L’amour du pouvoir dans les séries

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Breaking Bad, Game of Thrones, House of Card, décidément les séries US sont orientées autour du pouvoir, ne se contentant pas d’observer les batailles pour le pouvoir, ces séries excellent en mettant en scène un anti-héros qui aurait jouer les méchants dans des temps plus anciens, et qui dévoilent au cours de leur pérégrination une ambition folle, un certain manque d’humanité et de compassion, et surtout un goût immodéré pour le pouvoir !

 Qu’est-ce qui se cache derrière la soif de pouvoir dans les séries actuelles?

Est-ce que l’ascension de séries tournant autour d’un personnage volontairement méchant — pas exactement par goût du sadisme ou volonté d’être un super méchant mais simplement de par son ambition dévorante et son absence totale de remords face à ceux qui paieront les frais de son ambition — démontre une société tournée vers un culte du pouvoir absolu que cultivait déjà d’autres séries comme Profit ? Non, ça serait plutôt l’inverse. Les séries autour d’anti-héros d’un nouveau genre, attirés par le pouvoir comme dans Boardwalk Empire sont véritablement apparue depuis quelques années.

Elles sont sans doute, peut-être, le signe d’un certain regard. Nous sommes à une époque désabusée, où les multiples crisent ont finit par laminé tout espoir, tout croyance en l’idéal de démocratie. Les consciences s’éveillent, et chacun se rend compte que ceux qui dirigent sont au fond tous pareils, nourris par l’ambition, et comme le disait un personnage dans la mini série anglaise The Politician’s Husband s’ils dépensaient la même énergie dont ils usent pour planifier leurs coups pour résoudre le chômage, ce problème n’existerait sans doute plus. C’est un regard totalement différent qu’aujourd’hui les séries tv portent sur la politique et ceux qui accèdent au pouvoir, un regard bien plus acéré et tranchant même si tout le monde finit par s’attacher à l’abominable Franck Underwood.

Ce n’est pas l’envie de ressembler à Walter White qui nous poursuit durant la série Breaking Bad où l’on assiste à la chute de l’humanité du personnage et à un changement profond de sa personnalité qui s’inverse complètement. On serait plutôt glacé de terreur en voyant comment un père de famille tout à fait ordinaire se transforme peu à peu en monstre. Et au fond c’est la même dynamique qui tisse la toile de fond de Game of Thrones, ceux refusant de laisser l’ambition transformer leur cœur se voit sacrifiés sur l’autel du pouvoir, ne survivent, ne gagnent que ceux qui se montrent impitoyables. Dans House of Card le moindre signe de faiblesse est fatal (dans le sens littéral du terme).

Les séries reflètent-elles la société actuelle?

Ces séries démontrent à merveille les ressorts du monde actuel et du fonctionnement des hautes sphères du pouvoir. A l’instar de tous ces effrayants et pourtant réalistes documentaires sur le monde de la finance, l’origine de la crise, la forte probabilité d’une chute de notre civilisation — Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde —, les séries pointent du doigt les travers de notre société, mais plus encore en sont le reflet, comme le pop art était à son époque le reflet d’une société de consommation.

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Dark Touch, une poésie sombre brouillonne.

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Sorti en salle en Mars 2014
Un film de Marina De Van
Avec Missy Keating, Marcella Plunket.

Réalisé par Marina de Van qui n’en est pas à son premier essai, la réalisatrice avait déjà réalisé une version du Petit Poucet mais surtout Ne vous retournez pas un film déroutant et plutôt bien fait qui jouait sur un postulat de départ qui fonctionne plutôt bien, Dark Touch est supposé être une version enfantine revisitée de Carrie.

La chose est d’ailleurs plutôt assumée, puisque on réalise assez vite de quoi est capable la gamine dans une scène d’introduction plutôt brouillonne où on a une séquence peu compréhensible d’une enfant avec des parents qui à priori abuse d’elle, la gamine s’enfuit dans la foret, atterrit dans une maison où les adultes tentent de l’aider, plutôt en vain. Quand les dits parents arrivent et la récupèrent, un vase vole et s’écrase contre un mur. Ce moment là précis est parfait, le reste de la séquence est brouillon, incompréhensible, mal ficelé. Comme une grande partie du film en fait qui nous offre une suite de scènes ne fonctionnant pas. Le principal défaut doit être le script, mais clairement les choix de mise en scène n’aide pas.

