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Le Diable RougeS’il est rare que je fasse de la publicité pour mes écrits ici, je me suis décidée à le faire car la thématique vous plaira sans nul doute. Cette nouvelle, écrite à l’origine pour un appel à texte, rend hommage à Edgar Allan Poe, aux romans gothiques du 19e ainsi qu’au giallo.

C’est l’histoire de Vassily, prince saigneur de Moscou régnant sur les créatures de la nuit tandis que son cousin, le Tsar Nicolas II règne sur les mortels. Lorsque la révolution éclate, Vassily craint pour sa cour et décide d’emporter celle-ci en Sibérie en attendant que l’orage ne passe. Il emportera avec lui, dans sa fuite, Valentin, nécromancien tzigane, et Yulia, petite médium catholique possédée.

Amateur de récits fantastiques, de romans gothiques, et de romans historique vous prendrez plaisir à plonger dans l’univers glacé de LE DIABLE EN ROUGE !

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Alita : battle angel de Robert Rodriguez, 2019

une-nouvelle-bande-annonce-pour-alita-battle-angel-facebook-desktop-178503En 2563 soit 300ans après l’effondrement, dans la cité « dépotoir » de Iron City, le docteur Ido découvre dans la décharge sauvage à ciel ouvert le corps d’une cyborg dont le cerveau et le cœur ont été préservé en dépit de la chute. En effet tout ce qui se trouve dans la décharge provient de la cité de Zalem, cité céleste et huppée surplombant Iron City. Ido parvient à offrir à la jeune cyborg un corps, celui de sa défunte fille, et un prénom : Alita. Cette dernière n’a cependant aucun souvenir de sa vie passée.

Alita croise la route de Hugo, un détrousseur de cyborg, qui rêve comme tout le monde d’aller à Zalem. Hugo tombe vite sous le charme d’Alita et lui parle de son rêve ainsi que du moyen le plus rapide de gagner Zalem, en fait l’unique moyen légal : gagner les courses de Motorball, une course où tous les coups sont permis. Alita se découvrant des réflexes défensifs et combatifs pense pouvoir aider Hugo à accomplir son rêve.

18127670lpw-18127732-embed-libre-gunnm-jpg_5971842Adaptation cinématographique du manga GUNNM, ALITA BATTLE ANGEL est un projet mené par James Cameron depuis des années. En effet il avait déjà le scénario d’écrit avant de réaliser AVATAR mais n’avait pas la technologie nécessaire afin de donner vie au cyborgs qui émaillent le manga. Sorti un an après READY PLAYER ONE, Alita semble de prime à bord jouer dans la même cour que le dernier long métrage de Spielberg : univers cyberpunk, personnage de héros qui va changer le monde, le tout en surfant sur la nostalgie des années 80. Mais à bien y regarder Alita a peu de choses en commun avec Ready Player one.

alita-battle-angel-photo-alita-1065873Premièrement le film est une adaptation d’un manga de cyberpunk sorti en 1990. En fait le film s’approche d’ailleurs plus des OAV qui avaient été produit à l’époque de la sortie des mangas. Ce n’est donc pas comme READY PLAYER ONE un film surfant sur les œuvres de la pop culture mais plutôt l’adaptation d’un manga qui fait parti de la pop culture, et la différence est de taille. Alita ne s’amuse pas à balancer des références toutes les deux secondes mais se concentre plutôt à tenter de retranscrire au mieux l’univers dépeint par Yukito Kishiro.

alita-battle-angel-759-1Le film est plutôt fidèle, aux personnages d’abord, Alita a le même mélange d’innocence et de soldat née que dans le manga, Hugo les mêmes rêves de grandeur impossible et la même trajectoire tragique, enfin Ido est très ressemblant, en effet le choix de l’acteur est troublant dans la ressemblance avec le personnage dessiné. Mais le film s’éloigne du manga dans son production design. La cité d’en bas dans le manga ressemblait plus à un quartier industriel qu’à un bidonville. Ensuite, le manga était beaucoup plus violent et gore, le film en revanche est plutôt propret à cet égard.

Néanmoins, il faut rappeler que l’un est une œuvre japonaise faite pour une société qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit d’ajouter des scènes gores, violentes ou sexy. A contrario, les américains sont plutôt pudique et s’autocensure bien volontiers quand on touche à la violence comme au sexe. Cette différence n’est donc pas aberrante quand on replace chaque œuvre dans son contexte.

