Les films d’horreur pour les nuls – première partie

psychose-04638Aujourd’hui je vais vous parler des classiques parmi le film d’horreur en général. Adapté de ma liste senscritique voici donc l’article décliné de cette fameuse liste.

Les films d’horreur pour les nuls.

L’idée? Outre que vous balancer une liste de bons films c’est de retracer l’histoire du film d’horreur, certes grossièrement, de nombreux livres l’auront fait bien mieux que moi, mais à travers cet article vous aurez droit à un panorama rapide, du moins vais-je essayer du film d’horreur. Bon maintenant, petit secret de vous à moi, mais si vous avez vu tous ces films, vous pourrez grave vous la péter dans les soirées du style les Minuits de l’Opéra, les soirées Bis de la cinémathèque, ou bien dans n’importe quelle soirée dédiée au cinéma de genre dans tout bon petit cinéma underground ou indépendant qui se respectent!

La naissance de la véritable horreur au cinéma.

Dans les années 30 le cinéma d’horreur donne dans les monstres, ceux qu’on appelle aujourd’hui les classics monsters, du Frankenstein au Loup-Garou en passant par Dracula, même Freaks appartient à cette vague particulière qui marqua les tout débuts du film de genre au cinéma. Pour autant, ils tenaient plus du fantastiques et ne semblaient pas si effrayants, même s’il y eu quelques tentatives d’aller plus loin dans les années 40. Il faut attendre les années 60 pour assister à la naissance du film d’horreur.

18875939.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxPSYCHO en France sortant sous le nom de Psychose est considéré comme le tout premier véritable film d’horreur de l’histoire du cinéma, en tout cas il est le premier à chercher et à réussir à provoquer un état de choc chez le spectateur. S’éloignant du classique film de monstre, Hitchcock réussit à rendre l’horreur tangible avec un sujet et un film entièrement réaliste du début à la fin. Il n’y a pas de fantastique qui viendrait soulager le spectateur. Sorti en 1960, il marque encore aujourd’hui les esprits. C’est la pierre angulaire du cinéma horrifique. La preuve en est, récemment une série a voulu retracer les origines du film. Il a aussi connu un remake. Etonnament, en plus de lancer un genre quasi nouveau (même si Freak de Tod Browning cherchait lui aussi à épouvanter véritablement le spectateur), Psycho lance également une mode, à savoir le film de serial killer qui va largement alimenter le cinéma américain. Sans donner dans le spoiler, c’est sur un basculement narratif que le film exerce ce qui reste la plus grosse surprise et constitue une stupeur sans pareil chez le spectateur. Finalement, peu de cinéastes ont utilisé cette technique qui pourtant s’avère d’une redoutable efficacité.

Trois ans plus tard, Alfred Hitchcock réitère son exploit ou transforme son essai comme vous préférez. Avec LES OISEAUX, une nouvelle de Daphné DuMaunier (l’auteur de Rebecca également adapté par le réalisateur britanique), Hitch impose un film de terreur reposant sur l’attaque aussi frénétique, violente qu’inexpliqué de centaines d’oiseaux. Nous suivons ainsi une splendide blonde qui intrigue auprès d’un bel homme sans se rendre compte que les oiseaux adoptent un comportement de plus en plus violent. Terriblement efficace avec des scènes d’une violence inouïe, entre l’explosion d’une station service et les marques cruelles laissées par les becs des oiseaux sur le cadavre d’une maitresse d’école, le film marquera fortement les esprits bien avant que JAW de Spielberg enfonce un peu plus profondément le couteau dans la plaie. Des décades avant Ça de Stephen King, la séquence d’un goûte d’anniversaire finissant très mal met à mal les chérubins et créer la hantise. Et ce n’est pas les dessous du tournage récemment révélé par le biopic sur le grand Hitch qui rende le film plus rassurant. En effet, Hitchcock était obnubilé par son actrice principale, celle ci désirant mettre de la distance s’attira les foudres du réalisateur qui la tortura quasiment principalement en provoquant des accidents sur le tournage. Ainsi la scène de l’attaque des oiseaux dans le grenier a été un véritable enfer pour Tippi Hendren. Mais comme nous le verrons plus tard, les histoires autour des films d’horreur tendent à renforcer l’aura du film et à facilité son accès au statut de film culte.

