[CRITIQUE] Kingsman de Michael Vaughn, 2015.

kingsman-06-gallery-imageDurant une mission au Moyen-Orient, l’espion britannique Harry Hart perd l’un de ses agents. Ne parvenant à consoler la veuve, il remet à son fils Eggsy une médaille de bravoure sur laquelle est gravé un numéro d’urgence. 17 ans plus tard, vivant dans une banlieue difficile, le jeune homme appelle le fameux numéro afin de se sortir d’une mauvaise passe. Cela va amener Harry Hart à s’intéresser à lui et vouloir le prendre comme apprenti agent secret dans son agence d’espionnage nommée Kingsman.

On comprend rapidement qu’il n’y aura pas l’originalité brillante d’un Kick Ass ni le charme désuet d’un X men le commencement, Kingsman est autre chose. 17 ans plus tard, vivant dans une banlieue difficile, le jeune homme appelle le fameux numéro afin de se sortir d’une mauvaise passe. Bourré de référence, il gagne un aspect méta qui est sans nul doute la force du film.

Déclaration d’amour au cinéma d’antan, aussi bien à James Bond qu’à Chapeau Melon et Botte de Cuir ou aux Agents très spéciaux, Michael Vaughn multiplie les références aussi bien visuellement des décors à la mise en scène que dans des répliques démontrant l’amour évident que portent les personnages au cinéma d’espionnage à ses grandes heures. La paternité n’en est que plus visible, Kingsman réussit à faire le lien entre le cinéma d’action de nos jours et les films d’avant parvenant à mélanger les deux dans un dosage plutôt audacieux.

kingsman3En jouant avec les codes du genre, la seconde scène d’introduction démontre le fonctionnement du film. Ainsi, l’on voit un homme de science attaché à une chaise à qui des méchants lui offrent un verre à boire afin de détendre l’atmosphère quand un type, un espion anglais abordant un costume taillé sur-mesure défonce tous les méchants en utilisant une arme à feu dans la lignée des films d’actions modernes tels que Matrix ou bien sûr, la version moderne des James Bond avec Skyfall. Et quand nous pensons que tout est fini, l’anglais tiré à quatre épingles est alors découpé en deux, littéralement, par l’une des méchantes les plus badass du cinéma, et l’on bascule soudainement dans le cinéma d’action moderne qui lorgne de plus en plus vers le gore tout en restant assez aseptisé. Chose que n’est pas Kingsman. Aseptiser est le mot lui convenant le moins.

La mise en scène de Michael Vaughn est efficace. Il faut dire que le bonhomme sait y faire pour bien doser ses éléments, pour autant les combats s’ils sont lisibles sont renforcés et dynamisés par des effets spéciaux, des ralentissements et accélérations qui donnent un style dynamique, mais rend les FX très visibles. Reproche qu’on a d’ailleurs vu contre le film, pour autant, j’ai perçu les effets spéciaux comme un élément fun comme dans Piranha 3D d’Alexandre Aja où l’on assumait le côté 3D au rabais. Je ne cite pas le film d’Alexandre Aja par hasard, puisque Kingsman manie le gore avec humour comme le français Aja a su le faire, et utilise justement les fx pour garder un aspect ultra gore tout en lui donnant un aspect fun qui rend le film tout public en dépit des morceaux de bidoche découpés de manière disproportionnée.

En effet, Kingsman se la joue film de genre par bien des aspects. S’inscrivant dans la lignée de Tarantino en mêlant référence, réplique bien sentie, dialogue succulent, et scènes d’actions dantesques usant d’effets esthétiques et visuels afin d’affirmer un caractère bien à lui. On sent également un esprit proche de Rodriguez dans le sens où les méchants sont ultra badass notamment une amputée diablement sexy et redoutable qui n’est pas sans rappeler l’héroïne de Planet Terror. La méchante a en effet un talent très particulier en utilisant ses jambes de substitue pour tuer les gentils se mettant sur son chemin.

10569041_384966848352759_8320005383617011426_nEnfin l’intrigue, le plan diabolique des méchants fait forcément penser à un film de genre ! Puisque les méchants parviennent à désinhiber les gens les rendant ultra violents. Ce qui forcément donne d’excellentes scènes d’actions assez dantesques où tout le monde se frappe dessus avec tout ce qu’il lui tombe sous la main. Aussi ridicule que cela puisse paraître, il y a cet esprit fun, bon enfant et ultra généreux des films de genre des années 80/90 qu’on retrouve clairement dans les scènes de bagarres générales parsemant le film qui de plus donnent lieu à un étalage de gore en tous genre.

Explosif, jouissif et surtout saignant à souhait, Kingsman mêle action, humour bête et méchant tout autant que le flegme so britsh et le gore aussi trash que fun digne des comédies horrifiques américaines, Michael Vaughn en jouant au grand enfant nous offre une œuvre brillante qui ne dénote pas de sa carrière. Ne boudez pas votre plaisir, jetez-vous sur cette comédie efficace.

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