[SERIE] Profit de John McNamara et David Greenwalt, 1996.

dzsfzrgqurlOubliée, maudite, PROFIT a pourtant tout d’une grande. Racontant l’histoire de ce jeune et ambitieux cadre qui après la mort du directeur adjoint des acquisitions prend sa place et décide sur le champ de mettre en place des stratégies machiavélique pour prendre la place de son patron. Avec son héros qui n’a rien d’un jeune premier, mais s’avère très vite être aussi mauvais, manipulateur et ambitieux qu’un Walter White, Profit est une série d’avant-garde qui n’a à l’époque pas connu le succès puisque arrêtée au bout de quatre épisode.

uCSQCrlPour l’époque, elle était osée certes, mais pourtant terriblement encrée dans son époque. Démontrant le cynisme de son époque : le dégoût du système capitaliste auquel on a fait confiance et dont on perçoit désormais les mâchoires des requins qui l’animent. Un système destructeur et implacable dont Jim Profit profite complètement pour s’épanouir. Le message laissé au spectateur au final est celui-ci : pour concrétiser le rêve américain, il faut être le diable en personne !
Car c’est ce qu’est Jim Profit, au-delà de l’ambitieux psychopathe golden boy, sorte de version des années 90 télévisuelle d’un American Psycho. Cet anti-héros d’avant l’heure est somme toute le diable : tentateur, manipulateur, versatile, séducteur, vénéneux. Adaptation moderne de Richard III, Profit met ainsi en scène un héros consumé par l’ambition. Un diable qui s’épanouit dans le milieu impitoyable des affaires. Ce qui n’est pas sans rappeler certaines séries d’aujourd’hui. Profit a été la première à mettre à la place du héros, pire encore du narrateur, un personnage diabolique !
18448703.JPG-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSous son aspect totalement kitch de l’époque, ses intrigues qui à première vue pourrait être celle d’un Dallas des années 90, ses personnages parfois stéréotypés, sa psychologie pas toujours très fine, un casting qui retrace les années 90 à la télévision, et ses costumes typiques de l’époque sans évoquer un générique ultra kitch dont le cri final évoque d’une certaine manière Oz, mais cette fois-ci, ce n’est pas le désespoir morbide qu’évoque ce cri, mais plutôt la sauvagerie bestiale du démon qu’est Jim Profit. Sous cet aspect qu’on pourrait trouver rebutant se trouve une véritable pépite télévisuelle.
Parce que sous ce charme démoniaque qui est celui de Profit, il y a les prémices d’une télévision moins consensuelle, d’une possibilité d’apporter un tableau infiniment plus noir et plus adulte aussi, de parler de la société, de l’humain tout en divertissant le spectateur, qu’on peut avoir un ton cynique et surtout qu’on peut avoir un héros charismatique qui est aussi le diable en personne, le genre qu’on adore détester et qui surtout révèle la noirceur qui est en chacun de nous, ou celle qu’on aimerait sans se l’avouer avoir.
WSCQSurlPROFIT est une série précurseur, une vraie matrice qui donnera naissance à des Breaking Bad, Soprano, des The Shield, des Dexter et bien sûr House of Card. Cette dernière tire une grande inspiration de PROFIT au point qu’on serait en mesure de se demander si House of card n’est pas tout simplement une adaptation de Profit à la maison blanche. Car Jim Profit est le narrateur de la série et plus encore, il n’hésite pas à s’adresser directement au spectateur comme pour le mettre dans la confidence, le rendre d’une certaine manière complice de ses actes à l’instar de Franck Underwood s’adressant directement au spectateur lui aussi, glissant des petits conseils et confidences. Il y a aussi ce côté revanchard implacable qu’on retrouve chez Franck Underwood, cet aspect démoniaque et sans pitié, comme s’il n’y avait plus grand chose d’humain chez eux. Des vrais diables à côté de qui, des Dexter ont l’air tout simplement adorable.
xqxurlSi Profit est révolutionnaire ce n’est pas dans la forme, mais dans le fond, dans le ton, puisqu’elle s’imprègne d’une ambiance à la Dallas, en ayant quelque chose de génial puisque précurseur, les créateurs de Profit, John McNamara et David Greenwalt, ont su comprendre ce qui avait ému et accroché le public de Dallas : le côté mauvais et impitoyable de J.R. Sa mort a été emblématique. C’est comme si on avait mis J.R. en héros. C’est cela Profit, montrer que les démons sont ceux qui sont parvenus au sommet et qui tirent les ficelles du monde d’aujourd’hui, et si ce type de message n’est pas irrévérencieux, je vous demande bien quel est-il ?Si Profit est révolutionnaire ce n’est pas dans la forme, mais dans le fond, dans le ton, puisqu’elle s’imprègne d’une ambiance à la Dallas, en ayant quelque chose de génial puisque précurseur, les créateurs de Profit ont su comprendre ce qui avait ému et accroché le public de Dallas : Le monde est bel et bien dirigé par des types sans vergognes qui manipulent le monde entier pour leur propre profit.

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