[CRITIQUE] Batman Begins de Christopher Nolan, 2005

batman-begins-2005-62-gEn 2005, Christopher Nolan ressuscite le chevalier noir. Tourné en ridicule par l’innommable BATMAN ET ROBIN, le justicier de Gotham avait disparu depuis. Jusqu’à ce qu’il soit ramené sur le devant de la scène par le prometteur cinéaste, qui avait alors tourné avec succès MEMENTO et surtout LE PRESTIGE. Fan des comics, Christopher Nolan veut adapter les comics et notamment ceux écrit par Frank Miller qui dans les années 80 avait apporter un renouveau du chevalier noir, ce que veut faire Nolan au cinéma.

Batman-Begins-2C’est ainsi que né BATMAN BEGINS basé sur plusieurs comics marquant, BATMAN ANNÉE 1, UN LONG HALLOWEEN, THE MAN WHO FALLS, mêlant aussi plusieurs personnages emblématiques de l’univers de Batman comme Ra’alGul à la fois ennemi et vieil ami du justicier, ainsi que l’épouvantail, mais aussi la pègre représentée par Falcone. Pour les lecteurs des comics, c’est un joyeux méli mélo que fera Nolan au cours de sa trilogie mais qui reste soigné par une écriture cherchant à approfondir la psychologie du Batman qui dans les films précédent avait été simplifié à l’extrême.

batman-begins-3Nous faire plonger dans la psyché de l’homme chauve souris est la grande réussite de BATMAN BEGINS qui ne se contente pas de placer le justicier face à des méchants mais cherche à comprendre pourquoi il s’habille ainsi et va chasser du criminel. Véritable plongée dans les origines du chevalier noir, le film a une atmosphère dure et noire qui colle avec une Amérique post-2001. Le chevalier a un armement quasi militaire, il a d’ailleurs un tank, la batmobile tenant plus du véhicule militaire qu’autre chose. Il combat des terroristes qui veulent détruire le symbole de l’impérialisme américain à savoir Gotham qui ressemble d’ailleurs fortement à New York. Mais le chevalier refuse de tuer. Il se plie à une volonté de ne pas finir par être comme ses ennemis, mais de partager ses peurs avec eux.

lead_960Au fond, c’est à la naissance d’une légende qu’on assiste. De la chenille, à la vengeance imprimée dans la peau, un gamin qui vient armé au tribunal afin de venger la mort de ses parents, à la chrysalide en prison asiatique finissant par trouver en Raz’al Gul un maître à penser, puis enfin, le papillon, un vigilent qui use de la violence et surtout d’une grande théâtralité afin de faire ployer la pègre et détruire son pouvoir. La corruption de la ville apparaît à une grande échelle, et le personnage de Gordon est aussi central que celui de Alfred ou encore Lucius Fox. Ces trois alliés sont brossés avec grand soin, et campé par des acteurs de haute volée.

Ainsi les bases sont posées pour une trilogie annoncée par la carte du Joker apparaissant à la fin du film. Critiqué, BATMAN BEGINS possède pourtant de vrais atout, il redéfini la légende, iconise le vigilent, brosse le portrait d’un homme possédé par son désir de vengeance et son besoin de justice, un orphelin qui ne possède rien d’autre que son idéal représenté par une chauve souris. L’univers dessiné, par les personnages entourant Batman, autant que par le design de la ville (mêlant la modernité de New York à l’aspect rétro très Burtonnien) que par la musique assez sublime de Hans Zimmer, c’est un film qui se suffit à lui-même, et s’avère sans doute le meilleur de la trilogie, car, le plus abouti.

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