Je dirais qu’il y a des défauts de casting, un mauvais découpage et surtout une volonté assez brouillonne. On sent l’envie de mélanger les cartes pour donner quelque chose de moins cliché mais cela ne fonctionne pas, ça empêche juste la compréhension du spectateur. Le plus énervant cependant reste la lenteur à certains instants qui est inutile, tous ces moments devant la fenêtre qui n’ont aucune justification, et globalement un traitement des instants importants très rapide. Cependant ce qui perd définitivement le film est le manque de justification à pas mal de choses. Un tas d’éléments mis en place comme l’espèce de lien télépathique entre Neve et la femme la recueillant chez elle qui n’est utilisé à aucun moment. De même, l’assistante social ne sert à rien du tout si ce n’est à prouver que les adultes ne sont pas tous des bourreaux d’enfants.

Pourtant le sujet était intéressant et la volonté de la réalisatrice qu’on perçoit en filagramme aurait pu donner un très bon film. L’idée d’une vengeance qui finit par se transformer en mal contagieux, en une volonté de destruction totale a quelque chose d’assez magnifique et assez beau sauf que rien ne nous permet d’en profiter puisqu’il est très difficile de croire au film et de rentrer dedans. On soulignera néanmoins l’essai même s’il est raté.

Fantôme, vous avez dit fantôme?

ju-on-the-grudge-2003-001-megumi-okina-takako-fuji-yuya-ozekiAujourd’hui, je veux vous écrire non pas une critique ni une chronique sur une série mais plutôt vous parler de fantôme et de frayeur. Dans le film d’horreur, on trouve de nombreux sous genre. Ca va du Torture Porn (Hostel, Saw, Guinea Pig) au Slasher (Vendredi 13, Rosemary’s Killer, Halloween) en passant par bien des déclinaisons avec, en tête, le film de monstre (Godzilla), le film gothique à la Hammer ou bien le film de fantôme, genre illustre qui n’a pas perdu sa flamme.

Les fantômes ont un accès au cinéma plutôt privilégié. Ils échappent aux complaintes habituelles sur le gore et la violence gratuite. Ils touchent tout le monde! Qui n’a jamais eu peur, seul dans le noir, dans une vieille maison avec une vue directe sur le cimetière? Ils sont immortels, intemporels et internationaux. Ne vieillissant pas ou peu, ils ont un véritable avantage sur les tueurs en séries des Slashers -même si ces derniers les imitent parfois- ou sur les bourreaux des tortures porn; Ils sont partout et surtout là où on ne les attend pas. Un fantôme peut faire n’importe quoi ou presque. Il terrifie parce qu’il symbolise une peur antique et immuable d’errer pour l’éternité sans but sur terre ou peut-être de voir les morts se relever. Ils symbolisent tant de chose, l’amour faisant parfois partie de l’équation mais on a plus souvent affaire à des fantômes vengeurs, film d’horreur oblige.

Toujours présents, les fantômes glaçant des œuvres gothique deviennent plus drôle dans les années 80 et dans la comédie, où ils s’épanouissent. Ils peuvent finir par devenir l’ombre d’eux-mêmes, par perdre de leur superbe jusqu’à ce que les fantômes japonais entrent dans la danse. Effroyable, inéluctable, impérieux, invincibles, ils sont le reflet d’une culpabilité qu’on ne peut effacer. Shutter, d’une empreinte maléfique dans un lieu qui va peu à peu contaminer tout le monde. The Grudge, ils expriment une terreur absolue, intacte et puissante qui palpite à travers la pellicule, qui nous transperce d’un regard morbide. Les lettres de noblesses sont écrites par Kurosawa pour qui les fantômes font parti intégrante de son œuvre et par Nakata, qui signe le sublime et magnifique Dark Water, dévoilant une histoire touchante et nostalgique au delà de la terreur. N’oublions bien sur pas The Ring, qui va débuter une nouvelle ère.