AlitaBattleAngel_FP1Produit par James Cameron et réalisé par Robert Rodriguez (SIN CITY), le film est soigné, et possède des scènes vraiment prenantes comme l’attaque dans le bar de guerrier chasseurs ou encore la scène de Motorball assez incroyable. Tout comme on avait retenu la scène de course poursuite de READY PLAYER ONE, la scène de Motorball de ALITA imprime la rétine et laisse un souvenir mémorable. Cependant, le reste du film est de bonne facture, et les premières scènes d’Alita apprenant à maîtriser son corps sont même d’une certaine poésie.

Malheureusement, le film ne bénéficie pas de bons échos dans la presse qui a décidé de lui prédire un naufrage financier. On lui espère tout le contraire. Car si James Cameron a fait l’effort de construire ses décors en durs, personnellement c’est surtout les scènes d’interaction d’Alita avec un chien par exemple qui m’ont bluffé. Il y a une certaine beauté dans Alita, et une puissance évocatrice d’une mise en scène ambitieuse. Et avec la fin ouverte qu’on lui connaît, on espère sincèrement qu’il y aura une suite avec la même qualité de production !

 

Mission impossible 6 : Fallout

Mission-Impossible-Fallout-postervdA mesure que le temps passe, que les blockbusters américains se numérisent, ne se font plus que sur fond vert, les films tournés à l’ancienne, avec des cascades réalisées en « vrai », sur des décors naturels, avec des risques pris, des cascadeurs continuant d’opérer la magie en prenant des risques considérables sont de plus en plus remarquables et admirés comme peuvent l’être les perles perdues au milieu de la mer, enfermées dans des huitres imprenables à la beauté sauvage ensorcelante.

4850059.jpg-r_640_360-f_jpg-q_x-xxyxxIndéniablement, Tom Cruise fait parti de ces résistants à l’ère du numérique, de ces battants qui continuent de rechercher le « vrai » cinéma, de faire perdurer la magie de celui-ci, de perpétuer sa tradition de spectacle forain. Car ce dernier a été fait par des magiciens (George Méliès avec son Voyage à la Lune), des forains (William Caslte qui ajoutait des squelettes au plafond des salles de cinéma pendant la projection de La Nuit de tous les mystères) et continue de prouver que ce qui le constitue reste de l’attraction avec les séances de 4DX où les sièges bougent au rythme des mouvements du film. C’est ainsi que la saga mission impossible s’est dédiée davantage à offrir un spectacle ultime au spectateur qu’à raconter des histoires compliquées d’espionnage. Ainsi l’amateur éclairé de John LeCarré sera déçu indéniablement, tandis que l’amoureux des films d’actions à l’ancienne à la James Bond sera parfaitement contenté par le dernier opus en date de la saga incarnée à l’écran par le dernier nabab d’Hollywood, Tom Cruise.

henry-cavill-et-angela-bassett-dans-missionImpossible de parler de la saga sans évoquer la star qui a fait de cette saga son étendard. Mission Impossible est l’incarnation du fonctionnement même de Tom Cruise. Sa recherche perpétuelle de spectacle de haut niveau, son exigence physique mais aussi et surtout, sa quête cinématographique à travers le choix de réalisateurs qu’il vient chercher pour leur talent mais aussi pour leur potentiel. A l’inverse des studios Marvel et Disney qui font appel à des jeunes réalisateurs talentueux mais pour leur demander de répondre à un cahier des charges très précis où toute originalité et inventivité est absolument proscrite, Tom Cruise lui laisse le réalisateur complètement libre de s’exprimer. Ainsi chaque volet de la saga ressemble tout autant à son réalisateur (impossible de confondre l’épisode 1 de Brian de Palma avec le 2 de John Woo).

