[TOP] Les meilleurs films de genre de 2014

2014 c’est terminé, et la grande tradition veut qu’à chaque fin d’année on fasse un topo sur l’année écoulée. Je m’y colle donc avec un certain plaisir. L’année 2014 a été assez généreuse, on a eu de la SF bourrine mais audacieuse, des films asiatiques polar immersif, un retour du polar avec Mange tes morts tu ne diras point et Ballade entre les Tombes, en série avec True Detective, côté fantastique c’était plutôt du côté des séries qu’il a fallu se tourner entre Penny Dreadfull et Hemlock Grove, et puis on a eu des perles au cinéma qui font parti indubitablement de ma liste! Evidemment, il y a aussi eu les ressorties, Second l’Opération diabolique ou encore Wake in Fright qui était terrible.

The Rover de David Michôd

BqcVl3CCUAE3H5S.png-largeRécit post-apocalyptique aux accents d’un Mad Max sans les effets du genre, dans une vision épurée, simple, une approche réaliste presque sociale, avec énormément de poussière, comme un nouveau genre de Western, marqué par la crise, par la pauvreté extrême, The Rover s’inscrit dans un esprit terriblement contemporain. Si l’on peut rapprocher sans nul doute l’esprit du film avec celui qui secoue actuellement nos sociétés craintives d’une crise extrême qui ferait imploser un système qu’on sait déjà programmé pour s’auto-détruire, le film va néanmoins plus loin, il dépasse l’aspect social de la question, et s’inscrit dans l’intime, dans l’humanité, dans la profondeur abyssale de nos âmes perdues au milieu de ce cataclysme dont d’ailleurs nous ne saurons rien ou si peu. Intelligent, fin, crépusculaire et abyssale, The Rover est un post-apo épuré et malin.

Tom à la ferme de Xavier Dolan

tom-à-la-ferme-concours-places-de-cinéma-à-gagnerPerversion, brutalité, marasme campagnard, scandales enfouis sous la paille, oubliés, dénis, plus l’on s’enfonce dans le film, plus on sent le malaise nous prendre à la gorge. Très vite, le ton est donné. On quitte peu à peu le deuil et la tristesse pour s’enfoncer dans un cycle de dominant et soumis qui s’avère violent, pervers, et souvent gratuit puisque Francis, l’antagoniste, demeure difficilement lisible. Ses raisons sont difficiles à trouver. Son charme dont il se vante ne semble perceptible que par le héros. Tom à la ferme nous décline un syndrome de Stockholm assez marqué mais qui ne manque pas de finesse ni de subtilité. Pour autant, le défunt reste présent, en filigrane, jaillissant par de bref mais instant moment, quand la réalité masquée par le mensonge familial ressort, que ça soit par une astuce de Tom ou bien par une scène très forte où la mère pose enfin les bonnes questions.

Under the skin de Jonathan Glazer

under-the-skinPas vraiment le film que je m’attendais à voir, mais nullement déçue cependant, car Under the skin n’est ni un film expérimental même s’il en prend la forme à ses débuts, ni un film d’horreur même s’il y ressemble drôlement parfois. C’est une œuvre originale qui évolue d’une manière sobre et efficace, tout est bien foutu dedans, maîtrisé, par une mise en scène à la hauteur de la promesse faite au spectateur. C’est un voyage pas comme les autres qu’on nous promet, différent, et en bien des manières. S’il évoque au début une sorte de Henry portrait d’un tueur au féminin, rapidement l’entité incarnée par Scarlett Johansson, créature désincarnée et inhumaine, faisant soudainement preuve d’une humanité vacillante, quelque chose qui ressemble à de la compassion ou peut-être un doute.