Le fantôme semble revenu en force. On le croise à nouveau dans le cinéma américain avec des films comme Insidious ou The Conjuring, mais aussi dans le cinéma anglais avec La Dame en Noir. Il apparaît alors comme nouveau, ayant apprit de nouveaux jeux, de nouveaux langages pour surprendre un spectateur qui se croyait lassé. Ainsi il démontre la force inhérente qu’il possède, toujours aussi intacte, toujours aussi vivace. Il suffit de vous plonger dans un Loft ou un Les Autres pour vous en convaincre, d’autant que les espagnols ne sont pas en reste sur le sujet, L’orphelinat ayant amené ses petits. Désormais, il est de ces genres qui comptent, et chaque année voit de nouveaux fantômes hanter la pellicule, même si celle-ci s’est numérisée en chemin…

Real, balade onirique de Kurosawa.

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Sortie 26 mars 2014
Réalisé par Kiyoshi Kurosawa.
Interprêté par Takeru Sato, Haruka Ayase.
127 minutes

Synopsis: Atsumi, talentueuse dessinatrice de mangas, se retrouve plongée dans le coma après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Son petit-ami Koichi ne comprend pas cet acte insensé, d’autant qu’ils s’aimaient passionnément. Afin de la ramener dans le réel, il rejoint un programme novateur permettant de pénétrer dans l’inconscient de sa compagne. Mais le système l’envoie-t-il vraiment là où il croit ?

Beau. Real est beau. Poétique aussi. Parfois émouvant à vous créer une énorme boule dans le creux de la gorge. Parfois écrasant, parfois léger comme une plume. Difficile de décrire le sentiment qu’on en retire. C’est comme tout les films de Kiyoshi Kurosawa, il y a l’émotion brute, celle qu’on ressent devant la projection, devant la danse onirique de ces deux êtres, la manière dont ils se touchent, s’éloignent, communiquent ou ne communique pas, il y a aussi les fantômes, toujours présent, apparaissant en foudroyant le spectateur, il y a aussi les regrets omniprésent dans l’oeuvre du cinéaste, et cette vieille rengaine, des souvenirs du passé revenant nous hanter, de ces accidents qui deviennent de véritables fantômes, détruisant une existence, la rendant impossible, infernale, inquiétante, il y a cette banalité effrayante aussi, cette poésie de l’instant, de la rencontre, du contact, cette blancheur spectrale de l’image. Et puis il y a le second effet, comme des myriades d’échos, le film se développe après la projection, se digère, s’analyse, se conforte dans la sensation première, et dans l’éblouissement, et la réflexion naissent d’autres émotions, l’onirisme omniprésent apparaît, l’aspect triller finit par totalement disparaitre absorbé par la beauté de l’histoire qui nous est contée, parce que l’horreur réelle devient un conte entre les doigts du réalisateur.

Joyeux anniversaire Batman

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Batman fête fièrement ses 75 ans de bons et loyaux services. 75 années durant lesquelles il a été un milliardaire curieux menant une double vie, puis a gagné en profondeur avec un passé douloureux d’orphelin, avant de prendre sous son aile un jeune garçon prodige, un certain Dick Grayson. Sous l’influence de la série Batman et Robin de 1943, ce cher Alfred -l’immortel majordome- s’est amincit. Batman, quant à lui, a eut des ennemis de plus en plus retord: au docteur Strange s’est succédé le Joker, le Pingouin et même Harvey Dent, qui s’est transformé en Double Face suite à un tragique accident. Des femmes sont apparues dans sa vie, d’abord la sexy et intrigante Vicky Vale, puis The Cat, qui reviendra sous le nom célèbre de Catwoman et la fille de son ennemi, Talia al Ghul, qui lui donnera des années plus tard un fils. La série animée des années 80 apportera une petite amie au Joker en la personne de Harley Quinn. Il y aura aussi de nombreuses collaborations avec d’autres héros, la Justice League influençant grandement la vie du chevalier noir. Et puis des acolytes, trois Robin dont le deuxième mourra des mains du Joker sous la décision du public, Batgirl perdra ses jambes pour les retrouver bien plus tard. Dans les années 80, l’image de Batman ayant été pas mal altérée par les années 60 et 70 sera totalement revue par de grands scénaristes et des sagas inoubliables marqueront son histoire à tout jamais, le faisant passer de la figure iconique pop américaine à la légende à la fois au cinéma grâce à Tim Burton et Christopher Nolan mais aussi à des scénaristes de talent tels que Frank Miller, Jeph Loeb, Grant Morrison, Alan Moore, Brian Azzarello, et plus récemment, Scott Snyder.