Tom-Cruise-Mission-Impossible-Motorcycle-Stunt-Photos-LongCet épisode 6, Fallout, est le second opus réalisé par le talentueux Christopher McQuarrie. La caméra de ce dernier, en pellicule, il faut le souligner, capte parfaitement les mouvements de ses acteurs, les épouse afin de donner un sentiment de vitesse vertigineux au spectateur, enchaînant vertige et fascination, sentiment de grandeur presque effrayant dans une conclusion aussi épique que titanesque. Entre la course poursuite infernale dans les rues de Paris, le parcours sur les toits de Londres et l’impossible course poursuite en hélicoptère finale, le film rend hommage aux heures de gloire de James Bond (impossible de ne pas y voir une référence avec la voiture choisie, une ancienne BMW) qu’aux Taxi de Luc Besson ou encore aux films d’actions buriné des années 80 et à tout un pan du cinéma d’exploitation aujourd’hui complètement disparu, en tout cas du cinéma américain.

mission-impossible-falloutdskqspodA l’instar de Mad Max Fury Road, ce petit bijou cinématographique est d’autant plus ressenti comme un chant du cygne qu’il est le probablement le dernier de son espèce décidément en voie de disparition. Désormais c’est aux Marvel, aux Ready Player One et aux Star Wars tout en images de synthèses parfois réussites, parfois totalement désastreuses (Justice League en a fait les frais, d’ailleurs, Mission Impossible 6 est aussi appréciable pour la fameuse moustache d’Henry Calvill.) que nos écrans auront le droit. Cependant, il ne faut pas être définitif, si l’on veut continuer à voir des cascadeurs flirter avec le virtuose, il reste le cinéma asiatique qui n’a pas dit son dernier mot comme le prouve la saga The Raid.

mission-impossible-fallout-photo-vanessa-kirby-1029424Fort de ses cascades, réalisées toutes en grande partie par Tom Cruise en personne, le film doit aussi beaucoup au reste de son casting. Evidemment, on est immédiatement capté par la moustache de Henry Calvill, au cœur d’une mini tempête hollywoodienne puisqu’elle a valu à Justice League de devoir l’enlever numériquement sur tous les plans réalisés en retakes (tournage de plans supplémentaires faits après la reprise du projet par Joss Whedon). L’acteur qui incarne Superman habituellement joue ici un parfait connard qu’on adore détester. On devine le plaisir du comédien à jouer un méchant, plaisir manifeste également pour l’actrice Vanessa Kirby, connue pour son rôle de la princesse Margaret dans la série The Crown qui excelle dans le personnage de la blonde beauté fatale, taquine et mesquine, capricieuse et vénéneuse.

C4894539ôté équipe, on retrouve l’éternel Ving Rhames dont le rôle ne cesse de s’épaissir au fil de la saga mais qui aurait pu trouver la mort au début du film. En effet, à la base son personnage était supposé mourir dès le début du film. Le comédien a cependant refusé d’être le black qui meurt au début. Choix qui nous comble de bonheur puisqu’avec Tom Cruise, c’est la base de l’équipe Mission Impossible. Base qui se retrouve consolidée par Simon Pegg qui remplace avec brio sur le terrain Jeremy Renner. Enfin, seul regret c’est de ne pas voir plus Rebecca Ferguson, l’équivalent féminin de Tom Cruise et surtout, personnage qui conserve encore de son mystère. Son personnage est encore en prise avec le MI6, contrairement à Ethan Hunt qui a prouvé sa valeur.

 

mission-impossible-6-photo6-2000x940-2cd298-0@1xC’est d’ailleurs le seul reproche que je ferais au film, c’est de tenter une remise en doute d’Ethan Hunt vis à vis de la CIA. Une éternelle opposition entre l’équipe Mission Impossible et la CIA qu’on a vu déjà par deux fois dans les deux derniers opus et qui commence à devenir redondant. Sachant le funeste destin du personnage de Alec Baldin, on espère voir Angela Basset prendre le relai en tant que décisionnaire et peut-être à l’avenir voir Tom Cruise céder plus le terrain et l’action à Rebecca Ferguson. S’il est toujours plaisant de voir Tom Cruise sauter depuis les toits, on se demande combien de temps il pourra encore pratiquer ce sport. A noter que le film joue là dessus, demandant si ce n’est pas un sport de jeunes, si l’équipe Mission Impossible n’est pas trop vieillotte et ridicule. Questionnement qu’on retrouvait également en 2012 dans l’excellent Skyfall. Il est intéressant de voir le rapprochement niveau thématique comme niveau excellence de l’image et des cascades des deux grandes sagas d’espionnage et d’action. Sans doute aujourd’hui, les seules sagas cinématographique à encore faire la part belle aux véritables décors et aux cascades époustouflantes.

