Les séances à ne pas rater! [décembre 2014]

Nous sommes lundi, et c’est le bon moment pour vous parler des séances à ne pas rater! Je sais pas pourquoi spécifiquement lundi, j’aurais pu le faire hier mais j’étais justement au cinéma, et je ne vous parlerais pas de ces films si je ne les avais pas vu, enfin vous comprenez quoi. Ce coup ci je vous parle de deux resorties en salle, j’en profite pour rappeler qu’il y a une retrospective François Truffaud encore à la cinémathèque et pas que là bas, certains cinéma indépendant les projettent également, renseignez vous sur le sujet! Je vous parle également de deux films de genre sortis récemment.

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Commençons avec la ressortie de mercredi dernier, Wake In Fright, perdu pendant 40ans, ce film sulfureux qui évoque le Outback australien poussiéreux, caniculaire et désertique où se paume un jeune instituteur, qui de bière en bière et de bar en bar finit dans l’enfer d’une petite ville peuplée d’arriérés violents et ivrognent où se mêlent jeux d’argent, bastons, sexe libre, machisme basique et chasse au kangourou à la forme de massacre sanglant. Diffusé à la Filmothèque du quartier latin, ne ratez pas ces séances uniques où est projeté la version intégrale de ce brûlot quasi documenaitre à la mise en scène aussi sèche et violente que son sujet mis en scène par le réalisateur de Rambo, en version remasterisée.

Autre ressortie en salle pour The Servant de Joseph Losey. Formidable cinéaste, Losey a cette finesse et ce sens du détail qui caractérise également Polansky. Véritable chef d’oeuvre, The Servant est un film sur la perversion d’une diablesse affirmée. La mise en scène assez incroyable a un côté complètement psychédélique (certains plans nous évoqueront la série d’anthologie anglaise Thriller ou bien Chapeau Melon et bottes de cuir) qui nous embarque dans cette histoire de manipulation entre un jeune aristocrate anglais et son serviteur qui tient autant d’un Sganarelle pour le côté malicieux et le jugement du maître avec une pointe d’insolence, que du personnage du Lord Henry dans le Portrait de Dorian Gray, pour la manipulation sans complexe de l’innocent jeune lord sans pour autant se mouiller réellement dans sa perversion. Absolument maléfique vers la fin, ce film est un pur chef d’oeuvre dont la ressortie en salle devrait vous permettre de connaître une véritable expérience de cinéma d’angoisse. Visible uniquement au Mac Mahon dans le 17e à Paris.

Encore en salle, l’excellent Nightcrawler renommé par les producteurs Night Call en référence à Drive alors que le film n’a strictement aucun rapport avec le long métrage de Nicolas Winding Refn. Nightcrawler parle donc d’un type, le genre un peu sociopathe franchement chelou complètement en décalage avec le monde où il vit, un Los Angeles qui médiatise et se nourrit de la violence de ses rues. Partagé entre une espèce de naïveté un peu mièvre, ces sourires immenses qu’il a pour le moindre compliment qu’on lui fait, ou parfois sans raison apparente, et le dégoût manifeste qu’il éprouve pour l’humanité, le manque total de moralité qu’il a, rend le film à la fois choquant et diablement drôle, bourré d’un humour noir assez satirique, Nightcrawler montre une société qui s’auto digère où l’école du mérite croise le manque de moral et où pour réussir il vaut mieux jouer avec les règles comme avec les autres, pour gagner le coeur de la productrice, le héros doit faire preuve à la fois d’une froide manipulation mais aussi d’une dangereuse ambition. Satirique et plutôt glaçant, il n’en demeure pas moins très drôle. Excellent film que je vous recommande chaudement.

Enfin, La prochaine fois je viserais le coeur, film dont j’ai fait la critique sur Devil Dead, est l’un des très rares films de serial killer français, si ce n’est le premier à épouser complètement ce sous-genre. Il suit une trame très classique du film de tueur en série tout en adoptant une ambiance très française en nous plaçant dans la campagne française picarde des années 70 avec cette atmosphère où se mêle à la fois une autorité très ferme représentée par la gendarmerie, le tueur étant un gendarme, c’est d’ailleurs le seul endroit où il semble épanouie, et l’esprit frivole de la jeunesse qu’il ne peut comprendre et qui lui apparaît que comme une proie. Ce tueur à l’esprit schizophrénique ne demande qu’une chose, qu’on l’arrête. Nous sommes dans sa tête, et sa descente aux enfers, au fil des meurtres oscille entre la culpabilité ou du moins ce qui y ressemble, ses reproches envers ses collègues pas assez zélé pour l’attraper ou encore les séquences d’auto flagellation, et son égocentrisme jouissif qui le pousse à se considéré comme un guerrier et envoyer des lettres à la gendarmerie où il se vante de transformer la ville en boucherie sanglante. Confronté à son esprit malade et à ses contradictions nous ne saurons pas d’où vient tout cela, s’il est né comme ça, ou si c’est une homosexualité refoulée qui l’a poussé à cela, des parents peu compréhensifs et castrateurs, quoi qu’il en soit, La prochaine fois je viserais le coeur est un excellent film, jetez vous dessus!

Je termine avec Alleluia de Fabrice Du Welz. Récit de l’aventure des tueurs de la lune de miel qui ont déjà vu leur parcourt sanglant mis en image plusieurs fois. Passé au PIFFF la semaine d’avant, il n’est sorti que dans une seule salle, le Luminor Hôtel de Ville, sortie technique qui fait forcément un peu de peine. Le réalisateur de Calvaire et Vinyan nous revient pour un film que je n’ai pas encore vu mais qui semble être plutôt pas mal. Si vous avez la possibilité d’aller le voir en salle, jetez vous dessus!

Et voilà pour les films à voir actuellement en salle.

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