[Critique] Voyages temporels et mutation génétique.

x_men_days_of_future_past_poster-widescreen_wallpapers

X-Men : Days of Future Past fait le raccord parfait entre First Class et la trilogie de Bryan Singer. La saga qui avait repris du poil de la bête après X Men Le Commencement  brillant de Matthew Vaughn se voit à nouveau chargée par Bryan Singer cinéaste toujours en deçà des espérances qui fournit une fois sur 4 un bon film et encore, je suis généreuse. Si la trilogie avait été qu’en partie foireuse, il n’y avait aucun doute quand à Superman Return d’un échec total et complet. C’est le problème aussi quand le réalisateur est aussi un fanboy tellement en quête d’une adaptation parfaite pour coller à l’esprit de la BD qu’il en oublie d’avoir de l’inspiration, de l’imagination et surtout son support est le cinéma et non le papier de bande dessinée. Bref quoi qu’il en soit, j’étais dubitative sachant qui était au commande et le résultat est plutôt bon comparé à ce qu’on pouvait en attendre.

Alors certes, ici la trame est ultra classique, la construction du film et de son scénario suit un schéma somme toute déjà vu, un évènement cause une quasi fin du monde, un héros choisi doit remonter le temps afin d’empêcher le dit évènement et pendant ce temps là ceux resté au moment présent doivent le protéger afin que la mission soit accomplie. Jusque là tout va bien. L’on voit ici apparaitre en ennemi les Sentinelles, ennemi des X-men qui selon la légendes auraient dû apparaitre dans la première trilogie mais en a été exclu par le producteur qui entre temps a prit sa retraite. Ca tombe bien puisque tout le scénario s’axe sur ces créatures de métal infernale qui afin d’accomplir leur mission de détruire les mutants vont menacer d’extinction le monde entier puisque ils tuent également ceux qui feront des enfants mutants, bref vous avez compris le topo. Ces robots géants semblent indestructibles et surpuissants.

Charles et Erik s'affrontant autour d'une partie d'échec.

Charles et Erik s’affrontant autour d’une partie d’échec.

Et donc le héros choisi est Logan, Wolverine qui semble soudainement bien impliqué dans tout ça, quand on sait que ce héros là a tendance à agir en solitaire et faire son marginal c’est amusant de le voir soudainement propulsé en héros leader des X Men destiné à rassembler tout le monde. Il part donc à la recherche du professeur Xavier jeune devenu drogué et alcoolique après la perte de ses gambettes et du jeune Erik futur Magneto devenu un prisonnier exceptionnel au pentagone (endroit où se déroulera 70% du film) étant donné qu’on l’accuse du meurtre de Kennedy, rien que ça! Toujours dans l’idée de lié l’histoire des mutants à la grande histoire, ce nouvel opus des aventures des mutants ressemble à un épisode de Doctor Who version Matt Smith. C’est souvent tiré par les cheveux, déjanté d’une certaine manière même si les héros se prennent tout le temps très au sérieux. On regrette que les personnages humoristiques comme le jeune Peter disparaissent assez vite pour laisser place aux sérieux et tristes sires engoncées dans leurs tourments intérieurs.

N’empêche que sous certains abords le film aborde des réflexions vachement sérieuses, comme la question du surarmement dans l’optique de se protéger, ou encore cette idée que l’Amérique a de toujours se chercher des ennemis, mais aussi et bien sûr la peur et l’angoisse que suscite l’existence de mutant au sein de la population qu’ils soient cachés ou révélés. L’ennui c’est que ces réflexions là sont assez vite balayées à la fin. Certes l’action l’emporte et on en a finalement pour notre argent avec une belle et sympathique scène de fin, mais le prologue, la conclusion teintée de sucre et de douceur laisse un goût amer comme le sentiment d’une vaste arnaque. Comme si en modifiant un détail on pouvait rendre le monde merveilleux et tout rose, éliminant le mal, et finalement proposant une fin qui ressemble vilainement à un reboot, sauf que contrairement à la saga James Bond qui avait réussit à produire cet effet là en rendant la chose très excitante, là c’est plutôt un « encore?! » désappointé qui nous saute à la gorge comme si on allait devoir tout se retaper. Personnellement j’aurais préféré une fin différente, moins heureuse, et plus généreuse, avec peut-être la réapparition de Emma Frost qui a été complètement zappé durant le film.

Peter Dinklage en ennemi des mutants.

Peter Dinklage en ennemi des mutants.

Mais ne boudons cependant pas notre plaisir, malgré ses quelques erreurs, son manque de subtilité et surtout une trace un peu trop présente d’opus précédent moins glorieux, X-Men : Days of Future Past reste un bon film d’action et de super héros où les combats sont lisibles et surtout généreux ce qui est rare ces derniers temps dans les blockbusters américains.

Publicités