Ready Player One de Steven Spielberg, 2018

whereyatcom_859490103Adaptation du roman PLAYER ONE d’Ernest Cline, cité au scénario, READY PLAYER ONE est la dernière réalisation de Steven Spielberg. Film vendu comme le film « doudou » nostalgique des années 80 et 90 marquées par le cinéma d’Amblin, la société de production de Steven Spielberg, ultime puisque ultra référencé comme le roman, et réalisé qui plus est par Spielberg, le maître du genre.

ready-player-oneC’est l’histoire de Wade Watts, jeune joueur fan obsessionnel du créateur de James Halliday. Ce dernier a lancé à sa mort un grand concours au sein de son monde l’OASIS, un monde virtuel où tout est possible avec divers monde plongeant les joueurs dans des univers totalement différents. James et ses amis devront combattre les Sisters, l’armée de IOI le concurrent de l’OASIS désirant obtenir le monopole total de ce monde virtuel devenu valeur refuge d’un futur désespéré.

Effectivement, l’univers d’OASIS, en somme une sorte de gigantesque MMOPRG aux univers polymorphes et référencés, permet de rendre hommage plutôt au jeux vidéos qu’au cinéma de Spielberg, ce que choisi de faire ce dernier en s’éloignant un peu du roman. L’ennui étant que le film est porteur d’un double discourt, dans un premier temps, il veut justement racheter quelque part l’image du geek, du joueur complètement projeté dans les jeux vidéos, ainsi Wade déclame son amour du jeu vidéo dans un monologue en déclarant y avoir rencontré ses amis et même l’amour, et cependant à la fin, le film change de discourt en incitant les joueurs à abandonner les manettes le temps de profiter du monde réel.

ready+player+oneOr le monde réel du film n’est justement pas vraiment abouti. On n’y voit qu’un quartier, et l’enceinte de l’entreprise du méchant. Le monde futuriste dépeint s’arrête là. On doit se contenter de ce que nous raconte le héros sur l’avenir, disant que le monde est sans espoir d’où le refuge dans le monde virtuel. On a du mal à croire à ce futur où la seule économie mondiale repose sur le jeu vidéo. D’autant qu’on sent une critique sous-jaçante de cet univers de jeu vidéo et du fait de s’y plonger autant. On ne peut s’empêcher de trouver ridicule les personnages chaussés de casques aux gestes répétitifs que nous montre la caméra panoramique du début. Un contre discourt qui trouble un peu.

ready-player-one-background3Discourt également dérangeant, c’est le côté élitiste du geek. Le film nous dit, à travers ses tests, et la séquence d’affrontement entre le héros et le méchant, qu’on n’est un véritable geek que si l’on a les bonnes références. Tu n’es pas un vrai fan si tu n’as pas vu tel film, vu telle œuvre, discourt d’autant plus dérangeant qu’il pousse encore plus le côté élitiste qu’on voit apparaître dans la cinéphilie actuelle. En effet, on ne peut que regretter de voir le fossé entre les critiques et les cinéphiles d’un côté face au public « populaire » de l’autre, fossé qui s’est d’autant plus creusé avec les derniers blockbusters.

unnamed_2_1440x810.0La fin ne fait pas seulement zapper tout ce qui a été dit précédemment, mais est également « facile » scénaristiquement parlant. Le méchant a l’occasion d’en finir avec le héros, et baisse tout simplement les bras. La police qu’on n’a jamais vu présente auparavant apparaît, telle la cavalerie. Cette fin totalement décevante et facile paraît inconcevable de la part d’un cinéaste comme Spielberg qui maîtrise autant sa caméra que son scénario. Peut-être y a-t-il des explications dans une opposition entre l’auteur et Spielberg. Quoi qu’il en soit, le fond, le scénario est assez mauvais, dans le sens où le film est bourré de cliché, et de moment « attendu » comme la séquence de rencontre IRL entre le héros et la fille, où son seul défaut est une tache de naissance.

ready_player_one_sdcc_04.36Pour tous ceux connaissant des univers tel que SHADOWRUN ou encore CAPRICA, le film READY PLAYER ONE est loin d’aller jusqu’au bout de tout ce qu’il aurait pu décrire, dans ce monde futur. En effet, il est intéressant de voir comme IOI exploite les gens et le fait en utilisant les lois qu’il paraît promulguer lui-même. Pourtant, à aucun moment le film n’en profite pour pousser plus loin, et ne serait-ce que décrire le monde au delà du héros et du méchant.

