[SERIE TV] Mindhunter, 2017

2017-09-18-mindhunter-twitter-profile-bannerEntre le SILENCE DES AGNEAUX et le ZODIAC, peut-être, se trouve MINDHUNTER, la nouvelle série de David Fincher. Le réalisateur de SEVEN s’était déjà essayé au petit écran avec brio en lançant la série HOUSE OF CARD dont il avait réalisé plusieurs épisodes de la première saison qui restera d’ailleurs avec un goût inimitable comparé aux saisons plus récentes, peut-être du fait du regard glaçant que Kevin Spacey nous jetait, à nous spectateur, comme en écho lointain à SEVEN. Cinq ans après, et après un brillant MILLENIUM qui ramenait le cinéaste au monde froid et glaçant des tueurs en séries, voici donc MINDHUNTER la série qui, personnellement, m’a rendue assez dingue.

mindhunter-s1Nous sommes en 1977, et le F.B.I. n’a encore aucune méthode particulière pour appréhender les tueurs en série. Horden Ford, un jeune agent pense qu’en étudiant auprès des tueurs arrêtés on pourra comprendre comment ils fonctionnent et arrêter les prochains tueurs en série. Une idée révolutionnaire qui ne semble pas prête à être entendue au FBI. Mais par sa ténacité, il parvient à obtenir l’aide de Bill Tench responsable de la section comportementale, et de Wendy, une professeur de faculté habituée à travailler avec le FBI.

049_mindhunter_102_unit_11766r4Très rapidement, le décor est posé. Couleurs sombres, variations de gris, de bleus ou de verdâtre selon le niveau d’angoisse dans lequel on se trouve, individu charmant qui vous explique tout en finesse comment il a tué des femmes, Ed Kamper est le premier tueur qui sera le sujet des conversations d’abord retranscrit manuellement puis enregistré sur casette. Notre jeune héros découvre à la fois la révolution sexuelle, le milieu universitaire et l’esprit d’une totale noirceur des tueurs en série. Au lieu de s’en inquiéter, il plonge tout entier et sans retenue. MINDHUNTER ne décrit pas seulement une époque, des tueurs, ou encore les rouages du bureau fédéral mais aussi et surtout des personnages loin des clichés tout en nuances de gris, souvent allant en s’assombrissant.

DMAU1MCU8AAKlAeComme précédemment avec THE KNICK, la reconstruction historique est de facture moderne. David Fincher n’essaie pas de retrouver les cadres et les couleurs de l’époque mais plutôt d’imposer son style si reconnaissable, sa traque quasi obsessionnelle du moindre signe d’un basculement psychique à venir, d’un effondrement de ses personnages, sans cesse sur l’écueil, la corniche, en équilibriste, il nous faire observer les abysses et finit par nous en donner le vertige d’y tomber.

A l’instar de la première saison de TRUE DETECTIVE, la série fait mouche. En une saison, qui pourrait se suffire à elle-même, grâce à un season final signé David Fincher d’une profondeur écrasante et au vertige assourdissant, elle expose toutes les problématiques du profilage mais aussi nous en délivre toutes ses promesses qui nous amène à attendre la seconde saison avec impatience.

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