Aux yeux des vivants, troisième long métrage des irréductibles du cinéma de genre français.

ImageAUX YEUX DES VIVANTS
Sortie en salle prochainement
Réalisateur: Alexandre Bustillo et Julien Maury
Interprètes: Béatrice Dalle, Chloé Coulloud, Francis Renaud, Theo Fernandez, Zacharie Chasseriaud.
France 2014
1h35min

Après le sanguinolent et poignant à l’Intérieur, après l’onirique balade de Livide, voici le retour de Bustillo et Maury après une tentative de départ aux US. Comme beaucoup de cinéastes de genre français, nos deux compères ont été appelés par les sirènes d’Hollywood où ils reçurent moult propositions qui s’avérait décevantes. Ce ne sont pas les premiers à fuir vers cet eldorado qui ne l’est que sur le papier. Pascal Laugier, l’auteur de Martyr et plus récemment The Secret avait lui aussi vécu une expérience semblable où le projet s’embourbe assez vite en dépit de la bonne volonté de toutes les personnalités réunies autour du projet. De retour en France, c’est du côté de Metaluna, en passant par le système du crowfunding qu’ils obtiennent les financements pour s’envoler pour la Bulgarie où ils trouveront de quoi tourner leur vision fantasmée de la jeunesse de Stephen King.

Très ambitieux, le projet promettait beaucoup, d’autant qu’après ces deux films plutôt réussit, autant dire qu’on en attendait beaucoup. A l’arrivée, c’est une cruelle déception. Souffrant d’un mauvais scénario, bourré de clichés sur le cinéma américain, avec des personnages mal brossés, il est très difficile d’éprouver la moindre empathie pour eux, et surtout manquant cruellement de crédibilité dans l’ensemble le film est difficilement sauvable. [ on peut noter des dialogues et certaines répliques succulentes qui seront probablement cultes dans quelques années si le film parvient à avoir une certaine notoriété ] Pourtant, il y avait là de véritables bonnes intentions! On sent toute la bonne volonté, presque naïve, des deux réalisateurs, on sent le poids d’une nostalgie enfantine, mais ce poids trop lourd les emporte.  Et ainsi s’enchaîne les fautes majeures. Le film se tire à bout portant dessus (pas seulement dans le pied). En dehors de quelques répliques pas piquée des hannetons, quelques instants volés où il y a quelque chose de présent, on s’embourbe sec, on se noie, on essaie de se raccrocher à quelque chose mais il n’y a rien, que des erreurs, des fautes de débutants qui semblent d’autant plus étrange que les deux réalisateurs n’en sont pas à leur coup d’essais.

Comment une telle catastrophe a pu se produire? Le film était normalement destiné à être tourné et produit aux Etats-Unis, c’était supposé être l’enfance fictive de Stephen King, l’idée était d’ailleurs bonne, mais tout s’emmêle et très vite, dès la scène d’introduction, on manque de consistance, on enchaîne les erreurs, on perd toute crédibilité. Inutile de citer les innombrables fautes et erreurs, le film en est criblé. Espérons que ce mauvais et fâcheux épisode ne sera qu’une erreur de parcourt, et qu’ils sauront redresser la barre pour le prochain!

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