Etude de cas, American Horror Story

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American Horror Story est aux yeux de beaucoup LA série horrifique du moment. Un point sur lequel je ne suis pas tout à fait d’accord, mais on doit bien l’admettre qu’on l’aime ou pas, AHS ne laisse certainement pas indifférent!

Etude de cas: American Horror Story

Le succès de la série tient avant tout sur un concept, une saison une histoire, basée sur un cliché horrifique, ainsi la première saison se déroulait dans un manoir hanté de Los Angeles, draînant toutes les histoires glauques de Hollywood, et surtout de nombreux fantômes tous aussi cupide, mauvais et cruels les uns que les autres, et au milieu de tout cela une petite famille pas vraiment totalement innocente, la seconde allait bien plus loin avec un asile psychiatrique hanté abandonné, sauf qu’on était situé dans son passé glorieux, quand il y avait déjà des patients, dont un tueur en série célèbre, et là les clichés se sont multipliés, du docteur nazi à la none nymphomane, de la possession démoniaque à la lesbienne punie pour ses fautes, des invasions extraterrestres à Anne Frank, on nageait en plein délire à certain moment, mais tout le faste de la série est de redoubler d’intrigue plus farfelues les unes que les autres. Ainsi la saison 3 basée sur la sorcellerie faisait fi du code du genre pour dessiner ses propres règles, se créant un véritable univers en s’inscrivant dans une histoire forcément sanglante et cruelle.

Ahs_wall_2Chaque saison a ses acteurs, bien que le casting ne change plus tellement depuis la saison 2. Ainsi Jessica Lange qui incarnait au départ un personnage secondaire est devenue le personnage principal, il faut dire que l’actrice ne laisse personne indifférent possédant non seulement une longue et belle carrière mais aussi un charme qui est toujours parfait, dosant intelligemment horreur et sadisme, elle incarne toujours des vieilles garces mais avec un talent rare, il y a toujours une humanité sous-jaçante, un désespoir poignant en dépit des horreurs qu’elle peut faire ou dire, elle demeure vivante, et puis il y a le jeune Evan Peters, véritable révélation de la série qui incarne toujours un personnage plutôt atypique voire complètement taré, bien qu’il demeure toujours dans les personnages secondaires, sa trombine sortant de l’ordinaire et son petit air de ne pas en être nous le rend immédiatement attachant, d’autant que ses personnages sont toujours assez inoubliable. Et puis il y a Sarah Paulson qui au fil des saison a prit de plus en plus d’importance dans la série ou encore Taissa Farminga, la petite soeur de la talentueuse Vera.

Evidemment le fil conducteur des acteurs aide forcément pour l’attachement, mais pas que, il y a aussi les génériques qui s’ils diffèrent garde la même essence, une musique jouant avec nos nerfs, de belles images de photos trash, et une ambiance glauque à souhait qui nous ferait presque dire que les génériques sont meilleurs que la série en elle-même. Et puis, bien sûr, il y a l’esprit AHS, en somme le même que pour Nip Tuck, du crash, des personnages amoraux ou carrément immoraux, des situations cruelles envers les personnages, et un jeu sur les clichés toujours présents quelque part, mais dynamité tant ils sont exploités et surdimentionnés. On ne cherche nullement le réel, mais ce qui va choquer, toujours plus loin, toujours plus cruel, plus trash, sans gore toute fois, ni de vrai horreur si ce n’est une ambiance délétère parfaitement immonde à certains moments. Jusqu’où pourrez-vous aller, telle est la question qu’on semble vous demander.

American Horror Story castL’ennui c’est que l’horreur n’est pas vraiment présente. Si à la deuxième et troisième saison on n’en attendait pas vraiment, la série semblant alors avoir trouvé son rythme et son ton, à la première on était supposé en avoir. Vraisemblablement l’équipe s’est elle-même rendu compte que ses tentatives d’horrifié le public en lui faisant bouh ne marchait pas, si l’ambiance est bien là, la mise en scène ne va pas assez loin, alors on change de cap, et on va dans le trash. C’est là que la série a vraiment rencontré son public, dans la saison 2 où elle a explosé ce qu’elle avait mis en place dans la première saison. Qu’on lui reproche son manque de subtilité, son côté grotesque, vendeur, parfois grossier on ne peut lui reprocher en revanche de ne pas marquer les esprits. En proposant des concepts forts, des scènes visuellement trash et angoissantes, elle s’est illustré dans le domaine et a gagné totalement le coeur de son public.

Pour ma part j’ai une relation compliquée avec American Horror Story. A la fois je la trouve fascinante, j’aime son concept, j’aime certaines de ses séquences qui à mes yeux sont de la pure horreur, comme la scène du viol dans la saison 3, ou bien la découverte du corps mutilé de la nymphomane encore en vie dans la saison 2, et cependant j’ai énormément mal à supporter les moments de niaiserie totale qu’on peut parfois avoir comme si brusquement nous étions dans une série pour ado typique américaine. Ces changements de tons brusques et nombreux malgré tout donne à la série un manque d’équilibre. Elle évolue avec plusieurs types de personnages, et parmi eux il y a des adolescents plutôt niais mêlé à l’intrigue, sans doute pour ravir un public plus jeune, sauf que ces personnages là moins travaillé et moins charismatique sont au mieux énervant au pire ennuyeux. Et l’accumulation de clichés supposés dévoiler tout un panthéon d’un genre particulier me donne à moi, public habitué au film de genre, une overdose et parfois un sentiment qu’on se fout de ma gueule, comme si citer tous les monstres de la création pouvait être horrifique en soi. Mais il y a des instants de grâce, comme le flashback au tout début de la saison 3 à la Nouvelle Orléans, qui me redonne envie avant que tous les défauts de la série ne finissent par me revenir en pleine poire!

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