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En 75 ans, il sera devenu une figure iconique et légendaire qui aura évolué selon les époques. Dans les années 30 quand il vient au monde, c’est avant tout en qualité de détective qu’on le découvre. Le personnage est assez peu approfondis et les enquêtes légères. C’est dans les années 40 qu’il gagne en popularité. On fouille son passé, on lui colle dans les pattes Robin, qui contribuera grandement à rendre le chevalier noir plus sympathique en ajoutant des touches d’humour. A la fin des années 40, ses plus célèbres ennemis sont apparus et parmi eux, un clown qui ne va pas tarder à faire beaucoup parler de lui. Nait aussi Batgirl ou The Cat. Puis la vague de SF des années 50 touche en plein fouet Batman qui rencontre son double futuriste, affronte des aliens et rencontre aussi le plus connu d’entre eux: Superman. Il faudra quelques années pour que la Justice League vienne au monde. Durant les années 60, de belles couleurs garnissent les pages du comics mais les intrigues demeurent relativement légères, l’intérêt porté au comics ralentis. La série apporte aussi beaucoup de choses — de nouveaux personnages mais aussi et surtout un regain de popularité — influençant grandement la bande dessinée. Il faut attendre les années 70 pour voir un peu d’obscurité revenir, et l’image du chevalier noir se dessiner. La disparition de Dick, devenu trop grand, rend à nouveau Batman solitaire. De nouveaux vilains font leur apparition comme Deadshot, Mr Freeze ou bien Poison Ivy.

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C’est en 86 après la maxi série Crisis on Infinite Earth que l’histoire réécrite permet de prendre un nouveau cap. Et quel cap ! Batman Année Un décrit un super héros bien plus sombre qui renoue avec ses origines de justicier solitaire. Viendra Dark Knight, montrant cette fois le justicier vieux et usé. Les scénaristes semblent dotés d’une plus grande liberté, de grands sagas donnent ses lettres de noblesses au comics et attire un public plus vieux, et des personnages importants meurent. Le parcourt du justicier est alors parsemé d’évènements tragiques, de grands affrontements, d’amères défaites, et de demi-victoires gorgées de sang. De fantastiques dessins accompagneront des sagas légendaires et marquantes, comme Arkham Asylum ou bien Un Long Halloween. Batman éprouvera des pertes, pour autant la Bat-family gagne en force, et en solidité. Des séries seront offertes pour pas mal de ses acolytes, mais aussi pour les membres du commissariat. C’est d’ailleurs Gotham Central qui fera l’objet d’adaptation à travers la prochaine série. Fêtant ses 75ans en même temps que Detective Comics fête son 900e numéro, on peut célébrer la longévité du chevalier noir, plusieurs fois mort ou presque et ayant toujours su retrouver son public. Aujourd’hui, son visage est redessiné une nouvelle fois, et de nouveaux ennemis l’attendent.

Twin Peaks mon amour

1010593_10202950859164023_2056234455_nEn voyant cette superbe affiche j’ai eu envie de vous toucher un mot de Twin Peaks qui est pour moi l’une des meilleures séries mais cette oeuvre va bien au-delà de la simple série. Chef d’oeuvre de l’artiste David Lynch, la série est à voir AVANT le film, c’est ainsi que l’oeuvre a été conçu, Twin Peaks est magistral, génial, original, délicieusement onirique, avec une atmosphère propre au réalisateur. Cette oeuvre majeur de sa filmo prend ses racines dans Blue Velvet qui fait figure à mes yeux de « brouillon » à Twin Peaks. Et cependant, il m’est impossible de parler de la série ou pire du film sans risquer un spoiler, aussi je me contenterais d’une lettre d’amour.

