Les familles les plus terrifiantes du cinéma

Ah la famille, on ne peut s’en passer et pour autant, elle peut devenir un véritable enfer. Pour beaucoup, une famille à problème c’est quand l’ado ne s’entend plus avec ses parents, quand deux frères ne peuvent plus s’encadrer ou quand le père envisage de tuer sa belle mère, mais pour les familles de ce top, c’est bien plus problématique. En vérité, vous seriez curieux de voir à quel point faire des autres un ennemi, une cible, une proie peut rapprocher les membres d’une famille! A regarder les Sawyer ou les Addams, on y voit le bonheur d’une famille unie, pas vrai?

Bref, voici le moment de vous faire mon petit top 7, très personnel, des familles les plus flippantes du cinéma. Et je réalise qu’on pourrait faire le même type de top avec la télé…

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1. La famille Sawyer

Dans la saga Massacre à la tronçonneuse, nous voyons une famille de redneck bouseux pratiquant le cannibalisme. Son activité officielle est celle d’une station-service qui cuisine un délicieux Chili (dans le 2, ils gagnent un concours de Chili), officieusement, ils enlèvent des jeunes gens en voyage au Texas, les découpent en morceaux et les utilisent comme viande dans leur chili qu’ils servent dans leur station service. Mis au chômage après la fermeture des abattoirs, cette famille de dégénéré a réussit à se refaire une santé en changeant ses habitudes. On comprend vite qu’ils sont tous aussi taré les uns que les autres, même si l’asseau est donné par le plus effrayant de tous, Leatherface, une espèce de gros idiot qui aborde une tenue de femme au foyer et un masque constitué de chair humaine, rien de tel pour filer aussitôt le frisson. Tout est malsain et perverti dans cette famille qui est le symbole même du ratage complet du rêve américain. Délaissé par la société, ils se replient alors dans un mode de vie archaïque pas si éloigné des « sauvages » qu’ils traitaient par le passé comme des curiosités exotiques. Image incarnée du cliché du redneck, la famille Sawyer est par essence terrifiante. Composée de trois frères, Drayton, l’aîné qui tient la station-service, Nubbins, le puiné qui joue l’auto-stoppeur et enfin Bubba, autrement dit Leatherface, et d’un grand père, cette famille n’a pas de figure paternelle, celle-ci étant jouée par l’aîné. Leur conservation de leur grand-père semblant à peine vivant n’est pas sans rappeler la manière dont Norman Bates garde sa mère en vie.

Bien entendu, la petite famille est installée dans une maison assez ordinaire dans le 1, alors que dans le 2 elle vit dans les sous-sols d’une foire. Ils ont l’image de la normalité pour les habitants du coin, et ne montrent leur véritable visage qu’aux malheureux touristes et jeunes américains assez stupides pour s’aventurer sur leurs terres. Ce qui est amusant à constater, c’est que dans le schéma du film de redneck, c‘est normalement les mecs tenant une station-service qui préviennent les jeunes héros, ces derniers n’écoutant pas les avertissement. Ici, le piège est imparable puisque c’est les cannibales qui tiennent la boutique, autrement dit la seule porte de sortie est en réalité une illusion. Et cela, Tobe Hooper a su l’utiliser à bon escient dans le premier opus. Jouant sur les codes du genre, il livre le film de redneck ultime qui va forcément inspirer un tas de films dont des comédies horrifiques.

BERNIE2. La famille recomposée de Bernie

Que faire lorsqu’on est un orphelin à l’imaginaire débordant et à la personnalité très enfantine et qu’on apprend qu’on a été retrouvé dans une poubelle ? Bernie lui se réinvente une famille qu’il tente de sauver d’un complot imaginaire. Loin d’être une famille idéale, la sienne est trash et sa recomposition de la cellule familiale bien que fantasque se prête à quelque chose de très malsain et plutôt ignoble. Une vision loin d’être celle qu’on s’imagine être la famille parfaite, mais qui semble convenir à merveille à notre cher Bernie qui se trouve très à son aise au milieu de cette valse des horreurs. Trash et violente, la famille idéalisée de Bernie est très éloignée de celle qu’on pourrait se faire. L’amour, la tendresse, la transmission de valeurs importantes est ici remplacée par une violence cruelle et gratuite, tout en conservant un aspect unitaire, une idée de la recomposition familiale finalement assez moderne où les valeurs se réinventent, s’adaptant à la société moderne. Bernie est un marginal qui n’a guère reçu d’amour à l’orphelinat, aussi ses valeurs ne sont pas celles de la bourgeoisie, loin s’en faut. Au contraire, il dynamite la bourgeoisie et ses codes comme l’avait fait Alex et ses droogies dans Orange Mécanique quelques années plus tôt. Vague de violence malsaine et cruelle se déversant sur une société qui l’a engendré, Bernie et sa famille recomposée n’est, au final, pas si différent des familles de rednecks qu’on peut voir dans La Coline a des yeux ou Massacre à la tronçonneuse. Elles ont en commun de réunir quelque part les déchets de la société moderne, des déchets qui s’insurgent contre cette société qui les a rejetés et tentent de lui faire payer. Au final, cette violence gratuite est une réponse à l’injustice vécue, leur éviction de la société est tout autant gratuite que la violence par laquelle ils s’unissent, et s’illustrent.