La prochaine fois je viserais le coeur de Cédric Anger

la-prochaine-fois-je-viserai-le-coeur-photo-5409776b706f8La prochaine fois je viserais le coeur est la chronique d’un fait divers aussi glaçant que hors du commun. Et pour cause puisqu’il s’agit de l’histoire d’un gendarme qui est aussi un tueur en série ! S’en prenant uniquement aux femmes, le tueur joue avec la police en lui envoyant des lettres anonymes, masquant ses crimes grâce à ses fonctions de gendarme. Le film de Cédric Anger nous place dans la tête du tueur incarné par un Guillaume Canet méconnaissable en tueur froid imperméable. Il suit une trame très classique du film de tueur en série tout en adoptant une ambiance très française en nous plaçant dans la campagne française picarde des années 70 avec cette atmosphère où se mêle à la fois une autorité très ferme représentée par la gendarmerie, le tueur étant un gendarme, c’est d’ailleurs le seul endroit où il semble épanoui.

Blue Ruin de Jeremy Saulnier

Copy-of-Blue-Ruin-Dwight-ContentsSorte de Rape and Vengeance, Blue Ruin en dépit de son allure hipster est en fait un film de vengeance très crédible. Hitchcock disait qu’il voulait retranscrire la difficulté à tuer quelqu’un, et c’est exactement ce que fait Blue Ruin. Car le vengeur n’est ni masqué ni héroïque, c’est un type normal, comme vous et moi, qui s’il a tout perdu et est animé par un puissant désir de vengeance n’a rien d’un action héros, au contraire. Maladroit, hésitant, il peine à tuer, s’en prend plein la gueule, et cela donne une dimension vraiment crédible au film, nous proposant là une vision bien différente de celle dont on a l’habitude. Crépusculaire et bleuté, ce film évolue dans la campagne américaine et nous propose une vraie descente en enfer.

Night call de Dan Gilroy

nightcrawler-mainEsquissant le portrait d’un espèce de sociopathe glissant dans les nuits illuminées de Los Angeles en usant de petits larçins pour se tailler une place au soleil, Night Call de son véritable nom Nightcrawler est un film à l’humour noir grinçant et génial. Le mec est techniquement, et il le suggère lui-même prêt à tout, opportuniste sans morale, pour trouver un job. Il déclame d’un ton convaincu les discourt des cours de commerce qu’il a pu suivre en ligne, répétant les mêmes formules toutes faites et les phrases qu’il a entendu en boucle, mais au fur et à mesure, on sent sous le discourt, sous l’apparence du type au sourire calgate et à l’apparence du mec des années 70/80 à l’allure de winner, dont il porte la montre assez fièrement, qu’il y a un type profondément malsain et vicié derrière ces apparences dont il se revêt et qu’il transforme en manière de vivre.

Horns d’Alexandre Aja

55943Avec Horns, sorte de thriller surnaturel bourré d’humour noir, film intimiste, adolescent également, aussi fun que profond, on se dit que le cinéaste a peut-être enfin trouver sa voie. En effet, son nouveau film puise ainsi en partie dans les métrages les plus sérieux de ses débuts. Les scènes chocs et gores sont encore présentes de manière jusqu’au-boutiste, comme enracinées dans l’ADN du cinéma de Aja. La scène de combat au bord de l’eau est ainsi d’une grande intensité mais aussi profondément choquante par l’image violente qu’elle véhicule. Mais Horns conserve tout de même le ton fun, adolescent, presque Spring Break, de son Pirahna 3D. Ce nouveau film donne donc l’impression d’être à la croisée de ce que le cinéaste a pu nous donner jusqu’ici.

