenant la série à succès du genre. Dérivée du comics book éponyme, cette série qui dépeint un post-apocalypse zombie démontre l’horreur dont sont capables les survivants. Hannibal s’était fait remarquée comme la série mêlant esthétique et horreur, mais après une saison 3 catastrophique s’est brutalement arrêtée. Reste que, le retour de la série phare, X Files devrait confirmer la mode actuelle. Modernisée, la série reste cependant fidèle à ses débuts, et c’est naturellement qu’on retrouvera Mulder et Scully enquêtant une nouvelle fois sur le complot extraterrestre.

the_leftovers_tv_series-HDOutre les séries phares, il y a celles qui se sont installées au fil des saisons, avec constance et efficacité. Ainsi, The Leftovers qui se place dans la lignée de Lost ou des 4400 est la série restant la plus méconnue, mais avec les meilleures critiques. Dans un monde où 2% de la population mondiale a disparue mystérieusement de la terre, les survivants restent dans l’angoisse et l’attente. Se concentrant, comme son nom l’indique, sur ceux qui sont restés, la série a choisi de ne pas éventer le mystère et de se concentrer sur l’émotion. On retrouve la même volonté et la même ambiance dans Les Revenants, série de Canal +, où la série cherche à s’approcher au plus près de l’intime et de l’émotion tout en conservant une atmosphère de mystère et de suspicion. La série française va d’ailleurs connaître un remake américain. Dans un autre registre, il y a The Sain, la série de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan qui adapte la saga La lignée des mêmes auteurs. Ici, il s’agit d’une apocalypse vampire qui se distille dans une atmosphère réaliste et mystérieuse. Le succès critique de la série la porte vers a priori un futur intéressant. Côté fantastique gothique, on a Penny Dreadful qui se pose comme sorte de best of du bestiaire fantastique axé sur une thématique victorienne où se retrouvent les grands mythes de la littérature gothique. Avec une esthétique soignée, une bande originale pointue, et des personnages hauts en couleur, la série a de quoi plaire aux fans du genre même si elle ne révolutionne rien. Quant à Hemlock Grave, produite par Eli Roth, se voulant fantastique, mais plus borderline, elle peine à trouver ses marques et ne croule pas vraiment sous les critiques élogieuses. L’avenir de la série demeurant incertain.

ash-evil-dead-logoCôté nouveautés, on retrouve cette année de belles productions. En tête Ash vs Evil Dead qui renoue avec la belle époque puisqu’on y retrouve Bruce Campbell et Sam Raimi, l’équipe d’antan, le même humour mordant, trash/gore, et la même niaque. Une vision humoristique qui fait du bien. Face à un Z nation qui surfant sur la vague du post-apo zombie s’annonce bien classique dans le genre, mais néanmoins de bonne facture avec un casting intéressant. Scream Queen produite par les gars de American Horror Story et Glee est la vraie série Scream (celle produite par MTV étant clairement à éviter). Avec un humour noir, et un aspect satirique très présent, la série offre néanmoins sont lot de scènes gores et de crimes spectaculaires, au moins 1 par épisodes dans la tradition des slasher. Côté zombi, on retrouve également le spin off de The Walking Dead, Fear the Walking Dead qui dépeint le début de l’invasion zombie. Mais aussi un I Zombie créer par le créateur de Veronica Mars qui nous propose donc une zombie s’approvisionnant en cervelle dans son travail de légiste et résolvant des crimes grâce aux visions qu’elle a. Dans le genre WTF, on n’a pas vu mieux depuis longtemps. Moins drôle, South of Hell propose quant à elle une héroïne possédée luttant contre les démons grâce au sien. La série est, de plus, servie par des réalisateurs de renoms ainsi retrouve-t-on Ti West ou encore Jennifer Lynch ou Jeremiah Chechik.

o-PREACHER-SERIE-TV-facebookEnfin, en 2016, on devrait voir apparaître de nouvelles séries. Développé par un ancien de The Walking Dead, Damien reprend la suite du film La malédiction. On y retrouve donc le petit garçon antéchrist qui, devenu adulte, est appelé à prendre sa place dans la guerre entre le bien et le mal. Preacher produite par AMC adapte donc le comics culte en série. Dominic Cooper tiendra le rôle de ce prêtre bordeline et ultra violent. On espère que la série sera à la hauteur du matériel de base. Mais la pression est grande. Enfin Outcast de Robert Kirkman (également, un ancien de The Walking Dead) qui est aussi une adaptation de comics. Kyle Barnes est un jeune homme possédé par un démon qui aidé d’un révérend essaie de trouver des réponses et mener une vie normale. D’autres séries fantastiques devraient débarquer, la télévision américaine en produisant beaucoup ces derniers temps, sans compter bien sûr les adaptations de comics book (super héros) et la SF.