la-colline-a-des-yeux-affiche_432421_183733. La famille de Jupiter

Inspiré d’une histoire vraie datant de 1600. En Ecosse, la famille Bean composée d’un couple et de ses très nombreux enfants issus de relations incestueuses vivait dans les montagnes en se nourrissant des malheureux voyageurs tombant entre leurs mains. Leur mode de vie sordide se solda par un destin aussi cruel que leur vie puisqu’ils furent exécutés sans aucune forme de procès. La société civilisée fut aussi impitoyable avec eux qu’ils le furent avec elle en fin de compte. Ce récit inspira donc un film à Wes Craven. La famille cannibale n’était plus victime de la pauvreté et de la misère, mais des essais nucléaires, anciens mineurs, ils ont refusé de quitter l’endroit où ils vivaient et furent donc victimes des retombées radioactives qui les a fait muter, les rendant à tout jamais marginaux. Tombant sur les voyageurs s’aventurant chez eux, ils les pillent et les massacrent sans aucune pitié, n’ayant aucun sens de la société contemporaine.

La famille cannibale n’était plus victime de la pauvreté et de la misère, mais des essais nucléaires, anciens mineurs, ils ont refusé de quitter l’endroit où ils avaient vécu et furent donc victimes des retombées radioactives qui les a fait muter, les rendant à tout jamais marginaux. Jouant un effet de miroir dévoilant l’animalité caché en tout être y compris les plus civilisés, La colline a des yeux met en scène une famille de marginaux qui mettent à mal la société américaine lui pointant du doigt ses erreurs. Comme dans Massacre à la Tronçonneuse, on y retrouve les clichés du film de redneck, la famille américaine citadine civilisée qui s’aventure dans des terres arides. Ils passent même par une station-service mais celle-ci loin de les prévenir du danger les y pousse. Ils passent même par une station-service, mais celle-ci loin de les prévenir du danger les y pousse.

La famille vivant recluse est composée de nombreux membres qui portent tous en guise de prénom le nom de planète démontrant à quel point ils sont « naifs« . Ils ne portent pas de nom de famille du moins celui-ci n’est jamais énoncé. Ce qui bien sûr a pour effet de les infantiliser et de leur ôter toute vie administrative. Ce qui bien sûr a pour effet de les infantiliser et de leur ôter toute vie administrative. Enfant hyper violent, Jupiter a en effet tué sa mère et sa soeur avant de se reproduire avec une prostituée qui joue le rôle de la mère de famille tandis que Jupiter en est le chef. Ils ont eu trois fils et une fille souvent abusée. Cette famille vit comme le ferait une tribu prônant l’hyper violence. Ne survivant que grâce aux voyageurs qu’ils cannibalisent, la famille de Jupiter ne peut survivre qu’en s’attaquant aux inconnus risquant à chaque attaque d’être détruite.

thewoman4. La famille Cleek

Dans The Woman, la famille Cleek est des plus curieuses et flippante. En apparence tout à fait normale, le stéréotype de la famille bourgeoise classique cache un fonctionnement des plus vicieux où l’homme règne sans pitié sur sa famille. Le père passe son temps à humilier sa femme, à la rabaisser, alors qu’il traite ses enfants de manière inégale, la fille subissant pratiquement les mêmes outrages que la mère tandis que le fils lui est une espèce d’apprentis que le père tient à rendre aussi ignoble que lui. L’école de l’horreur en somme règne dans cette famille peu ordinaire où il ne fait clairement pas bon vivre. Cette famille totalement dysfonctionelle va être particulièrement secouée par la découverte dans les bois d’une femme sauvage par le père qui décide de la ramener chez lui. L’arrivée de cette inconnue, une espèce de chasseresse évoquant une femme de Neandertal va clairement changer la donne. Le père de famille la capturer dans l’unique but de la civiliser, et ainsi de montrer à son fils comment parvenir à rendre une femme docile. Bien entendu, les choses ne sont pas aussi simples. Et c’est finalement la femme sauvage qui va insuffler un esprit de survie et animal chez les femmes de la famille jusqu’à présent soumises et inoffensives. Au-delà de la thématique féministe, le dysfonctionnement de la famille Cleek renvoie forcément à l’image d’une dictature où certains sont choisis pour être enrôlés, contrôlés, tandis que d’autres sont écrasés sans pitié. Une thématique qu’on retrouve dans la famille du film Canine, mais aussi plus récemment dans Mad Max Fury Road.