Rosemarys_baby_posterSorti en 1968, ROSEMARY’S BABY de Roman Polanski devient quasiment immédiatement culte. Deuxième film de la trilogie des appartements maudis, première immersion de Polanski dans le cinéma américain, le film s’infiltre avec succès dans les ténèbres de l’occultisme. En s’attaquant au récit de cette femme enceinte qui se retrouve au coeur d’un complot sataniste, Polanski s’inscrit à la fois dans une époque (les sectes faisant alors du grabuge) mais aussi dans une efficacité redoutable puisque laissant toujours un doute subtile entre la folie et l’horreur. Ainsi le film n’est pas totalement fantastique, ce qui lui permet d’atteindre plus facilement le public, et de l’effrayer plus encore. Le véritable traumatisme causé par le film est principalement dû à la fin ouverte. En effet le spectateur ne saura finalement pas le fin mot de l’histoire. Chose qui est d’autant plus inquiétante. Rosemary’s Baby prouve la supériorité de la mise en scène subtile et remarquable de Polanski. Il va aussi être parmi être une pierre blanche dans la carrière de Mia Farrow qui est habituée au genre. Tout l’aspect occulte du film va se renforcer dans l’esprit du public après la triste mort de la femme du réalisateur dans des circonstances qui vont auréolé le cinéaste et sa vie privée de mystère. Pour certains spectateurs, Rosemary’s Baby serait responsable en partie du tragique sort de Sharon Tate. Et c’est ce mythe entourant le film qui va l’aider à accéder au statut de film culte.

4c12364c03bd6En 1970 sort LA NUIT DES MORTS VIVANTS d’un certain Georges Romero. Ce petit film de mort vivant va créer un genre à part entière appelé les Zombies et offrir à son réalisateur une carrière qui sera malheureusement pour lui à sens unique. Avant ce film, les zombies n’étaient que les créations de maître vaudous. Esclaves pas vraiment mort, mais dénués de volonté qui auront néanmoins pas mal investi le cinéma de Jacques Tourneur avec Vaudou à White Zombie. Ce qui attirait alors était l’exotisme baigné dans le fantastique. George Romero réinvente le mythe du zombie. Il créer une créature nouvelle, un mort avide de chair fraîche qui évoque plus l’apocalypse biblique que des pratiques occultes exotiques. S’en suivront trois films qui vont marquer le cinéma d’horreur. Après cela, les zombies deviendront une armée de mort ne cherchant qu’une chose: à dévorer les vivants. Il est intéressant que non seulement il va donner naissance à un genre mais aussi à un style de film qui jusque là n’avait encore droit à de vrais égards. Le film d’horreur fauché, réalisé avec trois bout de ficelles mais une équipe motivée, et surtout, s’éloignant de l’imagerie gothique instaurée par les studios. En effet, le manque d’argent donne lieu à un film réaliste puisque encré dans notre époque, avec des héros éloigné des grands bourgeois auxquels le cinéma fantastique des années 40 nous avaient habitués. A noter, suite à une erreur de la production, le film est libre de droit, et donc téléchargeable gratuitement sur le film archive.org si je ne me trompe pas dans l’adresse.

43512LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE de Wes Craven sort en 1971. Avec son image de documentaire, ce film est un véritable choc. L’histoire ressemble à un fait divers, deux jeunes filles sont torturées, violées puis tuées dans les bois par une bande de jeunes délinquants désœuvrés. S’inspirant d’un genre, le white trash, Wes Craven frappe très fort avec ce premier long métrage qui va véritablement révolutionner le cinéma d’horreur. En bien des manières il est le précurseur de Massacre à la Tronçonneuse. En dévoilant à une Amérique auto centrée sur sa guerre du Vietnam ce qui cloche à l’intérieur même de son pays, Wes Craven frappe indéniablement les esprits. Le film tourné en caméra épaule, façon amateur, donne une ambiance réaliste. Ainsi le spectateur croit avoir à faire à un documentaire sur un fait divers qui choc et bouleverse par le sadisme dont font preuves les assassins. Le film joue sur le trouble qu’il engendre et même si la bande annonce répète inlassablement « Ce n’est qu’un film » la frontière entre fiction cinématographique et réalité devient floue. Jusqu’au boutiste, la Dernière maison va jusqu’au bout de son propos, démontrant un effet de contamination que peu avoir la violence et le sadisme, marquant au fer rouge une Amérique déjà éprouvée par les images de la guerre.

