Les films d’horreur pour les nuls – seconde partie

dario-argento-sul-set-di-phenomena-4042Parce que je suis très bavarde, et que le nombre de mot commençait à me faire un peu flipper, j’ai décidé de séparer cet article en plusieurs parties. Ainsi donc, voici la seconde durant laquelle on va traverser l’age d’or du slasher.

Seconde partie des Films d’horreur pour les nuls.

Pour ceux ayant raté le début, j’ai décidé avec Les films d’horreurs pour les nuls de répondre à une demande qu’on m’avait fait, à savoir de mettre ma liste de Senscritique dans un article sur mon blog. L’idée c’est de recenser tous les films clés, culte, classiques, du film d’horreur, ceux qu’il est bon de voir pour soigner sa culture cinématographique dans ce genre en particulier. Et comme j’ai voulu pas simplement balancer des titres mais expliquer pourquoi ils figurent ici, pourquoi tout le monde doit absolument les voir (même les froussards) je m’étale dans plusieurs parties!

L’âge d’or du cinéma d’horreur.

Dans les années 70 émerge véritablement un amour pour le cinéma d’horreur. Les petits cinémas indépendants, les salles de bis fleurissent partout, et connaîtront un véritable succès dans les années 80/90. Du côté du Bis voire du cinéma d’exploitation on trouve de tout, mais surtout de la violence, de la pornographie et du gore, des choses qu’on ne voit pas dans les films hollywoodiens, pour autant, un film va porter ce cinéma là dans toutes les salles, et lui donner ses lettres de noblesses. Ce film est porté par un tout jeune réalisateur, un certain Stephen Spielberg.

les-dents-de-la-mer-a02Sorti en salle en 1975, LES DENTS DE LA MER a empêché des centaines de touristes de se baigner cette année là. Le long métrage de Spielberg a également propulser une nouvelle génération de réalisateurs de film d’horreur. Avec son succès en salle immédiat, Jaw a été l’un des films en cette fin des années 70 à rendre populaire des films de genre qui habituellement ont droit à une sortie dans une petite salle obscure mal famée. Considéré comme l’un des premiers blockbuster américain, il est pourtant tourné à la manière des films de genre dont il empreinte l’imagerie et le style. Sa production avec des bouts de ficelles et un requin mécanique qui est souvent absent de l’image car de mauvaise facture, Les Dents de la mer a tout du film bis. C’est sa sortie en salle, et surtout le très large accueil du public qui va le rendre très populaire. Le cinéaste n’y est certes pas pour rien. Spielberg s’est toujours soucié du spectateur et cela se sent dans ses films. Lui et Georges Lucas qui sortait à la même époque Star Wars vont permettre au cinéma de genre de faire son entrée par la grande porte. Ils signeront aussi un peu la fin d’une époque. Les dents de la mer est le second long métrage de Spielberg qui est alors âgé de 28ans.

Carrie_au_bal_du_diableCARRIE AU BAL DU DIABLE en français, sorti en 1977, est la première adaptation du premier roman de Stephen King. Lancée pratiquement à la sortie du roman, c’est immédiatement un succès pour le film autant que le livre. Autant de première fois qui devait donner naissance à une longue mais turbulente histoire d’amour entre l’auteur qualifié de maître de l’horreur et le cinéma de genre qui ne cessera dès lors de s’en inspiré, de l’imiter, voire de l’épouser puisque King passera à la réalisation sur Creepshow. C’est aussi la sacralisation de Brian de Palma qui est l’un des rares réalisateurs à avoir réussit le difficile équilibre entre bonne adaptation et bon film tout simplement. Terrifiant, Carrie devient rapidement culte. Dans sa description d’une jeune fille issue d’une famille bigote passant de la victime de toutes les cruautés de l’enfance à bourreaux, Carrie en fin de compte fait écho à un état de fait qui des années plus tard secouera l’Amérique avec les tueries dans les collèges et lycées. S’il est aussi efficace, c’est qu’il s’attache à une réalité, à la fois l’Amérique bigote et la cruauté de la jeunesse américaine.

49067SUSPIRIA de Dario Argento sort en 1977. Claque visuelle, véritable explosion de couleur, il est sans nul doute le film le plus connu de Argento. Ce dernier accède au succès et à la reconnaissance internationale grâce Aux Frissons de l’Angoisse considéré comme son meilleur Giallo. Suspiria est alors considéré comme une rupture dans sa carrière. Puisque immersion totale dans le fantastique. C’est aussi une démonstration folle d’une nouvelle terreur, qui donnera naissance plus tard à l’effroyable Halloween. La mort fantômatique frappant n’importe quand, n’importe qui, d’une manière dantesque et graphique. En effet, l’étrange tueur de Suspiria semble avoir des supers pouvoirs pouvant lui permettre de tuer n’importe qui, n’importe quand. Il est impossible de s’en protéger. Ce qui forcément devient très effrayant. Véritablement glaçant mais également poétique doublé d’un score inoubliable signé par Les Goblins, Suspiria laisse une marque indélébile transalpine. Moins connus que la plupart des films abordés dans cet article, il est néanmoins important dans l’histoire du film d’horreur et surtout pour mieux appréhender le genre et ses figures.

