[GERARDMER 2015] Premier jour.

goodnightJeudi, matin, on a commencé avec GOODNIGHT MOMMY au lac et c’était l’inquiétante étrangeté incarnée. Réalisé par un couple atypique autrichien, le film aborde un aspect étrange et très ambiant avec une mise en scène léchée. Faisant naître la peur avec trois fois rien, il fait monter la tension avec intelligence. Histoire de deux jumeaux qui ne reconnaissent plus leur mère après une grosse opération de chirurgie esthétique et cherchent à savoir ce qu’il s’est passé par tous les moyens. Débutant avec une ambiance très enfantine, le film bascule peu à peu dans l’horreur totale avant une fin qui pour ma part m’a déçue mais offre cependant quelque chose d’intelligent et assez passionnant. Il mérite donc le prix qu’il remporte.

A005_C061_0922Y2Ensuite on a enchaîné avec ABC’s OF DEATH 2 plutôt pas mal dans l’ensemble. Comme toujours avec les films à sketch le très bon comme le premier segment. Sans trop en dire, Amateur de Evan Katz est assez fin et drôle, jouant avec le titre le définissant comme d’autres d’ailleurs Jen Soska & Sylvia Soska jouant quand à eux avec l’expression Torture Porn. Pour ma part j’ai adoré Zygote de Chris Nash mais surtout Wish de Steven Kostanski gore et très bien trouvé puisqu’il raconte l’histoire de deux enfants se retrouvant dans l’univers de leur jouet préféré, un univers qui n’est pas sans rappeler les maîtres de l’univers. Et puis il y a aussi l’animé Deloused totalement crado et malsain qui semblent nous projeter dans un univers très kafkaien avec une pointe de Clive Barker. Bien sûr il y en a quelques uns moins bon, tombant à l’eau, ratant l’idée esquissée mais dans l’ensemble c’est plutôt pas mal, drôle et généreux.

5489cf29406a2Ensuite ELECTRIC BOOGALOO explorait l’histoire de la Cannon, la boîte de production connue surtout pour ses productions biseuses imitant le cinéma hollywoodien autant dans son système que dans sa quête de super production où le très mauvais, Superman 4 côtoie le bon Othello ou Over the top. Un documentaire sur tout un pan du cinéma d’exploitation, bien fichu dans l’ensemble, drôle. Bien sûr grouillant d’extraits mais aussi de nombreux intervenants ayant participer de près ou de loin à l’aventure: Dolph Lundgren, Sybil Danning, Charles Bronson, Chuck Norris, Sharon Stone, Tobe Hooper, Franco Nero, Barbet Schroeder ou Luigi Cozzi qui témoignent parfois avec humour, comme Tobe Hooper qui considère les deux compères gestionnaires et fondateur de la Cannon comme une aide précieuse alors que d’autres témoignages sont plus amères. Un portait haut en couleur qu’on aurait aimé plus approfondis.

RodriguezAprès cela il y avait l’hommage à Robert Rodriguez. Habituée à voir une personnalité présenter l’hommage j’étais étonné de voir qu’il était présenté par le fondateur du festival qui n’arrivait pas à prononcer correctement  ni le nom des films ni ceux des acteurs. Dommage pour le coup. Voir le réalisateur de Planet Terror était cependant cool surtout qu’il a l’air assez occupé. D’ailleurs c’était l’occasion de revoir en salle ses meilleurs films de Une nuit en enfer à Faculty.

cub-toronto-film-festival-3CUB projeté au Casino raconte l’histoire d’un groupe de scouts qui campent dans un secteur de la forêt qui semble inspiré la terreur aux gens du coin, une légende dit qu’un garçon se transformant en loup hanterait l’endroit. Entre le conte de fée et l’habituel combat des redneck vs civilisation le film trouve cependant son style. Certes il n’est pas épargné par les clichés mais il parvient à tirer son épingle du jeu par une écriture habile et un jeu d’acteur intéressant. Evidemment l’aspect comique typique belge est un peu présent mais pas tant que cela. Le film lorgne carrément vers le cinéma américain dont il s’inspire. Pour autant ils réussissent à distiller cette atmosphère typiquement américaine là où avait échoué Aux yeux des vivants. Bon ça en fait pas le film de l’année mais il est plutôt pas mal à défaut d’être original.

3768080.jpg-r_x_600-f_jpg-q_x-xxyxxEnfin on a terminé avec LE PROJET ATTICUS qui était plutôt décevant. En faisant des tonnes, le film en fait toujours trop ce qui du coup annule un peu la peur qui aurait pu être ressentie. Trop d’utilisation de jump scare mal dosés, trop de son strident perçant les tympans, le tout sur une mise en scène des scènes de flip qui donne l’impression d’avoir vu le film dix milles fois. Pourtant ça partait d’une bonne idée : créer un espèce de document interdit sur un fond de complot avec une histoire de possession c’était original mais sans doute beaucoup trop. L’aspect faux documentaire pourtant très bien fichu déjoue la peur en fait, et par conséquent s’avère avoir été une mauvaise idée. Film raté à tendance soporifique quand il est vu tard le soir.

Globalement, pas beaucoup de monde en ce début de festival. Les salles n’étaient pas combles contrairement à ce qu’indiquait le site avec le système des réservation. En effet cette année Publicis a mis en place un nouveau système de réservation en ligne des places qui a permit de raccourcir les files d’attentes.

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