addamsfamily5. La famille Adams

Dans les familles trash et morbide, je voudrais ceux qui ont la classe. Tout aussi violents et peu enclin à se mêlé à la société que les familles de dégénérés redneck, la famille Adams, elle vit dans une espèce de cliché gothique qui n’est pas pour nous déplaire. Certes, il y a de la violence, du gore, des jeux malsains pratiqués par les enfants, le tout baignant dans un certaine fascination pour le morbide et une volonté de terrifier les bonnes gens, pour autant, les Adams ont une certaine dignité. Morticia et Gomez ont indéniablement du goût, certes, il est spécial, mais il y a aussi du raffinement dans leur couple aussi bien dans leur manière de se tenir, de se vêtir que de parler évoquant un autre temps. D’ailleurs, les jeux cruels et malsains des enfants rappellent le moyen-âge par beaucoup d’aspect. Il y a une fascination pour l’ancien tout autant que pour la mort chez les Addams, une culture au final de traditions oubliées. Il est indéniable que cette famille a une saveur unique qui est assez proche de l’arsenic qu’ils aiment tant manipuler. Leur fille est d’ailleurs une sorte de diamant brut révélateur de la culture et des traditions familiale. En effet, Mercredi affiche un humour noir, un goût certain pour les jeux fatals, et une attitude provocatrice envers les gens normaux. Elle est la plus talentueuse des enfants des familles flippantes du cinéma bien qu’elle puisse avoir de la concurrence avec Leatherface. Plus intelligente, plus fine, elle possède l’attitude délicate de sa mère, tout en portant l’art familial à son paroxysme grâce à son innocence la rendant plus cruelle encore.

parents6. La famille Lamele

Dans le film Parents de Bob Balaban, Nick et Lily avec leur enfant Michael incarnent la famille parfaite dans l’Amérique sucrée des années 60. Couple parfait en tout point, l’homme est un employé modèle prenant grand soin de l’éducation de son fils, tout en étant un homme qui prend très à coeur de nourrir sa famille, la mère, quant à elle, est tout sourire, dent blanche, maquillage parfait, ongles vernis, passant énormément de temps à la cuisine avec un visible bonheur. Au milieu de cette famille en apparence parfaite en tout point, il y a Michael, l’enfant, un jeune garçon chétif et malade aux traits fatigués qui semble effrayé par ses parents et portant sur le monde un regard circonspect, presque suspicieux. Alors qu’il se lie d’amitié avec une gamine ressemblant à une sorte de Fifi Brindacier, il soupçonne fortement ses parents de s’adonner au cannibalisme, ses soupçons sont confirmés quand son amie disparaît.

Nick est un cannibale qui a été élevé comme un sociopathe, c’est-à-dire qu’il est parfaitement intégré à la société dont il imite les codes, mais à laquelle il ne se sent pas appartenir. En bien des manières, la famille qu’il a construite ressemble de beaucoup à celle de Jupiter, qui s’invente un clan à lui tout seul ayant ses propres codes, ceux d’un prédateur. Là où la famille Lamele se distingue des autres familles de cannibales, c’est parce qu’ils sont capables de s’intégrer à la société, de l’imiter, et même de devenir meilleur encore qu’elle. La famille parfaite qu’ils incarnent ressemble de beaucoup à celle qui pourrait figurer sur une publicité sur papier glacé. Il n’y a jamais le moindre écart, la moindre maladresse, tout dans leur univers est maitrisé. Ils sont quelque part le chaînon manquant entre la famille Sawyer et la famille Cheek.

canine7. La famille du film Canine

Comme dans La colline à des yeux, la famille de Canine ne porte pas de nom. Si la famille des Cheek et des Lamele sont excessivement inquiétantes, celle du film Canine remporte tous les prix puisque à la fois vivant coupée du monde, du moins pour les enfants, et en même temps adoptant un mode de vie parfait. Nulle histoire de cannibalisme ici. Un couple ayant trois enfants ont décidé de prôner une éducation extrême puisqu’ils ont entouré leur maison d’une haute clôture infranchissable. Leurs enfants sont des sujets d’expérimentation ou comme tel. Portant une tenue blanche légère, parlant le langage décidé par leurs parents, leur emploi du temps ainsi que leurs activités sont bien entendus décidé par le couple jouissant d’une autorité impossible à contester. Les parents ont redessiné la réalité de leurs enfants, changeant certains mots, leur enlevant tout sens, désignant les chats comme ennemi absolu, et les avions comme des jouets. Une telle autorité qui vide de son sens les mots, les plus communs, forcément ça donne lieu à des dérives. La violence est tapie, prête à jaillir à n’importe quel moment. L’univers dans lequel ils vivent est d’ailleurs d’un blanc immaculé comme pour rappeler le côté clinique de la famille où l’éducation donnée par les parents peut aussi ressembler à une expérience scientifique où la morale et l’éthique ont été oubliées au passage. Une telle autorité qui vide de son sens les mots, les plus communs, forcément ça donne lieu à des dérives. Terrifiante par son absence de logique et l’aspect totalitaire des parents, Canine joue avec nos valeurs et nos limites pour montrer le dysfonctionnement de l’autorité à son plus haut niveau.

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