It Follows de David Robert Mitchell

It-Follows_portrait_w858Dans un très bel écrin, celui d’un film d’une beauté esthétique et plastique très belle, une atmosphère très Carpenter, avec une banlieue américaine aux briques rouges sur les maisons et au caractère délétère, se trouve enfermer un cœur battant mêlant horreur insidieuse, mélancolique, silence plein de sens, terreur enfantine et pourtant terriblement adulte. Narrant l’histoire d’une sorte de MST prenant la forme d’une malédiction purement surnaturelle, avec un boogyman digne d’entrer au panthéon, efficace et original, It Follows s’émancipe de ses ainés qui l’ont inspirés pour nous livrer un récit proche de ses personnages et de leurs aspirations somme toute les plus simples, survivre, au méchant qui les traque, à la vie, à la banlieue, à cette Amérique qui n’a plus de sens à leurs yeux. Ne s’appesantissant jamais, ne délivrant que des mots clés, des messages cachés, furtifs, le réalisateur s’attache à dépeindre une atmosphère en forme de cocon, la terreur demeure en suspend même si par des moments incroyable elle vient briser le cocon et s’insinuer à l’intérieur rendant cette impression de frayeur d’autant plus palpable parce qu’elle s’est niché à l’intérieur même du foyer protecteur.

Edge of Tomorrow de Doug Liman

28676_Quad+date.inddEspèce de journée sans fin version apocalyptique, Edge of Tomorrow parle du débarquement mais dans une vision avec des aliens affreux assez proche des pieuvres mécaniques de Matrix avec un mélange d’action, d’humour grinçant et noir, et de testostérone plutôt bien dosé. Prenant le parti prit de faire crever de diverses manières son héros pas vraiment héroïque au début puisque c’est un gros lâche bureaucrate qui se retrouve coincé dans un enfer palpable et mécanique, il nous offre une mise en place et un système narratif proche du jeu vidéo puisque le héros à chaque mort revient au début et doit tout recommencer, un peu comme dans les jeux vidéos à l’ancienne quoi. A la fois très drôle et en même temps vision très acide des opérations militaires, Edge of Tomorrow s’en sort très bien en nous offrant un film de SF différent, drôle et intelligent.

Interstellar de Christopher Nolan

interstellar-141022a-618x400Interstellar, le dernier film de Christopher Nolan, est de loin son plus ambitieux. Sous forme d’une fresque, il retrace une aventure aussi épique que rocailleuse, sur les traces d’un 2001 L’Odysée de l’espace dont il s’inspire et auquel il rend hommage. Cependant la fresque spatiale de Christopher Nolan est aussi, à l’évidence, un projet très personnel dans lequel le réalisateur se livre à quelque chose d’inhabituel dans son cinéma, à la fois un lâché prise, on est loin de sa maîtrise presque manique dans la mise en scène, et un amour inconditionnel presque naïf pour un genre disparu, pour un cinéma oublié. Entre références à 2001, critique d’un monde tourné uniquement vers le matériel et incapable d’envisager un futur lointain, Interstellar en dépit de ses incohérences nombreuses est un bon film de SF, et plus encore un bon western (entre la poussière, l’aspect far ouest omniprésent, le besoin de continuer en avant, la confrontation avec un univers hostile et rugueux et les références aux valeurs américaines il y a clairement un western caché là dessous).

Captain America, le soldat de l’hiver de Anthony Russo et Joe Russo

Captain-AmericaContrairement à ce qu’on pourrait croire, Captain America : le soldat de l’hiver est un excellent film d’action. Bénéficiant d’une mise en scène audacieuse, bourrine et intelligente, ce film sort du lot des Marvel et compagnie en offrant de vraies scènes d’actions qui ne sont pas sans évoquer les films de McT. par l’intelligence de l’utilisation des décors aussi bien que pour la manière donc la caméra suit les mouvements des corps. Jusqu’au boutiste, bourrin, presque BIS, le super ordinateur possédé par un scientifique assassiné par exemple, il a comblé totalement la fan de film d’action des années 80 que je suis.

Et voilà, mon top 2014 se termine. J’ai pas évoqué de très bon films comme Le Vent se Lève, Nymphomaniac, Le grand Budapest Hotel que j’ai pourtant adoré mais qui ne sont pas à mon sens des films de genre, et comme ce blog y est dédié, je n’en parle pas du coup mais n’empêche que je les évoque un peu. Voilà, alors maintenant à vous, dites moi quels ont été vos films de genre préféré de l’année 2014 ?

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