Le film se veut une ode à la culture geek et à la fois stigmatise par son discourt final et son plan d’ouverture, les geeks. Il y a une dichotomie entre le film nous montrant comment l’univers virtuel peut reconstruire une sociabilité impossible pour certains dans le réel, et la mise en scène du monde réel ridiculisant ces joueurs. La problématique du film est sans doute de trop se concentrer sur l’univers virtuel, magnifique et virtuose dans sa mise en scène, tandis que le monde réel paraît inachevé, brouillon et trop manichéen.

496536-readyplayerone-56b7d103-d459-4ff3-89ac-e6342be40e01Si le film ne vaut donc ni pour son fond que pour son message presque un peu « vieux con », en revanche, Spielberg montre par sa mise en scène une totale maîtrise des effets spéciaux et du motion capture. Caméra virtuose dans la séquence de course poursuite, apparition d’un King Kong majestueux et absolu, séquence dans Shining totalement magique et magnifique. Spielberg démontre une nouvelle fois (s’il en avait besoin) sa maîtrise merveilleuse de la caméra, et de la technique également. Il suffit de revoir aujourd’hui JURASSIC PARK pour voir que les effets spéciaux n’ont pas vieilli. Ici encore, il démontre un talent indéniable pour mélanger les prises de vues réelles et les effets spéciaux. En effet, là où Spielberg donne une piste pour le cinéma futur, c’est dans la fluidité entre le passage entre le motion capture et les prises de vues réelles.

Peut-être, finalement, que comme AVATAR l’avait fait à l’époque, READY PLAYER ONE n’a rien à apporter sur le fond, mais sur la technique, et fera avancer le cinéma par sa démonstration technique qui démontre qu’on peut parfaitement faire des performances en motion capture de grande qualité.

La forme de l’eau de Guillermo Del Toro, 2018

http _o.aolcdn.com_hss_storage_midas_47f71b7099f1eb03441efe4b336de05d_206142172_4836834.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxGuillermo Del Toro raffle tout aux Oscars avec LA FORME DE L’EAU, son dixième film. Comme souvent avec les Oscar, ils nous donne l’impression d’arriver trop tard – LE LABYRINTHE DE PAN méritait amplement l’Oscar du meilleur film – et de sacraliser un réalisateur alors qu’il amorce ce qui paraît être la pente descendante de sa carrière.

2d17c15d1734f69043f4162104aa0dee-oscars-la-forme-de-l-eau-grand-favori-avec-13-nominationsCertes, LA FORME DE L’EAU est pleins de qualités, conte graphique et magnifique sur l’amour au delà des apparences, l’ouverture d’esprit, avec quelques piques timides mais néanmoins présentes sur le machisme, l’homophobie ou encore le racisme. Mais ces qualités doivent surmonter également quelques défauts, comme la trop grande ressemblance avec le cinéma de Jean Pierre Jeunet (entre la coloration du film, l’esprit naïf de son héroïne et le look adopté de celle-ci qui n’est pas sans rappeler fortement LE FABULEUX DESTIN D’AMELIE POULAIN) et la ressemblance également étonnante avec L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR de Jack Arnold (certes c’est un hommage évident mais LA FORME DE L’EAU ne parvient à se distancier de sa référence et reste dans son ombre).

uploads_f8bfc084-016b-4740-acbc-9f1c49e8adab_0423038.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxGuillermo Del Toro a toujours été dans l’hommage mais depuis quelques années, et ses trois derniers films, son cinéma tient moins du récit original (et engagé) que de l’hommage presque englué dans ses références. De PACIFIQUE RIM avec les méchas et les kaijus, à CRIMSON PEAK qui ne parvenait à se tirer de sa référence graphique et narrative au cinéma gothique, il semble que le réalisateur mexicain ne parvienne plus à écrire quelque chose de personnel et d’intime comme il avait pu le faire avec CHRONOS, L’ÉCHINE DU DIABLE ou encore LE LABYRINTHE DE PAN. Peut-être est-ce parce qu’avec ces trois films, il a dit tout ce qu’il avait à dire de l’enfance, des traces laissées par les erreurs des adultes sur les enfants ou de l’impact du monde cruel des adultes sur l’enfance. Et qu’il cherche par LA FORME DE L’EAU a tout simplement réinventer son cinéma.

