L’amour du pouvoir dans les séries

house-of-cards

Breaking Bad, Game of Thrones, House of Card, décidément les séries US sont orientées autour du pouvoir, ne se contentant pas d’observer les batailles pour le pouvoir, ces séries excellent en mettant en scène un anti-héros qui aurait jouer les méchants dans des temps plus anciens, et qui dévoilent au cours de leur pérégrination une ambition folle, un certain manque d’humanité et de compassion, et surtout un goût immodéré pour le pouvoir !

 Qu’est-ce qui se cache derrière la soif de pouvoir dans les séries actuelles?

Est-ce que l’ascension de séries tournant autour d’un personnage volontairement méchant — pas exactement par goût du sadisme ou volonté d’être un super méchant mais simplement de par son ambition dévorante et son absence totale de remords face à ceux qui paieront les frais de son ambition — démontre une société tournée vers un culte du pouvoir absolu que cultivait déjà d’autres séries comme Profit ? Non, ça serait plutôt l’inverse. Les séries autour d’anti-héros d’un nouveau genre, attirés par le pouvoir comme dans Boardwalk Empire sont véritablement apparue depuis quelques années.

Elles sont sans doute, peut-être, le signe d’un certain regard. Nous sommes à une époque désabusée, où les multiples crisent ont finit par laminé tout espoir, tout croyance en l’idéal de démocratie. Les consciences s’éveillent, et chacun se rend compte que ceux qui dirigent sont au fond tous pareils, nourris par l’ambition, et comme le disait un personnage dans la mini série anglaise The Politician’s Husband s’ils dépensaient la même énergie dont ils usent pour planifier leurs coups pour résoudre le chômage, ce problème n’existerait sans doute plus. C’est un regard totalement différent qu’aujourd’hui les séries tv portent sur la politique et ceux qui accèdent au pouvoir, un regard bien plus acéré et tranchant même si tout le monde finit par s’attacher à l’abominable Franck Underwood.

Ce n’est pas l’envie de ressembler à Walter White qui nous poursuit durant la série Breaking Bad où l’on assiste à la chute de l’humanité du personnage et à un changement profond de sa personnalité qui s’inverse complètement. On serait plutôt glacé de terreur en voyant comment un père de famille tout à fait ordinaire se transforme peu à peu en monstre. Et au fond c’est la même dynamique qui tisse la toile de fond de Game of Thrones, ceux refusant de laisser l’ambition transformer leur cœur se voit sacrifiés sur l’autel du pouvoir, ne survivent, ne gagnent que ceux qui se montrent impitoyables. Dans House of Card le moindre signe de faiblesse est fatal (dans le sens littéral du terme).

Les séries reflètent-elles la société actuelle?

Ces séries démontrent à merveille les ressorts du monde actuel et du fonctionnement des hautes sphères du pouvoir. A l’instar de tous ces effrayants et pourtant réalistes documentaires sur le monde de la finance, l’origine de la crise, la forte probabilité d’une chute de notre civilisation — Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde —, les séries pointent du doigt les travers de notre société, mais plus encore en sont le reflet, comme le pop art était à son époque le reflet d’une société de consommation.

Publicités