[SERIES] Bilan de la saison 8 de Doctor Who

vlcsnap-2014-09-28-01h09m21s237Imparfaite, la saison 8 du célèbre Doctor débute avec difficulté. Le nouveau docteur Peter Capaldi a bien du mal à trouver sa place et à se glisser dans la peau de l’infortuné docteur d’autant que la relation avec Clara est plutôt difficile et l’écriture des premiers épisodes trop touffue pour lui laisse l’occasion de l’incarner. En fait, on voit mal le caractère du nouveau docteur, pas assez affirmé, trop en retrait par rapport à la pétulante Clara, le Docteur fait presque figure de personnage secondaire mal dessiné. C’est seulement à partir du 5e épisode voire du 6e que la magie commence à s’effectuer et que la relation du Docteur et de Clara prend réellement forme. Le fait est que pour autant on comprend très bien l’idée de cette saison, ce nouveau docteur est celui qui doit réparer les fautes commises, mais ce ne sera au final qu’aborder dans la saison 9 constate-t-on à la fin, d’ailleurs la fin est très très frustrante.

Si la saison est clairsemée de très bons épisodes, Listen, Time Heist, Kill the Moon, Mummy in the Orient Express, elle en demeure pas moins largement en deça de nos attentes et loin d’être suffisamment homogène pour tenir. Pourtant elle est blindée de bonnes idées, le fait que Clara se mette à douter du Docteur et le perçoive non plus fascinée mais avec ses défauts, ses erreurs, l’idée formulée par Danny, comme quoi le docteur est un général de guerre, soutenue durant toute la saison par cette question, est-ce que le docteur est un homme bon, et clairement la réponse semble négative, indifférent aux morts, il paraît presque détaché de tout, y compris de Clara, il faut attendre le final pour qu’un véritable attachement apparaisse. Certes, ça se voulait subtile, mais peut-être trop. Doctor Who n’est pas une série faite de subtilité, c’est une série qui nous emporte, on a été habitué à aller à mille à heure, et tout d’un coup, tout se ralenti.

La teinte de réalisme et de lenteur introduit ne fonctionne pas très bien car déstabilisés on a du mal à reconnaître le docteur qui paraît n’être parfois qu’un bout de chiffon. Les multiples références aux saisons précédentes, aux autres épisodes, ne sont pas assez généreuse, et d’ailleurs on dirait plus du repompage par manque d’idée que de véritable référence. Mais c’est surtout la fin, comme absente, sans le grand final, sans l’éblouissement, où tout paraît fade, qui démontre que la saison 8 a été comme étouffée, incapable de briller réellement malgré des moments de génie. Missy se révélant être le maître est géniale, sa disparition finale en téléportation nous laisse deviner qu’elle reviendra, mais comment un seul instant le Docteur et surtout Clara ont-il pu être abusé, oui je sais, vous allez me dire que le docteur a dû le faire exprès, néanmoins l’abus de confiance de Clara la montre imbécile, incapable de comprendre.

La fin se résolue trop vite, trop facilement. Et certes, c’est déchirant quand le docteur affirme à Clara avoir retrouvé sa planète et les siens alors que ce n’est pas le cas, mais la manière dont ils se séparent, tranquillement comme si de rien n’était, c’est forcément décevant!

Doctor Who Series 8
Menée du début à la fin par Steven Moffat, la saison 8 est un échec à mes yeux. J’avais déjà trouvé que l’écriture des saisons avec Matt Smith était souvent très maladroite et tentait de nous faire avaler d’énormes couleuvres, ne tenant pas tellement compte des impossibles paradoxes, cependant le docteur fonctionnait surtout grâce à sa relation avec Amy qui est sans doute l’une des meilleurs compagne de ce point de vue là. Clara est comme ça a été dit, trop parfaite, pas assez humaine en somme, même l’ajout de sa vie privée dans la saison 8 ne la rend pas plus profonde, pas assez.

L’intéressant Listen qui explore l’idée qu’elle ai des descendants jusqu’au bout du monde par exemple n’est pas exploité, Danny meurt et elle n’est visiblement pas enceinte. J’espère me tromper, mais ça résume la chose, un tas de pistes ont lancé Clara, des idées formidables qui une fois l’épisode final de la saison 7 établit, tout est retombé comme un soufflé.

On retrouve au final les mêmes défauts d’écriture que pour les saison précédentes, un certain manque de justesse, un aspect touffu, une écriture en dent de scie qui ne dépend en somme que des idées, il faut qu’elles s’accumulent et soient géniales. Sauf que dans la saison 8, la sauce prend pas, on ne saurait dire pourquoi, le docteur choisi, son caractère, ne sont pas adapté à ce type d’écriture, il aurait fallu plus de subtilité, un sens du détail, de l’intimiste, mais ce n’est pas de cette manière que la saison a été écrite et réalisée.

Je ne peux m’empêcher d’être vraiment déçue car l’écriture Moffienne fonctionne tellement bien sur Sherlock où tout est parfait, tout est bien écrit, tous les personnages sont intenses et haut en couleur, alors qu’avec le Docteur, on est toujours dans quelque chose de maladroit, il y a un équilibre qui paraît fragile et souvent on vacille. Encore une fois je pense que c’est l’écriture qui est la base du problème, des idées ne suffisent pas, il faut des personnages fort pour soutenir la série, et je pense que c’est ce qui a manqué durant cette saison. Pourtant, Peter Capaldi n’est pas un débutant, c’est un acteur brillant, c’est plus la mise en scène, la direction d’acteur qu’il faut donc critiquer.

Est-ce pour autant qu’il faut bouder la saison 8? Je dirais non, si elle est décevante, elle demeure dans la lignée du Doctor Who, j’y ai retrouvé les mêmes faiblesses au fond que les saisons précédentes, aurait-on oublié que même sous le génial David Tennant certains épisodes étaient justes ridicules quand d’autres frôlaient le génie? Que Marta a été sous exploité? Que la première saison manquait terriblement de finesse? Et que dire de la dernière saison de Matt Smith où tout sentait le réchauffé et l’épuisement des idées? La série a toujours été ainsi malheureusement, avec des éclairs de génie, des final ébouriffant, et des résolutions facile, des écritures souvent maladroite. Le 12th docteur n’est pas moins bon que les précédents, mais si différent que j’aurais aimé le voir dans une saison plus intime, moins rocambolesque, car l’aventure qui allait si bien à Matt Smith, ne colle plus trop avec ce 12th docteur supposer affronter le passé que le 11th fuyait, alors j’espère que la saison 9 va nous l’apporter.

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