la-forme-de-l-eau.20180305010610Hélas, la sacralisation au Oscar d’un film qui certes est d’une beauté et d’une émotion intense mais sans originalité et à la saveur déjà éprouvée, pourrait bien amener le réalisateur à continuer ces films construits comme des jeux d’enfants, composés de plusieurs imaginaires et univers préexistant, à la façon de fanfiction. Mais il est difficile de s’y résoudre lorsqu’on a goûté à son univers moins référencé et plus original comme l’étaient ses premiers films. Espérons qu’il achèvera ce cycle de références et d’hommage pour revenir à un cinéma plus frondeur et moins timide, où les monstres auront leur mot à dire.

la-forme-de-l-eau-photo-sally-hawkins-1007827Car c’est ce qui est dommage avec LA FORME DE L’EAU comme avec ses deux précédents films, c’est que les monstres sont devenus des faire-valoir qu’on exhibe, des objets de fascination (LA FORME DE L’EAU) ou de répulsion (PACIFIQUE RIM), des objets de craintes (CRIMSON PEAK) mais ne sont pas ceux qui s’expriment. Dans L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR, le film commençait du point de vue du petit groupe d’explorateur et finissait par adopter le point de vue de la créature comme l’avait fait plus tôt KING KONG, mais dans LA FORME DE L’EAU, la créature n’agit qu’en réaction et jamais par elle-même, excepté à la fin, dans un final certes éblouissant, mais qui reste timide. La phrase qu’à le personnage de Michael Shannon (excellent comme toujours) à la fin ouvre sur tout un imaginaire qui restera laissé au spectateur, pas exploré du tout.

the-shape-of-water-590x308Le film souffre d’être réalisé uniquement en studio, et comprimé dans l’univers de l’appartement certes stylisé mais cependant relativement petit de l’héroïne. Etant donné la part belle donnée aux effets spéciaux numériques, on aurait pu espérer découvrir un peu plus l’univers dont est originaire la créature, et lui donner de fait, plus de consistance. C’est la même frustration que j’avais déjà éprouvé dans PACIFIQUE RIM. De fait, Guillermo Del Toro refait LE FABULEUX DESTIN D’AMÉLIE POULAIN en se cantonnant à rester auprès de son héroïne, il aurait été nettement plus original, et intéressant de basculer du point de vue de la créature.

d2d4d93_8075-w1k2hi.iz2xoBien sûr, cette critique est tatillonne et cherche les défauts, puisque j’ai beaucoup d’attente avec le cinéma de Guillermo Del Toro que j’adore. Je reconnais volontiers des séquences brillantes comme celle débutant sur les gouttes d’eau sur les vitres de bus et s’achevant sur l’une des plus jolies transition cinématographique, la scène d’inondation de la salle de bain qui est véritablement l’une des scènes sexuelles les plus envoûtantes du cinéma, ou encore la séquence où l’héroïne envoie se faire foutre Michael Shannon sans que celui-ci ne puisse le comprendre.

the-shape-of-water-20171662Justement, le personnage campé par Michael Shannon littéralement pourrit de l’intérieur. A l’instar de l’artiste peintre aigri qui retrouve la foi et sa chevelure, c’est tant de métaphores qui sont intéressantes, et en disent plus que des scènes plus grossières comme celle où le vieil homme se retrouve confronté à son échec professionnel ou que Michael Shannon harcèle sexuellement l’héroïne dans un espèce de rattrapage maladroit de l’actualité, gâchant presque la scène des toilettes qui elle brillait par son intensité dramatique et toute la tension contenue dans une séquence où rien n’est dit, mais tout est ressenti par le simple jeu des acteurs, montage et composition des plans. De même, la relation de l’héroïne et du vieil homme totalement clichée et assez superficielle au début du film, devient brutalement intéressante au moment où une dispute violente éclate entre eux. Tout le film oscille entre des moments de grâces et de subtilité où la mise en scène de Del Toro devient virtuose et des séquences clichées, grossières et politico-bienveillantes.

