[COMPOSITEUR] Le gothisme morbide de fabio frizzi

On connaît Lucio Fulci pour le gore et les hecto litre de sang balancés aux cours des bobines, on n’a pas oublié son addiction pour les zooms, et sa manière de mettre en scène de sublime blonde, ni son adresse à se faire croiser univers italien gothique et une amérique seventies très gothique elle aussi. Bien sûr, on n’oublie pas non plus son amour pour les zombies, n’a-t-il pas, après tout, dédié à ces chers morts une tétralogie ? Mais il y a autre chose de fétiche chez Lucio Fulci, c’est la musique ! Et son compositeur préféré, celui ayant collaboré avec lui sur quasiment toutes ses bobines, c’est, bien sûr, Fabio Frizzi.

Amateur de bis italien, vous avez forcément entendu ces mélodies imparables, qui résonnent comme des comptines, cette douce voix qui donne à cette opulence électronique une dimension gothique et dramatique qui égale les Goblin (groupe fétiche de Dario Argento qu’on a pu entendre sur la BO de Suspiria et de Profondo Rosso entre autres) autant que Ennio Morricone (lui, aussi s’étant illustré dans l’horreur avec la BO absolument fantastique du Syndrome de Stendal de Dario Argento et bien sûr la BO de The Thing de John Carpenter). La plus remarquable de ses BO reste à mes yeux celle de Zombie 2 (portant très mal son nom car n‘ayant pas grand rapport avec le chef d’oeuvre de George Romero) et bien sûr lAu-delà.

La puissance évocatrice de la musique accompagne les images dans cette définition d’une mythologie dantesque où l’enfer s’insinue dans le monde des vivants. La tétralogie de l’horreur de Fulci racontant à travers 4 différents récits, la même histoire, des portes menant aux enfers permettent aux morts d’envahir le monde, mais n’adoptant pas la méthode américaine du film de survie où les zombies sont au fond une catastrophe comme une autre, Fulci lui évoque l’enfer de Dante et les visions infernales de grands artistes comme Gustave Doré entre autres. Il y a un aspect gothique assez proche d’un Edgar Allan Poe visuellement, des visions infernales et graphiques, qu’accompagne bien évidemment cette musique à la fois entraînante, qui se répète comme une ritournelle, ou un cycle infernal, avec ces voix qui semblent être la multitude des âmes damnées.

deathwaltzhousebythecemeteryvinylfinal cityofthelivingdead-3.26.2014

Publicités