massacre-a-la-tronconneuseMASSACRE A LA TRONCONNEUSE sorti en 1974 est un film qui va vite devenir culte. Sans nul doute que l’interdiction de sortir en salle et la censure vont jouer en faveur de sa légende. Néanmoins, trente ans après, il faut admettre qu’il est toujours aussi efficace. Avec son atmosphère poisseuse très sud profond d’une Amérique déviante, son image sale, et le caractère sadique et ultime des scènes gore, Massacre à la tronçonneuse frappe les esprits. Le soin apporter pour poser une ambiance bien déviante va du décor soigné à une bande sonore qui fait grincer des dents. Le plus amusant est de constater à quel point dans la tête des spectateurs ce film est gore à souhait alors qu’il n’y a au final aucun plan de sévice. Tout est suggéré grâce nottamment à la bande son grinçante évocatrice des sévices. Mais c’est surtout le tableau de cette famille de cannibale qui suscite l’effroi. A l’instar de La dernière maison sur la gauche, c’est l’escalade dans la cruauté et le vice qui effraie plus que les sévices en eux-mêmes. Ce film majeur et culte du film d’horreur a fait bien des petits depuis. Hostel est l’un de ses nombreux héritiers. Il a connu remakes et suite. Massacre à la tronçonneuse 2 est plus une parodie du premier, mais a son petit lot de fans.

l'exorcisteL’EXORCISTE sorti en 1974 est réalisé par William Friedkin. C’est un réalisateur qui a marqué sa carrière par des films sans concession et une mise en scène audacieuse qui ne laisse jamais de répit à son spectateur. Friedkin laisse libre court à son sens du détail, et à une mise en scène parfois quasi clinique, froide et tranchante, pleine de cruauté envers ses personnages dans ce chef d’oeuvre. Adapté du roman éponyme, l’Exorciste est d’ailleurs très fidèle au matériaux d’origine jusque dans l’atmosphère poisseuse et glauque qu’il distille. Il place le spectateur au coeur d’une lutte sans merci entre le bien et le mal, insinuant que ce dernier contamine tout ce qu’il touche, y compris ses farouches opposants. C’est à la manière dont le film s’avère sans pitié envers ses personnages et donc le spectateur puisque celui-ci s’identifie à eux, qu’il est aussi glaçant, des années après. Plus encore, L’Exorciste a donné lieu à un genre, mais aussi suscité une imagerie qui a marqué profondément le cinéma d’horreur. Aujourd’hui, aucun réalisateur ne peut mettre en scène un exorcisme sans faire référence à ce chef d’oeuvre qui a marqué à tout jamais l’histoire du cinéma.

L’histoire du film d’horreur ne s’arrête pas à l’exorciste, seulement le compteur de mot en bas m’indique que j’ai dépassé depuis très longtemps la limite de l’acceptable pour un article de blog, par conséquent je prend la décision de séparer l’article en plusieurs parties. De toute façon avouez que si ça avait semblé plus long, vous auriez peut-être hésiter à vous lancer dans la lecture de cet article! Dans la prochaine partie on parlera d’un requin, de sang de porc balancé durant un bal de promotion, d’une école de danse, de famille de psychopathes vivant dans le désert… et de bien d’autres choses!

Retrouvez la seconde partie, l’âge d’or du cinéma d’horreur.

N’hésitez pas à laisser un commentaire, dites moi ceux que vous avez vu, à quel âge avez-vous vu votre premier film d’horreur, et lequel c’était!

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