David Lynch fait parti de mes réalisateurs préférés et il a clairement gagné mon coeur dès la première fois que mes yeux se sont posé sur ses oeuvres. Je ne savais pas très clairement quels étaient ces sentiments qu’il avait fait naître car son univers est unique en son genre, et respecté, même si certains se taxe de lui dédié leur oeuvre ils ne copient pas son style inimitable! Oui David Lynch est un artiste touche à tout de génie, et Twin Peaks est sans doute le point d’orgue de son univers, en tout cas celui qui semble empreint de l’innocence qu’on pouvait noter au début de sa carrière. Il y a tout, la lutte du bien et du mal, la petite ville paumée, des personnages haut en couleur, des étrangetés oniriques, un certain talent du réalisateur pour dévoiler la crasse abominable sous le vernis innocent, le mal caché qui finit par tout contaminer. Mais le plus fort reste le sentiment que laisse Twin Peaks en ayant vu la série puis le film, une émotion pure, puissante, qui est rarement atteinte par des oeuvres audovisuelle.

Alors oui, j’aime David Lynch, et je vous invite à voir et à revoir Twin Peaks, à vous en nourrir, à vous bercer avec ces images et cette musique absolument géniale, je vous invite à aller à Twin Peaks et si vous êtes chanceux, à y rester!

En bonus, quelques photogrammes.

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Monster, une touche de douceur amer dans un court métrage réussit.

Voici Monster, le court métrage de Jennifer Kent dont la version longue a remporté l’adhésion au festival de Gérardmer. La version longue a adopté le nom de The Babadook qui devrait sortir en salle en France. L’histoire plutôt touchante fonctionne plutôt bien. Adoptant ainsi le même schéma que Mama, ce long devrait être néanmoins plus qu’une version allongée du court.

Buffy contre les vampires, une série générationnelle.

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Née en 1997 entre les mains d’un scénariste peu connu alors, un certain Joss Whedon, cette série qui était diffusée sur un horaire estival en remplacement d’urgence parlait d’une adolescente à qui il était confié la difficile mission de combattre le mal incarné par des vampires. Série adolescente par excellence, Buffy contre les vampires va connaître une carrière bien plus longue que ne l’aurait pensé les producteurs au départ.

En fait, Buffy contre les vampires s’est avérée être une série marquante pour toute une génération. Née dans le sillon de X Files, elle suit le modèle de son aînée en offrant un spectacle divertissant tout en apportant une profondeur travaillée à la fois dans la psychologie des personnages aussi bien que dans l’exploration d’une véritable mythologie. Avec des script soignés, des épisodes marquants comme Hush, un épisode sans parole, ou bien un épisode sans musique pour évoquer le deuil, elle demeure une série inoubliable pour ceux et celles qui l’ont suivit à l’époque.
C’est la première série dont j’ai été fan. Plus qu’une simple série pour adolescents, Buffy a littéralement bercé une génération entière de nanas. On était des centaines à suivre les aventures de la tueuse de vampire qui a non seulement influencé notre look, pour le meilleur comme pour le pire, mais aussi a donné je pense à des filles l’idée qu’elles pouvaient se défendre toutes seules et pas seulement contre les monstres ! Buffy c’est aussi une série qui a grandit avec son héroïne mais également son public. Evoquant à partir de la saison 5 les problèmes que rencontrent les jeunes devant affronter l’âge adulte aujourd’hui, cette série s’est non seulement montré intelligente mais plus profonde que ses intrigues épiques et son univers fantastique.
Avec un sens de la mythologie, un univers parfaitement définit et assez complexe finalement, des intrigues qui se suivent mais ne se ressemblent pas, des big bad de plus en plus travailler, des ambiances vraiment différentes à chaque saison, et surtout des dialogues ne manquant pas de piquant, un humour qui aujourd’hui encore reste mythique, Joss Whedon nous a offert l’une des meilleures séries de l’histoire de la télévision. Evoquer les séries sans parler de Buffy, ça serait presque comme oublier X-Files ou le Prisonnier. Je sais que certains vont vouloir me jeter des tomates pourries, mais Buffy a marqué à la fois l’histoire de la télévision mais aussi une génération entière qui suivait les épisodes aussi bien que les personnages toujours aussi attachants, drôle, profond, complexes et vraiment vivant à nos yeux. Buffy reste une de mes séries favorite.
Pas étonnant que son créateur cartonne aujourd’hui avec les Avengers, cet auteur talentueux a longtemps jonglé avec des scripts audacieux, parfois trop, avant de trouver ses marques et son public, mais aujourd’hui il mène de front plusieurs projets ambitieux, n’oubliant pas ses premiers amours.

