[ETUDE DE CAS] Comment IN THE FLESH redonne un parfum de fraîcheur aux zombies.

In-The-Flesh-bbc-02-960x512Qu’est-ce qu’est IN THE FLESH ? Une série britanique qui cartonne, d’accord, une façon d’aborder la thématique des zombies revues et corrigées de manière originale, okay, un espèce de petit oavni.

Comme beaucoup d’autres avant, Utopia, qui abordait l’idée d’une thématique complotiste autour d’une bande dessinée, Misfits qui dotait des délinquants de pouvoirs surnaturels, ou encore Black Mirror qui nous fait réfléchir à notre relation avec les écrans, c’est une série britannique qui reste dans une thématique fraîche, abordant des héros cool et moderne, pas forcément répondant aux canons de la mode, en avançant un concept relativement fort.

En effet In the Flesh aborde l’idée que les zombies peuvent être traité. Une fois soigné, ils redeviennent normaux ou presque. Mort mais vivant, ne ressentant rien, mais capable de penser, d’avoir des souvenirs et des réflexions, percevant ainsi la gêne ou l’amour, la fascination ou la peur. Une fois réparé ils sont donc renvoyés dans leur famille où ils sont supposés se fondre dans la société.

timthumccscLa première saison s’intéresse ainsi à un mort en particulier, Kieren Walker, jeune homme timide et sensible, qui éprouve de vives inquiétudes à l’idée de rejoindre la société des vivants et surtout sur le regard qu’auront ses proches. Toute la thématique de l’intégration des zombies dans la société est plutôt un arrière plan, un fond intéressant mais relativement peu explorer. Intimiste la saison un s’est plongée dans la tête du héros et de sa famille.

Décrivant avant tout la vie de famille compliquée quand il faut réapprendre à vivre ensemble. On apprend vite que pendant le réveil, le jeune Kieren a bouffé des gens, pendant que sa sœur a prit les armes et a tué des zombies, ce qui pose un sérieux problème à sa réintégration, elle ne veut pas le voir et il se passera du temps avant qu’elle l’accepte à nouveau, voyant avant tout le zombie avant son frère, mais s’il en est de même pour ses parents, on comprend vite que c’est davantage la colère dû au deuil pas si lointain. Il était parti pour de bon, les abandonnant, et le voilà revenu, voilà une problématique humaine et sensible qui ne manque pas de profondeur surtout quand on comprend qu’il s’est suicidé.

Placé face à ses propres paradoxes, le jeune Kieren doit apprendre à la fois à s’adapter à sa nouvelle nature, au regard qu’on les gens sur lui, qui n’ont pas tellement changé, si ce n’est qu’ils ont empirés à présent, mais surtout à lui-même qu’il n’a jamais réussit à accepter encore moins à aimer. C’est au sein de sa famille, de ce petit village où les gens sont plutôt rude, qu’il doit se confronter à son besoin de fuir la réalité.

timthumbcffaedExit donc les tripes, le sang, et les scènes gore. Tout ce qu’il y a de trash se résume dans les quelques flashback et les rares moments de stress. La véritable inquiétude n’est pas de survivre à une attaque zombie, mais de survivre à sa seconde vie. Une thématique plutôt originale qui tend à suivre au final celle des revenants. Comment s’y prendre pour continuer une vie qu’on avait quitté brutalement et sans vraiment la regretter. Sauf que In the Flesh ne se perd pas dans de faux mystère. L’aspect mythologie est assez peu aborder pour rester focaliser sur la cellule familiale.

Bien sûr il y a des éléments autour, comme les membres assez fous de la milice, l’élément le plus dérangeant de la série. Si on reconnaît bien qu’il a bien fallu prendre les armes on comprend assez vite que les habitants du petit village sont déçu de n’avoir plus de zombie à dégommer et qu’ils ne croient pas au traitement, d’une part parce qu’ils sont méfiant et un peu traumatisé mais surtout parce qu’ils préféraient continuer à les chasser plutôt qu’essayer de les accepter. Tout le village est d’ailleurs plus ou moins timbré à ce sujet, on les sent aussi raciste et homophobe, le cliché est presque complet à leur sujet sauf qu’il ne s’agit pas d’un cliché mais d’une communauté et l’aspect communautaire est d’ailleurs le sujet central de la seconde saison.

in-the-fleshEt puis il y a les autres intrigues, qui étoffent la saison 1, l’histoire avec Rick, l’ancien amant, celui qui n’assumait pas, celui qui est parti combattre le terrorisme en Afghanistan plutôt que d’avouer son amour pour un autre homme à son père, celui qui est mort est la plus forte sans doute, bien qu’évacuée aussi rapidement. Elle n’en est néanmoins bien réalisée. Les liens entre les deux sont tissés avec subtilité et on comprend vite les enjeux. On pourrait reprocher un certain cliché là dedans, mais l’affaire est menée avec clairvoyance et apporte un autre éclairage aussi sur la cellule familiale, puisque l’histoire de Rick a été accepté par les Walker contrairement à la famille de Rick qui préfère rester aveugle.

L’autre intrigue est bien sûr portée par Amy, le seul personnage vraiment lumineux de la série. Explosant de joie de vivre, Amy semble tout droit sortir d’un Tim Burton, c’est la morte qui s’assume, refuse de porter ses lentilles, qui plaisante avec la mort, qui en rit, qui semble presque exiger tout de la vie, celle qui n’a pas eu la chance de vivre pleinement. Elle voit cette seconde existence comme une chance et compte bien en profiter. Bien sûr une telle excentrique est mal perçue par le village et s’en trouve bannie d’une manière assez violente dans l’une des scènes les plus difficiles de la série. Elle apporte avec elle la problématique de la seconde saison, l’idée d’une possible rébellion des zombies.

 timthumbQSCS’achevant dans une superbe conclusion, la première saison fonctionne comme une histoire avec une vraie fin. On pourrait ainsi ne pas enchaîner sur la seconde saison sans ressentir trop de frustration. En trois épisodes, elle s’engouffre assez rapidement. Tout en posant les bases pour un univers plus étendue, elle fonctionne à la manière d’un film. D’ailleurs la série avec ses deux saisons m’a fait pensé à un film et à sa suite. La première saison serait un Terminator, la fin se suffit à elle-même, et la seconde saison serait un Terminator 2, développant énormément l’univers et la mythologie, posant énormément de question qui donnent invariablement envie d’une suite.

 Quoi qu’il en soit, la première saison de In the Flesh a été célébré d’un prix qui prouve l’excellence de la série si vous en doutiez encore. Comme Real Human, In the Flesh pose des questions sur notre société et notre capacité à accepter l’inconnu, notre facilité à rejeter ce qui nous est étranger, notre peur à ce propos et la facilité des amalgames, de la rancune, du rejet en bloc, tout en abordant la cellule familiale, parlant du suicide, de l’importance de la communication, une thématique au final très intime, humaine, et forte.

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