52612En 1977 sort LA COLINE A DES YEUX, permettant à Wes Craven d’effrayer à nouveau l’Amérique. Après son coup d’essai réussit avec La dernière maison sur la gauche qui s’était fait interdire un peu partout, il suit la même ligne de conduite. On y retrouve la même image « sale » imitant le style documentaire, et le même attachement aux faits divers. En effet, le film reprend un fait divers troublant datant du 15e où une famille aurait vécue isolée dans les montagnes écossaises en pratiquant le cannibalisme. Dans ce film, Wes Craven oppose deux familles distinctes : celle des attardés violents et assassins, à une famille blanche américaine ordinaire. Il pousse le tableau jusqu’à ce qu’on ne sache plus très bien qui sont les méchants. Au font les victimes finissent par devenir elles-mêmes des bourreaux. Une thématique chère à Wes Craven qui aime semer le trouble dans l’esprit du spectateur mais surtout lui oppose un visage moins radieux de l’Amérique, plus trouble, et terriblement dérangeant. On y voit également la figure iconique d’un méchant comme Freddy en deviendra un plus tard.

halloweenlanuitdesmasquesC’est en 1978 que sort en salle de cinéma LE slasher, HALLOWEEN. Sous-titré en France, La nuit des masques, le chef d’oeuvre de John Carpenter s’inscrit en plein dans la vague qui déferle alors dans les salles de cinéma américaine à savoir le slasher. Pour ceux ne connaissant pas ce genre (sait-on jamais), il s’agit en général d’une bande de jeunes gens qui sont décimés les uns après les autres par un tueur fou mais ça peut varier, il y a eu des morts vivants, des boogeyman tel que Freddy occupant ce rôle. Né en 1970 avec Black Christmas, ce genre cinématographique va exploser littéralement dans les années 80 notamment grâce à Halloween qui emprunte beaucoup à ses aînés sans pour autant souffrir de la comparaison. Ce qui rend Halloween bien meilleur que les autres, c’est le talent de John Carpenter pour susciter le trouble. Débutant en mettant en scène un enfant tueur, il plonge immédiatement le spectateur dans l’horreur pure puisque la scène d’intro est filmé en vue subjective. Mais c’est aussi en caractérisant son tueur, en faisant de lui un fantôme, une ombre intouchable mais terriblement menaçante qu’il rend le film terrifiant. Il y plane l’ombre d’un fantastique présent sans être toutefois clairement énoncé comme tel qui donne une aura différente au long métrage.

affiche-alien-la-huitieme-passagerEn 1979 sort ALIEN, LE 8E PASSAGER. Deux ans après le succès de Star Wars, Alien surfe clairement sur la vague de la SF excepté qu’il se détache de l’image de l’extraterrestre gentil pour imposer une image glaciale et effrayante qui va marquer à tout jamais les esprits. S’inspirant de l’artiste suisse H. R. Giger, Ridley Scott créer le prédateur ultime en s’inspirant des plus grands prédateurs que le règne animal ai pu créer. Très esthétique mais aussi très efficace, Alien est une oeuvre unique, qui va lancer sans le vouloir un autre genre dans la même lignée que The Thing, à savoir celle du danger venant de l’espace, une mode qui s’était éteinte dans les années 60. C’est aussi sans conteste l’un des films les plus effrayants. La base ligne du film « dans l’espace, personne ne vous entend crier » s’avère terriblement efficace. Face au prédateur ultime, nos héros sont bloqués dans un lieu clos dont il est impossible de s’échapper. Pire, l’Alien s’insémine en vous, tel un parasite avant de vous attaquer. Rien n’est sans doute plus effrayant. Il est intéressant de voir que Alien a un soutexte assez facile à capter (surtout en voyant la suite, l’excellent Aliens) de la maternité contrariée qui rend le film plus profond qu’il n’en a l’air au premier abord.

L’âge du Slasher est arrivé, nous sommes à l’aube des années 80 où le film d’horreur va s’inscrire alors dans l’inconscient collectif comme un cinéma pour les jeunes, un cinéma de drive-in et de petites salles, un genre qu’on adore détester et réprimer, qui va laisser de plus en plus la place à la violence qui s’affiche en salle, et où la censure pousse certains films à devenir culte, où le film à petit budget avec un maximum d’effet gore devient un système économique très profitable!

Retrouvez la suite dans la troisième partie.

Et n’hésitez pas à laisser un commentaire, à évoquer d’autres films de cette époque que je n’ai pas abordé par choix pour demeurer concise. Quels sont pour vous les classiques, les cultes, ceux qui ont marqué l’histoire du cinéma d’horreur?

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