[GERARDMER 2015] Troisième jour.

IfyWgTHE VOICES a débuté le samedi, une journée plutôt chargée puisque le week end accueillait beaucoup plus de monde que les deux jours d’avant (chose assez logique quand on y réfléchit). En compétition, cette comédie horrifique employant Ryan Reynolds comme psychopathe entendant des voix le poussant à tuer de jolies femmes a été créer par l’auteur de Persepolis à savoir Marjane Satrapi. Détournant les codes de la comédie américaine, elle utilise les couleurs flashy, la musique pop, et son héros naïf pour nous plonger dans une histoire aussi horrible qu’irrésistiblement drôle. Totalement déjanté, le film surfe sur une espèce d’énergie très généreuse où le rire se mêle aux frissons dans cette description d’un être atypique aussi flippant que sympa. Très bon film qui a déjà trouvé un distributeur, comme tous les films en compétition d’ailleurs, et devrait avoir droit, on l’espère, à une sortie en salle. Quoi qu’il en soit, il repart avec le prix du jury et celui du public, vraiment mérité.

405170.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSuivait ensuite LES AMES SILENCIEUSES produit par la Hammer. John Pogue réalise là son second métrage. Suivant les traces de LA MAISON DES DAMNES de John Hough, le film retrace l’histoire d’une équipe de scientifiques tendant d’utiliser la parapsychologie pour éclairer un cas semblant être de possession. Jouant sur l’éternel combat entre la religion et la science, se basant sur la foi que chaque personnage peut ressentir, il aborde une thématique très intéressante. Empruntant une mise en scène très classique, on sent néanmoins une volonté de rajeunir le genre avec l’utilisation de certaines séquences en founfoutage. Malgré cet esprit jeune et moderne collant à l’esprit actuel du cinéma de genre, il porte l’adn de la hammer, avec son ambiance gothique à souhait et l’importance accordée à l’ambiance. Pas mauvais, LES AMES SILENCIEUSES n’arrive cependant pas à se démarquer de toutes ces productions horrifiques actuelles, il fait le job mais sans plus. On est loin du succès et de la réussite de LA DAME EN NOIR.

maxresdeffaultAutre film en compétition, JAMIE MARKS IS DEAD nous plongeait quand à lui dans une profonde et belle mélancolie. Racontant l’histoire d’un adolescent sans histoire vivant dans une ville pauvre des Etats-Unis qui suite à la mort d’un de ses camarades voit celui-ci sur les lieux du crime. Hanté par son camarade décédé qui était la victime du lycée, il se décide à l’aider, rongé par la culpabilité de n’avoir rien fait quand il était encore temps. Evoquant toute la force des émotions adolescente, jouant sur le deuil également, racontant la lutte entre la vie et la mort, mais aussi le tiraillement entre se laisser aller à la mélancolie, dépression ou au contraire sourire à la vie, le film aborde un tas de thématique intéressante tout en plongeant le spectateur dans une balade morbide. Si l’on peut voir également une thématique gay très présente, elle n’est néanmoins pas le message principal du film qui est beaucoup plus général que cela. Très beau film contenant une belle poésie et une image sombre, il n’a reçu aucun prix ce qui est fortement dommage mais la concurrence était rude cette année.

Alain-Chat-dans-Realite-de-Quentin-DupieuxSuivait ensuite REALITE de Quentin Dupieux qui s’avère être plus un film atypique que réellement de genre bien qu’il ai une atmosphère fantastique. Véritable bijoux, il s’attarde sur plusieurs destins croisés de personnages haut en couleur, du directeur d’école se déguisant en femme durant son temps libre, un Alain Chabat en technicien se rêvant réalisateur en passant par une fillette nommée Réalité qui dans son histoire unis tous ces destins. C’est un récit croisé qui multiplie les mises en abimes, le film dans le film, puisque ça parle beaucoup de tournage et de réalisation, mais aussi le cauchemar dans le cauchemar, en passant par des instants de folie pure, d’autre de poésie et de grâce, tout en gardant l’esprit absurde si chère à Quentin Dupieux. Une rêverie envoûtante qui pour ma part m’a fait penser à Los Highway dans sa manière d’aborder le rêve et le sentiment de confusion. Hypnotisant jusqu’au bout des ongles, le film est en plus servi par une excellente bande son.

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