The Incident ou un bon film déviant passé inaperçu.

ImageTHE INCIDENT
THRILLER/HORREUR
Réalisation: Alexandre Courtes
Interprètes: Dave Legeno, Rupert Evans, Anna Skellern
Etats-Unis, France, Belgique 2011
85 min – 35 mm

Synopsis: George, Max et Ricky font partie d’un groupe de rock et rêvent de gloire. En attendant, quand ils ne sont pas en concert ou en répétition, ils travaillent dans les cuisines d’un asile psychiatrique où ils n’ont aucun contact direct avec les patients. Mais une nuit, alors qu’une tempête fait rage, le système de sécurité tombe en panne, les portes s’ouvrent et les occupants de l’asile s’échappent. Plus qu’une pensée en tête pour les trois musiciens: survivre.

The Incident a brillé au sein de la programmation vosgienne de 2012 par la simplicité de son histoire. Un groupe de rock bossant dans les cuisines d’un hôpital psychiatrique se retrouvent bloqués à l’intérieur de l’asile avec les plus dangereux criminels par une nuit orageuse ayant provoqué une panne électrique. Simple et efficace, ce film aborde un genre finalement peu exploité, celui du film de prison, même si ici c’est un asile, on retrouve l’ambiance du milieu carcéral: anxiogène, inquiétant, glauque, qui rendrait n’importe qui sujet à la claustrophobie. En choisissant de suivre un personnage charismatique, le héros est parfaitement incarné par Rupert Evans, le réalisateur français exerce un excellent choix de casting car c’est principalement sur lui que repose toute l’histoire même s’il construit un univers où évolue des personnages construits, intéressants parfaitement exploités par le film. Très rapidement, le film part en vrille. Après une phase découverte des personnages et du lieu, la panne survint pendant la sieste du héros qui est réveillé par ses potes paniqués. La caméra se déplace avec eux et on redécouvre les lieux mais dans une toute autre ambiance. La lumière parfaite du début à la fin, blanche écrasante presque hospitalière au début, bascule dans l’obscurité glaçante et effrayante où derrière chaque recoin d’ombre peut se cacher un fou. Tout l’intérêt de placer l’action dans un asile psychiatrique est l’exploitation des différentes facette de la folie et de l’univers psychiatrique. Dans ce milieu, la moindre erreur de jugement peut être fatale. Et lorsque les lumières s’éteigne, on découvre avec le héros la cantine déjà peu rassurante au début, plongée dans le noir, avec ces silhouettes immobiles qui nous fixe.

L’intelligence du film, à la fois de la mise en scène et du scénario, repose sur le fait que la tension mise en place dès le début entre le héros et un des pensionnaires va définir une ligne rouge que nous suivrons du début à la fin, et cependant cela n’est qu’un point de détail, une obsession qui va habité de plus en plus le héros qui cède comme ses camarades à la pression. L’angoisse monte au fur et à mesure, grâce à un découpage intelligent et une construction narrative qui laisse le temps à l’anxiété de s’installer. La deuxième partie du film, au début de la panne est assez lente, la plupart du temps les cadres sont vide ou presque, le silence règne, inquiétant naturellement, les héros restent groupés ou presque, si bien qu’on cherche partout autour de nous les raisons de s’inquiéter. On a tout le temps pour que notre imagination se mette à galoper nous mettant plus encore en tension. Notre regard fouine chaque recoin de l’image à la recherche d’un élément perturbateur, d’un danger qui viendrait frapper les héros lorsqu’ils ont le dos tourné. Et brutalement la violence s’insinue. Alors qu’un membre du groupe trop lâche et trop effrayé s’est cloitré dans la réserve, les trois autres tombent sur le cadavre du surveillant qu’ils connaissaient bien. Dès lors tout s’enchaînent, ils débarquent dans le bureau du surveillant et sans que le fou ne leur donne de véritables raisons de paniqués, les voilà cédant à la violence totale et complète. Ils ignorent alors que le moment de tranquillité offert leur permettant d’appeler la police n’est que le calme avant la tempête. Le film bascule très rapidement dans la violence cruelle, implacable, menant la tension jusqu’au bout, transformant le film en survival.

