[CRITIQUE] Le Bossu de la Morgue de Javier Aguirre, 1973

476-le-bossu-de-la-morgueLe Bossu de la Morgue film d’horreur espagnol est sorti en DVD chez Artus Films (maison d’édition de film bis qui ressort de grand classiques et moins grands du genre) dans une version plutôt belle. Accompagné d’un beau livret sur le cinéma d’horreur espagnol bisseux, le DVD se présente donc dans une belle jackette. C’est faire largement honneur à ce petit film de certes bonne facture mais avec un côté totalement bis abusé par moment.

Bossu-affGotho misérable et affreux bossu travaille à la morgue d’un hospice où il est payé pour découper des cadavre sous les moqueries du personnel. Fou amoureux d’une patiente, il est incapable de traiter son corps une fois qu’elle succombe et emporte le corps en le cachant dans une cave. Désespéré, il demande au professeur qui a toujours veillé sur lui de l’aider en ramenant la belle à la vie chose que le professeur accepte en échange de son aide: à savoir l’installation du laboratoire mais aussi ramener des cadavres encore tout frais…

Comme toujours dans les films d’exploitation on a l’impression que le scénario a été surtout écrit pour incorporer des moments totalement bis, des femmes aux seins nus, une scène de sado masochiste lesbien apparaît ainsi dans une séquence n’ayant aucune justification ce qui la rend bien évidemment hilarante et généreuse comme on les aime dans ce genre de film, un monstre évoquant le chainon manquant entre le Blob et le monstre de Frankenstein, et l’on retrouve aussi un bain d’acide sulfurique placé en évidence en plein milieu du laboratoire improvisé dans ce qui devait être d’ancien décor pour un film sur l’inquisition (peut-être un film de zombies templiers qui sait…). Bien évidemment il y a aussi des infirmières cochonnes, des femmes emprisonnées, des cadavres découpées, des mises à mort tenant plus de la boucherie que d’autre chose. Bref c’est un bis regorgeant de scènes comiques et généreuses.

Bossu-03Le tout mêlant un peu de Bossu de notre dame, notre pauvre bossu étant l’objet de moqueries, raillé et humilié à plusieurs reprises avant de se rebeller de manière mortelle et pourtant aimant désespérément une femme sans attendre d’elle quoi que ce soit en retour. On retrouve aussi bien des éléments de Frankenstein : le savant fou, le bossu donc serviteur sans morale et aveugle, enfin la créature abominable connaissant un sort terrible. Le tout vu bien évidemment sous un angle totalement déviant et what the fuck. Et comme c’est un bis, on a également des scènes juste là pour faire bander le spectateur, de la scène de cul gratuite entre deux patientes aux corps débités en gros plans jusqu’au plan absolument magnifique où un homme au visage fondu par de l’acide portant sur son dos son copain complètement fondu par l’acide traverse les couloirs des souterrains datant de l’inquisition.

Bossu-02Dois-je citer tous les moments Z du film? Il y a évidemment le premier mort, très mystérieux d’ailleurs, qui passe de l’ivrogne tanguant à la table de la morgue sans plus d’explication et finit découper en morceau sans raison apparente si ce n’est le sadisme et la colère du Bossu qui était le souffre douleur du type. Ensuite, l’installation d’un laboratoire secret dans d’anciennes cave ayant servi durant l’Inquisition, bon c’est pas si incohérent et surtout ça donne une véritable ambiance d’autant qu’on a beaucoup de plans dans les galeries qui donnent à penser que le décor était vraiment des souterrains. Le sommet est atteint à deux moments, la première fois quand on découvre la dite créature créer en laboratoire qui est supposée être un foetus et ressemble en fait à un amas de foie et d’abats sanguinolent dans une boite en verre, chose d’autant plus incroyable que la créature finale qu’on découvre quand elle sort de sa cachette à la fin du film comme une espèce de truc humanoïde étrange noir et massif, l’évolution entre les deux semble bien sûr impensable! Et puis il y a ce moment où pourchassé par la police, le Bossu s’introduit dans un appartement. Non seulement la femme qui y vit ne semble nullement surprise de la présence du bossu chez elle, mais elle l’invite carrément à faire l’amour. Bien évidemment, elle le couvre auprès des flics…

le-bossu-de-la-morgue-affiche_487744_40351Malgré les incohérences narratives, le manque de luminosité pour les scènes de nuit (une nuit américaine foirée) et les moments un peu vide du film, on a cependant quelque chose de très généreux qui tout en gorgeant le spectateur de moments absolument délicieux (les mecs dans le bain d’acide, les crimes du bossu, la créature totalement wtf) apporte une ambiance gothique à souhait, tout en conservant malgré cet étrange mélange des genres un produit fini qui sonne plutôt bien. On ne s’ennuie jamais, il n’y a pas de longueur, ni de répétition, globalement l’image est plutôt pas mauvaises, la musique entrainante (hormis celle du bar qui est juste infernale) et certaines séquences sont même réussie, poétique, véhiculant un certain message sur l’ouverture d’esprit, la compréhension, l’amour, en bref, il y a à boire et à manger dans Le Bossu de la Morgue et c’est un compliment! Bon film bis, on se régale devant!

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