Fantôme, vous avez dit fantôme?

ju-on-the-grudge-2003-001-megumi-okina-takako-fuji-yuya-ozekiAujourd’hui, je veux vous écrire non pas une critique ni une chronique sur une série mais plutôt vous parler de fantôme et de frayeur. Dans le film d’horreur, on trouve de nombreux sous genre. Ca va du Torture Porn (Hostel, Saw, Guinea Pig) au Slasher (Vendredi 13, Rosemary’s Killer, Halloween) en passant par bien des déclinaisons avec, en tête, le film de monstre (Godzilla), le film gothique à la Hammer ou bien le film de fantôme, genre illustre qui n’a pas perdu sa flamme.

Les fantômes ont un accès au cinéma plutôt privilégié. Ils échappent aux complaintes habituelles sur le gore et la violence gratuite. Ils touchent tout le monde! Qui n’a jamais eu peur, seul dans le noir, dans une vieille maison avec une vue directe sur le cimetière? Ils sont immortels, intemporels et internationaux. Ne vieillissant pas ou peu, ils ont un véritable avantage sur les tueurs en séries des Slashers -même si ces derniers les imitent parfois- ou sur les bourreaux des tortures porn; Ils sont partout et surtout là où on ne les attend pas. Un fantôme peut faire n’importe quoi ou presque. Il terrifie parce qu’il symbolise une peur antique et immuable d’errer pour l’éternité sans but sur terre ou peut-être de voir les morts se relever. Ils symbolisent tant de chose, l’amour faisant parfois partie de l’équation mais on a plus souvent affaire à des fantômes vengeurs, film d’horreur oblige.

Toujours présents, les fantômes glaçant des œuvres gothique deviennent plus drôle dans les années 80 et dans la comédie, où ils s’épanouissent. Ils peuvent finir par devenir l’ombre d’eux-mêmes, par perdre de leur superbe jusqu’à ce que les fantômes japonais entrent dans la danse. Effroyable, inéluctable, impérieux, invincibles, ils sont le reflet d’une culpabilité qu’on ne peut effacer. Shutter, d’une empreinte maléfique dans un lieu qui va peu à peu contaminer tout le monde. The Grudge, ils expriment une terreur absolue, intacte et puissante qui palpite à travers la pellicule, qui nous transperce d’un regard morbide. Les lettres de noblesses sont écrites par Kurosawa pour qui les fantômes font parti intégrante de son œuvre et par Nakata, qui signe le sublime et magnifique Dark Water, dévoilant une histoire touchante et nostalgique au delà de la terreur. N’oublions bien sur pas The Ring, qui va débuter une nouvelle ère.

Le fantôme semble revenu en force. On le croise à nouveau dans le cinéma américain avec des films comme Insidious ou The Conjuring, mais aussi dans le cinéma anglais avec La Dame en Noir. Il apparaît alors comme nouveau, ayant apprit de nouveaux jeux, de nouveaux langages pour surprendre un spectateur qui se croyait lassé. Ainsi il démontre la force inhérente qu’il possède, toujours aussi intacte, toujours aussi vivace. Il suffit de vous plonger dans un Loft ou un Les Autres pour vous en convaincre, d’autant que les espagnols ne sont pas en reste sur le sujet, L’orphelinat ayant amené ses petits. Désormais, il est de ces genres qui comptent, et chaque année voit de nouveaux fantômes hanter la pellicule, même si celle-ci s’est numérisée en chemin…

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