[ETRANGE FESTIVAL] Grave de Julia Ducournau, 2016.

grave3GRAVE film ovni de Julia Ducournau fait actuellement le tour des festivals avant une sortie (en salle on l’espère) le 15 mars. Ovni parce que c’est le genre de film un peu inclassable, à la fois un film d’auteur, un film d’horreur, un film qui bouscule, choc, peut-être avant tout un shocker à la française. Parce que ce qui paraît le plus incroyable avec GRAVE ce n’est pas tant les réactions (un peu exagérées) du public à Montréal mais plutôt qu’il soit de nationalité française.

393248-jpg-c_300_300_x-f_jpg-q_x-xxyxxSoyons honnête, les gars qui font les meilleurs films français ne le sont même pas ! On pense à ELLE de Verhoeven, absolument génial et renversant, ou encore à Polanski avec son déstabilisant LE LOCATAIRE. Bien sûr, il y aura toujours Gaspard Noé pour nous faire halluciner, même si, le bonhomme fait plus dans le shocker que véritablement le film d’horreur. Mais les autres, bin ils sont rares, et ceux qui ont fonctionné le mieux c’est en partant à l’étranger comme récemment Christopher Deroo avec son intéressant SAM WAS HERE ou encore Thierry Poiraud avec DON’T GROW UP. On n’évoque même pas le cas de Alexandre Aja qui cartonne aux US.

grave-julia-ducournau-franceMais là, c’est un film franco-belge qui débarque sur nos écrans et bouleverse nos estomacs (parce que mine de rien ça secoue un petit peu). Alors me direz-vous c’est peut-être son adn Belge qui joue, sans doute. On peut le dire sans exagération, nos amis belges savent y faire en cinéma trash, gore, un tantinet dérangeant. Parce qu’ils passent rarement la frontière, hélas, mais ils ont continués de tirer à boulet rouge sur nos institutions, notre société et la bien séance depuis C’EST ARRIVÉ PRÈS DE CHEZ VOUS.

1461060865858_0570x0399_1461060905660Bon, c’est bien gentil mon éternel débat sur l’existence ou plutôt sa tentative de survie du film de genre en France, mais de quoi ça parle GRAVE déjà et pourquoi c’est bien, me direz-vous ? Et bien ça parle d’une gamine, enfin, d’une jeune femme qui entre à l’université de médecine pour devenir vétérinaire. La gosse a grandi dans une famille de végétarien, n’ayant jamais touché un bout de viande. Mais dès le premier bizutage, on la force à ingérer un foie d’animal cru. Et cette expérience va réveiller en elle des phénomènes alarmants. Oui, j’ai bien dit alarmant et non étrange. Parce qu’on n’est pas dans une histoire de fantôme japonais dans un lycée mais plutôt dans une histoire de cannibalisme.

D’où les estomacs retournés.

graveMaintenant que j’ai planté le décor, abordons les personnages. GRAVE met en scène des personnages assez réalistes. En fait, ce qui scotch assez rapidement le spectateur à son siège c’est la manière dont la caméra de Julia Ducournau suit les personnages dans des mouvements assez fluide, d’une manière à la fois réaliste et très moderne, ancré dans le type de mise en scène qu’on retrouve chez des Saulnier (GREEN ROOM), où l’on associe réalisme, mouvement et une certaine esthétique. Quelques idées brillantes de mise en scène comme la séquence où l’héroïne se met à danser devant le miroir sur du rap français de bon ton ORTIES. Jusqu’aux choix musicaux, au choix d’acteur, on soulignera d’ailleurs la présence du trop rare Rabah Naït Oufella, le talent de sa réalisatrice s’affiche.

On jalousais les canadiens pour leur talentueux Xavier Dolan, peut-être avons nous maintenant une réalisatrice de talent dont on peut se vanter. Reste à voir ce que nous fera prochainement Julia mais indéniablement, c’est une artiste de talent à suivre !

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