[PIFFF] CR, deuxième jour.

20140220011634600_originalSecond jour du PIFFF, mercredi 18 novembre. C’est donc au Grand Rex qu’à lieu le festival nous promettant des films qu’on ne verra nul part ailleurs. Le film d’ouverture par exemple sortait mercredi en VOD, c’était donc l’unique chance de le voir en salle ! Pressés sur le pavé parisien mouillé, nous nous sommes donc rendus, munis de nos cartes UGC illimités qui sont acceptés au Grand Rex (grand changement outre le déménagement) ou de nos Pass Festival et nous avons passé la journée entière dans une salle au plafond étoilé en compagnie des équipes de films qui en dépit des évènements tragiques de vendredi sont quand même venus présenter leurs films !

img-20151116011936La journée commençait à 14h30 avec CURTAIN. Film fauché et barré de la sélection, le pitch promet un film drôle, différent et électrique. Ainsi, c’est l’histoire d’une fille dont le rideau de douche disparaît mystérieusement. S’interrogeant sur ce qu’il peut bien arriver à ses rideaux de douche, elle va se retrouver embarquer dans une histoire aussi mystérieuse que dangereuse ! En effet, dans le New-York pauvre et craspec qui évoque les années 80, nous retrouvons cette jeune femme indépendante et forte qui décide d’enquêter sur la disparition de ses rideaux de douche à l’aide de son collègue. Avec des histoires de passage vers des dimensions parallèle, d’étrange et monstrueuses créatures, une espèce de secte aussi flippante que bizarre, le film part assez loin tout en restant un assez bon spectacle et parvient avec peu de moyen à donner vie à un univers étrange et bizarre qui est très plaisant. Prouvant que le budget ne fait pas tout, CURTAIN est une petite perle qui sans être un chef d’œuvre reste un bon petit film.

209_11_screenshotNous avons poursuivi avec la séance culte où était projeté DARKMAN de Sam Raimi. Premier film de super-héros du réalisateur, produit juste après Evil Dead 2, c’est un film accouché dans la douleur. Sam Raimi devra se battre contre les studios pour parvenir à donner vie à son propre super héros campé par le très bon Liam Neeson. Relativement méconnu, il est pourtant le film genèse de la saga Spiderman, on y retrouve d’ailleurs pas mal d’idées de mise en scène. Entre le film noir de monstre et le film cartoon, DARKMAN appartient à son époque. C’est peut-être la sublime BO composée par Danny Elfman qui donne cette impression, mais on aurait presque pu se croire devant un Tim Burton (époque Batman Le défi). Cest histoire de ce scientifique qui après s’être retrouvé avec un document compromettant dans les mains est brûlé vif et se retrouve défiguré, privé de ses nerfs et donc de sensations, et doté d’une force surhumaine et qui décide de se venger de la pègre qui lui a infligé ça. Le maquillage de la créature que devient le héros est vraiment terrible, bizarrement, il évoque le squelette sur l’affiche de Evil Dead 2. Très cartoon dans sa mise en scène, il n’en demeure pas moins un film de monstre très sombre.

Blind_SunS’ensuivait BLIND SUN de Joyce A. Nashawati présenté en présence de sa réalisatrice qui après le film se prêtait à un jeu de questions/réponses. Film d’auteur de la sélection, c’est aussi un film de peur lumineux comme peu l’être WAKE IN FRIGHT ou le premier MAD MAX. Si l’inspiration du cinéma d’horreur australien est belle et bien présente, en revanche, le choix de spatialiser l’action en Grèce et de choisir un immigré pour héros n’a rien du hasard. La réalisatrice évoque une situation qu’elle connaît, le manque d’eau du fait de la privatisation de l’eau courante, le sentiment d’être un étranger, la solitude, la folie de l’isolation. Conçu comme un cauchemar, le film n’échappe pas à quelques défauts, où l’ennui du personnage atteint souvent le spectateur par exemple ou encore le manque d’une véritable fin, mais parvient néanmoins à poser une ambiance, distillant des séquences de terreur (la découverte du chat) mais aussi de décadence, d’un monde en perdition, flirtant avec l’anticipation tout en se raccrochant à la vision d’un étranger. On pourrait rapprocher le film LE LOCATAIRE de Polanski qui d’ailleurs fait parti des influences de la réalisatrice.

galerie2hjEnfin, il y avait le documentaire LE COMPLEXE DE FRANKENSTEIN dédié au métier des créateurs de monstres, clôturant la journée. Alexandre Poncet et Gilles Penso étaient là d’ailleurs pour présenter leur bébé, eux aussi se sont prêté à la fin à un jeu de question réponse. On a d’ailleurs été touché par les mots de compassion, de soutien et d’amour suite aux tragiques évènements de vendredi dernier que leur ont transmit les artistes présents dans le documentaire, notamment Joe Dante. Le documentaire quoi qu’un poil long retrace donc l’histoire des effets spéciaux de l’acteur dans un costume de latex (Godzilla) aux CJI (Jurrassic Park) en passant par l’animatronique (Gremlins) et bien sûr par le stop-motion (King Kong). On pourrait rapprocher le film du Locataire de Polanski qui d’ailleurs fait partie des influences de la réalisatrice. Véritable cri du cœur de ces deux amoureux du genre, le documentaire nous permet de nous glisser dans les coulisses de ces créateurs de monstre et de voir comment la magie opère. Vraiment, un excellent documentaire qui met en valeur un métier de plus en plus ignoré de nos jours.

Relativement tardivement s’achevait la journée, à peine le temps de se reposer un peu qu’on enchaîne avec une nouvelle journée du PIFFF !

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