Top 5 des films de vampires

Ah le vampire, figure immortelle, immorale, libertine, mais aussi monstrueuse, zombie des temps plus anciens, incarnation d’une perfection damnée, elle envoûte, charme, et attire les cinéastes comme elle a attiré bien des auteurs durant le 19e siècle, pour autant, rare sont les bons films de vampires. En fait, on pourrait même les compter sur les doigts de la main.
C’est parti pour un

Top 5 des films de vampires

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1 – Les prédateurs de Tony Scott, 1983.

Annonçant les couleurs dès le début avec une intro expérimentale où se mêlent plusieurs images de sang et d’objets de cultes païen sur un fond de musique punk/rock, on débute sur une scène dans une douche plutôt hot entre Catherine Deneuve, la vampire immortelle et David Bowie qui incarne son amant lui aussi supposément vampire immortel. Pourtant, le film va nous montrer que justement non, il n’est pas immortel, comme si l’intérêt que lui portait son amante diminuant avait une influence directe sur sa jeunesse artificielle qui commence à flétrir (littéralement).

Voguant sur le thème de l’amour pour tracer le portrait au final d’être égoïste, mais aussi de véritables libertins, ils incarnent l’image du vampire telle qu’on la voit de nos jours. Créature sans pitié mais libre, qui est prête à n’importe quoi pour conserver cette jeunesse. Solitaire aussi, ne s’attachant à un autre que pour tromper l’ennui, comme le fait Catherine Deneuve dans le film.

Assez cruel avec ses personnages Tony Scott ne leur apporte aucune rédemption, mais leur offre cependant un écrin de velours avec des images d’une poésie folle, et un portrait plutôt tranchant sans être pour autant juge de leurs actions.

2 – Morse de Tomas Alfredson, 2008.

Venu du grand nord, Morse est un film qui se démarque de tous les films de vampires ayant été fait auparavant. Pas parce qu’il évoque une enfant vampire sans âge, Entretient avec un vampire avait déjà joué avec ce thème, mais plutôt parce qu’il parle d’un monde froid, cruel, celui des vivants, et la créature y semble simplement habituée, survivante de l’extrême, le vampire s’est simplement adapté à la société dans laquelle il évolue, et se montre plus cruel par conséquent.

Tranchant par sa violence, et ce qu’il évoque, Morse n’est pas un film qui joue sur la sympathie ou la compassion, il parle plutôt de deux être solitaires, de leur confrontation à un monde froid et hermétique qui ne veut pas d’eux, il parle aussi d’un amour platonique puissant, le tout sans pour autant jouer sur l’aspect déviant pourtant bel et bien présent dans le film.

Poésie froide presque glaciale, envoûtante histoire de vampire ou peut-être juste d’enfants.

3 – Martin de George A. Romero, 1977

Film de vampire sans en être un, Martin est un jeune homme semblant ordinaire qui pour autant traque le sang de ses victimes sans crocs mais avec une seringue, qui vit chez son oncle avec lequel il entretient une relation étrange. Martin ère à longueur de journée dans un Braddock industriel désolé de Pennsylvanie.

Si Martin et sa famille semble convaincue de sa nature vampirique, nous on doute, on se questionne, car jamais aucune explication ne vient nous conforter dans nos soupçons. Et finalement on se demande s’ils ne sont pas tous psychotiques. Vampire ou pas, Martin demeure un adolescent isolé, désœuvré, qui ère sans but dans une ville fantôme ou presque. Sociétal comme toujours Romero dresse ici le portrait d’une Amérique profonde névrosée et étriquée.

4 – Aux frontières de l’aube de Kathryn Bigelow, 1987

Culte, le film de Kathryn Bigelow est une balade onirique en plein désert dans une atmosphère punk des années 80. Le film est à mi chemin entre Hitcher et Mad Max. Difficile de ne pas se laisser aller devant cette atmosphère puissante créer par la nuit sur ces dunes désertiques, ces paysages fantomatiques, où la terre ensablée se mêle à l’industrie lourde, où la poussière donne une ambiance de western moderne fantastique.

Histoire d’amour, Aux Frontières de l’Aube parle aussi de maturité, de grandir, le gang formé par les vampires pourrait tout aussi bien être un simple gang de délinquant pratiquant l’hyper violence dans le style de Alex et sa bande dans Orange Mecanique, et la famille américaine et ses valeurs sont présentes, comme retenant le héros, hésitant, on dirait le parcourt d’un adolescent confronté à la violence des rues, tenté d’y appartenir, essayant de résister à la tentation.

Si l’imagerie a vieillie, le thème et le message profond reste résolument moderne, quand à la poésie des images et de la musique, elle est immortelle.

5 – Byzantium de Neil Jordan, 2013

Neil Jordan s’était déjà affirmé dans le genre avec Entretien avec un vampire, qui, il y a quelques années, aurait figuré dans ce top, pousse la thématique de la créature solitaire et prédatrice un peu plus loin en s’éloignant de l’ombre mélancolique de Anne Rice pour se lancer dans une guerre des sexes, un film féministe, et plein de vitalité.

Vitalité, c’est ce dont regorge Clara, pulpeuse, courageuse, volontaire, son personnage emprunt de mystère, au passé douloureux patiné d’un martyr purement féminin, elle se montre amorale, brutale, viscérale et meurtrière. Sa soif de liberté est totale et semble aux antipode de la mélancolique Eleanor, éternelle étudiante, femme enfant ayant soif de vie normale, et de se poser, d’aimer.

Les deux s’opposent et pourtant s’unissent face à la Fraternité, ennemi mortel, sorte d’entité paternaliste et moralisatrice au possible. Les femmes ici représenté par Clara sont la vie, l’impulsivité, et parfois aussi possessive qui s’accroche à sa fille. Un excellent film qui navigue en eau trouble et s’en tire admirable s’éloignant des clichés.

Et vous, quels films de vampires vous ont fait vibrer? Quel serait votre top 5? Qu’est-ce que vous aimez dans les films de vampires, et qu’est-ce qui vous déplait aussi dedans si le genre vous déplait.

Quel est votre top 5?

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