[SERIE] Doctor Who, bilan saison 9

p032kxdqEn changeant de visage, le docteur change souvent de personnalité. Christopher Eccleston incarnait un Docteur survolté et passionné, cédant sa place à un David Tennant incarné qui laissait entrevoir un Docteur hanté par son passé, toujours passionné et un peu fou mais avec une profondeur dangereuse. Avec Matt Smith c’était l’homme fou avec sa boîte bleue dont la compagnie d’Amy Pond donnait un côté enfantin dérangeant, l’enfant étant amoureux. Peter Capaldi arrive à la saison 8 et déstabilise les fans assidus de la série. Son docteur tranche avec les précédents, moins foufou, plus raisonnable, il a quelque chose de dangereux et semble amorcer un virage à 180° qui semble improbable après la folie dérisoire de Matt Smith.

 La saison 8 était inégale et imparfaite, peinant à trouver son rythme et son ton. On attendait donc, impatiemment la saison 9 afin de savoir si oui ou non la série allait enfin se rétablir et retrouver ce rythme dingue qui nous avait tenu en haleine jusqu’à présent. Et la réponse est OUI. Le docteur est toujours là, répondant au rendez-vous avec un final qui plus est bouleversant à la hauteur des meilleurs moments de la série (nouvelle génération).

p03337jwLa saison 9 commençait fort avec un premier épisode le mettant face à Missy, nouveau visage, féminin et assez troublant du Maître. Une Missy qui avait donné des allures plus intimes à la fin de la saison 8. Evidemment le Maître, frère ennemi du docteur, est l’un de nos personnages préférés. Le faire revenir était forcément une bonne idée d’autant que son retour coïncidant avec le fait que le docteur soit piégé chez les Dalek n’a rien du hasard.

 Avec le final de cette saison, le doute n’est pas permit. La saison 9 a pour but de nous en révéler plus sur les secrets du docteur. En effet l’objet que reçoit Missy est le testament du Docteur. Ce testament envoyé la veille de la mort d’un Time Lord comporterait ses confessions, ainsi que ses plus noirs secrets. La question se pose dès lors. Quels sont les plus noirs secrets du docteur ? Et surtout, qui est l’hybride ?

p037l5tpLa prophétie de l’hybride, créature mi Time Lord mi Dalek qui se tiendrait sur les ruines de Gallifrey questionne aussi bien le créateur mourrant des Dalek que le Docteur affronte en ce début de saison, que le Docteur lui-même ! Et si c’était lui le destructeur en question ? Il se tient après tout pour responsable de la disparition de sa race entière. Pourtant, il a réussit à ramener sa planète natale, dans un autre plan, inaccessible nous dit-il, mais elle est de retour. Evidemment, il sera à nouveau question de tout cela à la fin de la saison.

 Plus encore que la question de l’hybride, c’est la question de la guerre entre les Daleks et les Times Lords qui revient. Du double épisode entamant la saison au final en passant par l’invasion Zygon, double épisode central de la saison 9 qui fait écho à l’épisode spécial anniversaire, les souvenirs douloureux de la guerre reviennent en mémoire et avec eux le rôle qu’à jouer le docteur dedans. La culpabilité est toujours là, accompagnée d’une volonté d’un pardon. Ce pardon s’incarnant tour à tour en un créateur de Dalek, Clara ou encore, non, ceci serait spoiler !

p038764nBien sûr la saison a aussi ses loners, épisodes déconnectés de l’intrigue centrale. Outre quelques épisodes solo, on retiendra deux doubles épisodes. Un premier assez classique où des fantômes hantent une base sous-marine. L’épisode est plutôt bon d’autant qu’il fonctionne sur les paradoxes temporels comme la série aime tant à le faire. Le genre de loner qui marque les esprits.

p035n8fdEt le second qui a des faux airs de crossover avec Game Of Trhone puisqu’on y retrouve la petite Arya ou presque. L’actrice Maisie Williams incarne une petite viking qui en croisant la route du Docteur devient accidentellement immortelle. Le Docteur la retrouve dans l’épisode suivant, quelques siècles plus tard, et la gamine a bien changée. Personnage donc qu’on est appelé à retrouver plus tard et qui, comme River Song, croise la route du Docteur à plusieurs reprises. A l’inverse de River, lady Me, puisqu’elle se fait appeler ainsi, s’oppose au Docteur puisque éprouvant de la rancœur à son égard car refusant de la prendre comme compagne. Si les deux épisodes où on la retrouve ne sont pas parmi les meilleurs, ils ont le mérite de faire naître un personnage qui se promet de devenir emblématique s’il est bien utilisé par les scénaristes.

 Le final de la saison 9, comme je l’ai dit, est magistral. Axé autour des trois derniers épisodes, ils amènent une conclusion digne des grandes heures de la série, avec des émotions fortes, de l’intime, et de nouvelles révélations sur le Docteur. Et cerise sur le gateau, une petite référence glissée en fin de saison à Matt Smith qui n’est pas pour nous déplaire.

HEAVEN SENT (By Steven Moffat)

En bref, la saison 9 est assez bonne pour ne pas dire géniale. Bien sûr on regrette de ne pas avoir plus de Missy, son apparition est trop brève mais on espère la revoir dans la saison suivante. En tout cas en fonctionnant avec des doubles épisodes qui permettent d’amener plus de profondeur aux développement scénaristiques et en gardant un fil rouge thématique, la saison 9 s’inscrit dans les grands moments de la série et donne à ce nouveau docteur une profondeur qui égale sans doute celle de David Tennant. Brillant donc !