[ETUDE DE CAS] In the flesh, suite et fin.

in-the-flesh_2900284bLa seconde saison de IN THE FLESH reprend quasiment où la première saison s’était arrêtée excepté qu’on nous place dans un contexte plus large. Rapidement on comprend que la cellule familiale explorée dans la première saison une est prise dans quelque chose de plus grand et qu’on va être un petit moins dans l’intime.

In-the-Flesh-2.04Explorant donc plus la mythologie, avec une histoire de prophétie, de prophète et même d’apôtre, le ton est rapidement donné. Un vent de folie va souffler sur cette seconde, un vent nourrit de mythisme et de croyances plus ou moins folle. Des croyances partagées par deux communautés s’affrontant pourtant avec une force. La religion explorée est ainsi divisée en deux, celle représentée par le prêtre du village, un vieux fou qui dirige néanmoins le village même si plus grand monde ne l’écoute désormais puisque les non-morts sont relativement acceptés, et d’autre part par le non-mort prophète, personnage énigmatique dont le visage restera méconnu qui incarne la force de révolte des zombie aussi bien que la croyance et l’idée d’un jugement dernier. La bible est d’ailleurs énormément cité, invariablement, à chaque fois que quelque chose d’abominable s’apprêtre à être commis. Critique de la religion ou de la foi aveugle, la saison 2 explore quelque chose de plus grand que cela.

Comme la saison 1 qui parlait essentiellement de pardon, et de seconde chance, la saison 2 applique cela à l’ensemble de la communauté. Il s’agit pour le petit village d’irréductible d’accepter la présence des zombies aussi bien que la seconde chance qui leur est offerte de faire la paix avec la peur, avec la guerre, avec les mauvais souvenirs. Il est sans cesse évoqué un grand pardon qui viendra avec le second éveil, la croyance folle qui anime tout le monde, ni plus ni moins que le jugement dernier évoqué sans frisson d’ailleurs, ici tout le monde semble animé d’une ferveur inexorable, une foi sans borne et surtout guidé par le désir de voir les morts cher à eux revenir. Mais la saison 2 décrète aussi qu’il n’y a de possible qu’une seconde chance, pas de troisième.

In-The-FLesh-Season-2-2946Deux communautés s’affrontent ainsi, élément qui avait été évoqué dans la première saison, où l’on voyait une certaine animosité contre les zombies, la saison 2 quand à elle parle carrément de ségrégation et d’apartheid des zombies. Relayé au statut de non citoyen, on leur retire tout leur droit, et on les oblige à travailler pour la communauté. Stigmatisés et omis de tous, ils sont ni plus ni moins qu’un élément gênant que la communauté doit supporter. La terrible scène où l’on demande au héros s’il est la communauté suggérant que s’il ne l’était pas il était donc contre elle, un danger pour elle. Il s’agit donc avant tout de la communauté qui est à la fois une force rassurante, qui protège, mais qui peut aussi se retourner contre vous, et presque tous les personnages vont en faire la douloureuse expérience.

Les zombies aussi s’unissent en communauté, évoquant à la fois une imagerie très chrétienne avec Simon le 12e disciple qui offre une figure presque christique, il guide les autres, il prêche littéralement, il est aussi celui qui a subit les tests et expérimentations qui ont permit l’élaboration du traitement, celui qui a souffert en silence pour le bien de la communauté, celui qui apporte une autre vérité, qui pousse les zombies à se soulever contre l’oppression, mais il est aussi une menace, car ses croyances le poussent à vouloir tuer l’objet de ses désirs, celui qu’il aime, et adopter par conséquence un comportement absurde.

6003474-low_res-in-the-fleshSi l’on a cru que tous cédaient à la haine et à la colère, la cellule familiale implose à la fin de la saison avec d’un côté les parents inquiets qui s’en remettent à la communauté et de l’autre Kieren refusant la stigmatisation et le jugement abusif dont il est victime préfère se jeter dans les bras de Simon mais avant cela met toute la famille face à ses propres aberration, ainsi que lui-même, il était le fuit de l’assimilation, ayant oublié même ce qu’il était au fond désormais, oublié ce qu’il avait fait, et il balance ces vérités au visage de la famille dans une des meilleures scènes de diner de famille.

Abordant des thématiques fortes comme les extrémismes et le communautarisme, on ne peut s’empêcher de penser à l’actualité tant In the Flesh tape dans le mile. Hormis les actes terroristes réalisés par les zombies membre d’une énigmatique organisation dont ferait sans doute parti Simon, guidé par le non-mort prophète et ces croyances folles, on retrouve là une critique forcément de la religion, mais aussi un effet inexorable, quand la haine répond à la haine, tout finit forcément par s’embraser. Ce n’est pas pour rien que l’homme pacifique de la première saison se fait tuer dans le premier épisode de la saison 2.

In The FleshLa fin de la saison 2 moins forte sans doute que la première aborde néanmoins une thématique plus large, l’acceptation de l’autre, le renoncement à ses croyances. A la fin, la communauté comprend ses excès. A la fin, tout est pardonné ou presque. C’est la voix de la paix qui est incarnée par l’infirmière Shirley, la mère de Philip, qui résonne le plus fortement, celle qui accepte que son fils sorte avec une morte, celle qui pousse au pardon, à l’acceptation. C’est aussi celle du médecin, qui refuse de livrer ses patients, qui tente de protéger les zombies sous sa juridiction. C’est aussi Amy, qui préfère aimer plutôt que haïr.

A la toute fin, une intrigue relance la machine et nous laisse à croire que Dominic Mitchell avait encore beaucoup de choses à dire et créer forcément une énorme frustration quand on sait que la saison 3 a été annulée par BBC Three, la saison 2 conclue néanmoins sa thématique et son propos qu’elle a élargie donc au monde entier. On est resté dans la thématique de la seconde chance et du pardon, ne quittant finalement pas les valeurs catholiques qui guident énormément la série. Intéressante, la saison 2 n’est pas parfaite mais fonctionne et conclu les questions qu’elle pose. Le tout en nous proposant des personnages haut en couleur, Amy devenant l’héroïne de la série, ainsi que Simon l’irlandais énigmatique, ainsi que l’excellente méchante divinement incarnée. On ne peut que regretter que la série s’achève ainsi.

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