Star wars, les derniers jedi de Rian Johnson, 2017.

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Nous avions laissés, après LE RÉVEIL DE LA FORCE, la résistance éprouvée par le Nouvel Ordre mais victorieux, nous la retrouvons dans LES DERNIERS JEDI acculée par le Nouvel Ordre qui parvient à les pister dans la vitesse lumière réduisant ses espoirs de fuite à néant. Pendant que la résistance cherche un moyen de subsister, Rey tente de convaincre Luke Skywalker de reprendre le combat aux côtés de sa sœur, la princesse Leïla devenue général de la résistance.

20170414-starwars-8-teaser-poster-01L’épisode 8 reprend les bases jetées par J.J. Abrams lors de l’épisode 7 et va passer 2h30 à détruire ce qui a été posé durant l’épisode 7. Que ce soit le casque de Kylo Ren jugé inutile et désuet, le sabre de laser de Luke qui était au cœur de l’intrigue du 7 balancé par-dessus l’épaule (littéralement) ou encore le commandant Poe dont chaque action héroïque et désobéissante aux règles se solde par un échec retentissant, tout le film est porté par l’idée de destruction des éléments fondateurs de la saga dans le but de repartir sur de nouvelles bases. Chose qui serait sans doute intéressante si les nouvelles bases proposées étaient solides.

Force est de constater que l’épisode 7 à défaut d’être original restait malgré tout assez cohérent et fonctionnait assez bien dans sa narration. L’épisode 8 tient par miracle alors qu’il enchaîne les incohérences (on parlera même pas des règles de l’espace bafouées mais plutôt du ridicule de l’ennemi qui à aucun moment ne prend cette chasse aux derniers rebels au sérieux) et tourne en ridicule non seulement ses héros mais aussi ses méchants. N’en sorte glorifiée que Rey et Leïla à qui le film donne la part belle.

leia_last_jedi_c524313b365a6e1c6e0cd7bcec740e02Les héroïnes paraissent d’autant plus forte que les hommes sont ridiculisés : Finn est lâche, Poe impulsif et dangereux, Luke trop vieux pour ce combat, Snoke stupide, Kylo hystérique. Certes, le film raconte la chute des héros, et la scène où les héros sont tournés en ridicule par le personnage de Benicio Del Toro a quelque chose d’intéressant. Mais à bien y regarder, c’est surtout la chute des hommes. C’est Amilyn par son sacrifice qui sauve la résistance, Rey par son obstination ou encore Rose qui devient un véritable Deus Ex Machina du film à plusieurs reprises.

Le féminisme du film, son côté ouvertement social par la critique de cette planète ressemblant à un Dubaï de l’espace, le fait de donner les séquences héroïques à des femmes plutôt qu’à des hommes, qui plus est à deux femmes d’origines asiatiques, tout cela est tout à fait honorable et démontre une volonté de la firme Disney d’en finir avec la vieille formule poussiéreuse des chevaliers blancs en armure tous jeunes, beaux, et blancs !

star-wars-portfolio-06-2017-ss02La mise en scène de Rian Johnson (LOOPER, quelques épisodes de BREAKING BAD) est véritablement bien faite, emportant le spectateur et donnant lieu à quelques instants de gloire. Ainsi les séquences avec les bombardiers n’est pas sans évoquer la seconde guerre mondiale (comme le faisait déjà ROGUE ONE), et toute la séquence sur la planète Dubaï de l’espace a un p’ti côté James Bond rencontre OCEAN’S ELEVEN assez intéressant, mais, et il y a un gros mais, le film est aussi un espèce de patchwork qui avec un peu de recul paraît dénué de sens.

3467003C’est sympa de faire des séquences à l’imagerie rappelant la seconde guerre mondiale, mais déjà fait dans ROGUE ONE, c’est sympa cette séquence Casino en mode James Bond en plein milieu du film mais ça coupe celui-ci en plein milieu et rend la course poursuite générale complètement ridicule d’autant que, visiblement on peut aller et venir sous le nez des méchants sans que ceux-ci s’en rendent compte, et c’est sympa cette séquence à la HARRY POTTER sur l’île des Jedi face au miroir dédoublant Rey à l’infini mais ça n’a non seulement aucun sens mais aussi aucune utilité. Le film ne cesse de partir dans tous les sens hésitant entre le film pour enfant (les séquences sur l’île des Jedi) et le film pour adulte (les séquences de bataille pour le moins violentes), hésite entre balancer le bébé avec l’eau du bain et à la fois continue à faire du fan service et à vendre des jouets (aka le plan final avec littéralement des enfants jouant avec des figurines).