La troisième partie du film n’est ni plus ni moins qu’un survival. Ayant été témoin d’un meurtre froid, les trois compères se retrouvent avec un blessé sur les bras, et doivent de toute urgence trouver un moyen de sortir d’ici pour survivre. Les choses sont clairement dites dans la scène de l’exécution, ils sont les prochains sur la liste. Il leur faut alors traverser l’asile avec les risques que cela représente, toutes les cellules sont ouvertes alors que les gardiens sont bloqués dans les parties différentes de l’asile. Et la tension, comme les scènes de violence dont sont à la fois témoins puis victimes les héros montent en grade au fur et à mesure. L’intelligence du film est de ne jamais perdre de vu le mental de ses personnages, captant chaque émotion, chaque hurlement intérieur, chaque barrière s’effondrant face à la violence gratuite et la folie éclatant sous leurs yeux. Tout s’inscrit, les pièces se mettent en place, chaque chose s’assemble pour nous préparer le final forcément explosif, simple, efficace et tellement évident sans pourtant être cliché. Là encore le film étonne, car oui, c’est cliché, des personnages fous aux actions, oui on s’y attend, mais c’est tellement bien fait, tellement brillant, tellement beau et terrible à la fois. Pourquoi chercher l’originalité à tout prix au risque de faire mal les choses alors que là sous nos yeux, l’évidence s’impose. Magnifique film, pas loin du chef d’oeuvre.

// ALERTE SPOILER // Il m’est très difficile de terminer cette critique sans évoquer la fin du film, aussi si vous ne l’avez pas lu ne lisez pas ces lignes. Après avoir débattu du sens de la fin du film, chose assez rare de nos jours, je dois dire que de ce que j’ai pu entendre, beaucoup se posaient des questions sur la fin qui pour ma part était évidente. Le leader des fous, personnage oh combien charismatique et effrayant, surtout dans la scène où il se dévore le doigt, n’est en réalité qu’un mirage ou plutôt un bouc émissaire que s’invente le héros, et il faut revenir dès le début pour réaliser à quel point son psychisme était fragile. Dans la répétition du « il est nouveau chez les dingues », éclairée par une amie infirmière, on y comprend dès lors qu’il n’avait jamais été réellement confronté aux patients avec qui il se retrouve soudainement enfermé, ces derniers n’auront de cesse de le tester, et son psychisme s’effondre à l’instant où il cède à la violence, ne supportant pas d’avoir agit ainsi, lui qui tentait de se montrer gentil et distant, il cherche alors une excuse, ce qui sera sa faiblesse fatale. Il sombre alors, et dans un final effrayant, on réalise que ce n’était pas juste une crise, un moment de faiblesse dû au choc, mais bel et bien l’antre de la folie, il est désormais enfermé avec eux, mais dans sa tête. Un premier galop d’essai pour le réalisateur qui démontre son talent jusqu’à cette fin en spirale. Le héros n’est jamais sorti de là-bas, non dans la réalité, mais dans son psychisme détruit. // FIN DU SPOILER //

Aujourd’hui, deux ans après, le bilan. Pas de sortie en salle, le film a déjà été réalisé ailleurs qu’en France, même si le réalisateur est pourtant un clippeur de renon, qui a œuvré pour le film à sketchs « les infidèles ». Direct to dvd, grand classique pour le film de genre, il n’aura même pas droit à une communication digne de ce nom. On pense à Triangle qui a eut droit au même sort, et doit sa notoriété qu’au bouche à oreille de ses vrais supporters, à savoir les spectateurs.