[DOSSIER] La saga Vendredi 13

vendredi-13-7-02-gSorti en 1980, Vendredi 13 est l’image incarnée du slasher. Tout le principe du film, du moins si l’on se fit à la bande annonce et à la manière dont il a été vendu, est d’aligner les mises à mort sanglantes, violentes, originales et surprenantes si possible drôle et terrifiante à la fois les unes après les autres. Comptabilisant 13 morts dans la bande annonce qui est d’ailleurs assez révolutionnaire pour l’époque, Vendredi 13 n’est pourtant pas le premier. Avant que Halloween ne déclenche la mode et donne naissance à une saga qui aujourd’hui encore connait un certain succès puisqu’un nouvel opus serait en préparation il y avait déjà des slasher. De Black Christmas à Rosemary’s killer, il est clair que le genre existait mais ne connaissant pas encore le succès qui fut le sien dans les années 80 avant de s’essouffler dans les années 90 et d’être enterré par Scream.

friday_the_thirteenth1980Paru avant Les Griffes de la nuit, il sera en partie éclipsé par celui-ci qui s’il ne parvint à vaincre Jason Voorhees dans le film les opposant. Freddy est un personnage bien plus marquant que celui du tueur à la hache et pas seulement parce que c’est un pédophile ou qu’il se tape l’incruste dans les rêves mais parce qu’en mélangeant horreur et humour, Freddy s’est forgé une solide réputation qui permet de regarder pratiquement tous les films de la saga sans trop s’ennuyer. Mais Jason aussi a eu droit à une longue carrière. Il s’agit en effet de la plus longue saga cinématographique d’horreur avec un nombre de 12 films (en comptant le remake). Au point qu’on en est oublié que dans le premier film ce dernier n’apparaissait qu’un bref instant à la fin et qu’il n’était pas le tueur. Apparaissant dès la suite, le visage couvert d’un masque de hockey, une machette à la main, il aborde une tenue emblématique qui va en partie faire son succès. Comme Micheal Myers, le tueur dans Halloween, Jason est un assassin froid qui frappe ses victimes sans la moindre hésitation, sa démarche lente et mécanique créer le sentiment de machine increvable. C’est ce même concept qui a inspiré James Cameron pour Terminator.

vendredi-13_407483_42750Purement fantastique, puisque Jason revient toujours, ne peut pas être tué ni vaincu, jusqu’à même faire un voyage spatial durant un épisode plutôt invraisemblable, le premier volet était pourtant un film relativement classique sans argument fantastique. Les producteurs ont choisi pour les suites d’imiter les sagas en vogue comme Halloween ou Freddy en choisissant un tueur infiniment plus sexy et vendeur qu’une mère vengeresse. Pourtant le premier est, loin devant ses suites, d’une grande qualité. Moins symbolique sur son aîné, Vendredi 13 choisi de baser son action dans les bois, centré lui aussi sur des adolescents à la sexualité débridée qui comme dans Halloween sont punis pour préférer baiser que s’occuper des enfants dont ils ont la charge, mais avec cette rythmique affolée et ce nombre impressionnant de victime. Le tueur lui est plutôt original, exit le tueur masculin qu’on voit habituellement, bonjour la maman bouleversée par la mort de son fils qui devenue folle entre temps décide de se venger sur d’innocentes victimes n’ayant aucun lien à priori avec le tragique décès du fiston dans le lac.

vendredi-13_407486_10641Le film reprend les bases des codes du genre, ajoutant l’aspect le coin paumé. Plus encore, il use de ce postulat pour mettre en scène des jeunes profitant de cette relative solitude pour s’amuser et justifier quelque part l’accumulation de meurtre qui dans tout autre contexte serait totalement invraisemblable. Vendredi 13 n’invente rien mais rend classique ce qu’avait déjà inventé John Carpenter. Freddy achèvera de donner ses lettres de noblesses au genre pour le meilleur, comme le pire avec les innombrables suites pas toujours de très bonnes factures. Apportant la touche nature, cette saga connait un plus grand succès aux États-Unis qu’il n’en aura en France. Inspirant encore aujourd’hui le cinéma d’horreur, cette année à Gérardmer on comptait une tripoté de films se déroulant dans les bois, en autre CUB qui a lui aussi un tueur en bleu de travail. Jason a été le Destination Final de son époque. Si l’on regardait Vendredi 13 c’était avant tout pour le nombre impressionnant de morts, la manière dont les gens mourraient, et le rythme redoutable des films car en dehors ça, pas grand chose à retirer, rien qui puisse faire concurrence à ses pairs plus originaux sans nul doute.

Sachant qu’aucune des suites n’est parvenu à redonner du nerf au tueur, pas même un remake plutôt honnête, il n’est guère étonnant de voir Jason sombrer dans l’oubli. Il faut dire qu’il était difficile de bâtir sur une saga sur un concept aussi pauvre. Sa grande pauvreté vient aussi de sa trop grande inspiration que ce soit celle d’Halloween ou plus tard de Freddy, mais du manque d’imagination des producteurs aussi bien que des réalisateurs qui ont tenté de faire vivre la saga. Aucun regret à avoir, il vaut mieux se contenter du premier qui était pas si mauvais.

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