Ténèbres et frayeur pour les agneaux silencieux.

affLE SILENCE DES AGNEAUX
Thriller.Réalisé par Jonathan Demme.
Avec Anthony Hopkins, Jodie Foster.
Sorti en 1991.
Budget de 19 000 000 $.
9 récompenses et 18 nominations.

 Synopsis: Un psychopathe connu sous le nom de Buffalo Bill sème la terreur dans le Middle West en kidnappant et en assassinant de jeunes femmes. Clarice Starling, une jeune agent du FBI, est chargée d’interroger l’ex-psychiatre Hannibal Lecter. Psychopathe redoutablement intelligent et porté sur le cannibalisme, Lecter est capable de lui fournir des informations concernant Buffalo Bill ainsi que son portrait psychologique. Mais il n’accepte de l’aider qu’en échange d’informations sur la vie privée de la jeune femme. Entre eux s’établit un lien de fascination et de répulsion.

Aux minuits de l’Opéra, j’ai eut la chance le revoir en salle, en pellicule, même si la copie était vraiment naze pour le coup. On aurait dit une séance grindhouse, à l’ancienne quoi. Et même si en tant qu’amatrice de film d’horreur je ne peux m’en plaindre complètement, la copie était vraiment vraiment abîmée ! Ceci dit ça prouve que le film a eu son succès…

Bref, je vais parler du film et non de la séance. 1613343000_small_2

Premièrement ce film est un chef d’oeuvre. Pas seulement parce qu’il a apporté beaucoup au cinéma, qu’il a parfaitement réussit à réunir le film d’horreur et le triller, mais aussi parce qu’il est magnifiquement réalisé, avec des putains d’acteurs (n’ayons pas peur des mots), et qu’il est absolument cultissime.

Si vous l’avez vu enfant ou adolescent et que vous n’en gardez qu’un souvenir un peu flou, revoyez le maintenant, vous serez étonné par la qualité du film, tout ce qu’il a pu apporter au cinéma, et le nombre de films qu’il a inspiré (tel Psychose en son temps). Il est d’ailleurs curieux de voir que Le Silence des Agneaux a de nombreux points commun avec Psychose (par ce qu’il apporté au cinéma, par l’effet choc qu’il a eut à sa sortie, et par le fait que les deux sont à la fois des thrillers et en même temps des films d’horreurs).

silence-des-agneaux-1991-06-gQue dire d’autre? La mise en scène est vraiment exceptionnelle.

L’atmosphère est particulièrement travaillée, oscillant entre l’horreur pure, avec les séquences où Lecter apparaît qui sont véritablement tournées comme des séquences de film d’horreur, Hannibal étant le symbole du mal incarné. A la fois intelligent, brillant, charismatique incarnant un diable tentateur, et en même temps pervers, insidieux, incarnation parfaite d’un Lucifer à visage humain.

Il y a aussi une tristesse pesante qui distille à elle seule cette atmosphère glauque et lourde provenant en grande partie de Buffalo Bill. Il représente à lui seul toute la souffrance humaine, le mal être, le pathos.

Clarrisse quand à elle représente à la fois l’innocence et l’héroïsme. C’est un personnage qui est symbolisé à la fois comme intouchable par le mal, et en même temps capable de ressentir de la compassion pour un psychopathe. Prêt à s’entacher pour sauver la prochaine victime. Catherine, la victime enlevée par Buffalo est elle aussi très travaillée, loin des stéréotypes habituels de la victime. Intelligente, forte, et en même temps réagissant de manière très réaliste.

le-silence-des-agneaux_30139_4ea5d2654f13c137cc000555_1320220503Bourré d’images et de symbolisme, il s’approche de la thématique de l’Exorciste sur ce point, car c’est à la fois une chronique d’un fait divers glaçant mais aussi un film qui parle du combat du bien contre le mal, d’une manière à la fois manichéenne mais aussi complexe, n’épargnant rien, aucun détail sordide à son spectateur, comme l’a fait Friedkin, Jonathan Demme nous enfonce au plus profond de cette abysse où aucune lumière ne semble pouvoir continuer à briller.

Autre élément présent, le réalisme accordé aux personnages qui ne sont ni tout blanc ni tout noir. Le spectateur peut ainsi éprouver de la compassion pour Buffalo, et peut aimer Lecter, pas seulement adorer le détester, mais se retrouver fasciné par Hannibal le cannibale.

silence-des-agneaux-1991-03-gDernier élément qui peut surprendre, c’est l’humour noir très présent. Comme si les personnages étaient capables de songer au ridicule de la situation ou tout simplement avoir un avis presque extérieur et analytique à la situation où ils sont pourtant parfaitement impliqués. Résultat, on a quelque chose de plus réaliste et en même temps de plus sombre.

Et la BO est à couper le souffle…

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