C’est un résultat assez brinquebalant qui n’est pas sans rappeler celui des derniers films MARVEL dont, et surtout le dernier THOR, sympa à regarder mais assez vide quand on creuse un peu. Certes ces deux films sont très révélateur de leur système de production, et l’on sent que le réalisateur joue sur le côté méta pour dire quelque chose de ce système, mais cela se fait au dépend du spectateur.

Justice League de Zack Snyder & Joss Whedon, 2017

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La terre s’apprête à être envahie par des paradémons en provenance d’Arkopolis, le monde infernal des nouveaux dieux. Batman comprend que l’invasion se prépare en combattant des paradémons venus en éclaireurs et décide de monter la Justice League pour cela. Barry Allen, Flash, n’est encore qu’un adolescent perdu, Arthur Curry, Aquaman, n’est encore jamais sorti de l’Atlantide si ce n’est pour aider des villageois en Islande, quant à Victor Stone aka Cyborg il vient d’être créée et se cache dans l’obscurité. Batman va devoir les trouver et les convaincre de se joindre à sa bataille. Ils ne seront pas de trop, avec Wonder Woman pour faire face à une menace qui a balayé les Amazones et les Atalantes. Convaincu que le seul moyen de détruire leurs leaders paradémoniaque, Stepenwolf, Batman espère utiliser une des boîtes mères pour ramener Superman.

Justice-League-Ben-Affleck-Batman-Gal-Gadot-Wonder-Woman-FJUSTICE LEAGUE, troisième adaptation de l’univers DC par Zack Snyder chapeauté par Warner Bros est assez mal accueillie par le public. Il faut dire que les rumeurs sur les genèses du film portaient à craindre le pire. Du fait d’un drame familial, Zack Snyder doit laisser les rênes à Joss Whedon (les rumeurs évoquent un autre réalisateur qui aurait opéré entre la passation des deux réalisateurs). Joss Whedon qui avait réalisé AVENGER pour Marvel n’est certainement pas un choix innocent. SUICIDE SQUAD avait aussi subi un revirement des studios qui voulaient faire comme leur concurrent MARVEL en ajoutant de l’humour. Or l’univers de DC est très premier degré à la différence de l’univers MARVEL et c’est sans doute pour cela que même s’ils n’ont cessé de se copier et de se piquer des concepts de personnages, chacun propose des univers très différents du fait d’une ligne éditoriale en opposition.

Si sur le papier tout oppose MARVEL qui est née à une époque très différente de DC, en revanche au cinéma les deux éditeurs de Comics Books jouent dans le même cercle vicieux. Remontons dans le temps pour comptabiliser les échecs commerciaux et artistiques dû au fait que les comics sont rarement pris aux sérieux par les studios (DAREDEVIL et sa désastreuse adaptation, BATMAN 66 le film, qui si aujourd’hui on a un plaisir à voir une œuvre kitch reste assez ridicule face aux comics) et même lorsqu’ils le sont, ça reste la grosse machine Hollywoodienne qui va en faire des caisses et faire tout reposer sur les effets spéciaux, costumes et pirouettes aériennes (BATMAN ET ROBIN, GREEN LANTERN) quitte à passer complètement à côté de son sujet.

JusticeLeague3TA2Historiquement, on reconnaît la première adaptation réussie comme celle proposée par Sam Raimi pour SPIDERMAN qui réutilise beaucoup de ses plans et idées de mise en scène qu’il avait eu pour DARKMAN (super héros complètement inventé par le réalisateur, très bon film par ailleurs). C’est donc MARVEL qui ouvre la voie, même si, Tim Burton avait proposé avec BATMAN une adaptation très réussit des comics books qui malheureusement après BATMAN LE DEFI sombrera dans le kitch ridicule. Quelques années s’écouleront avant que les studios comprennent l’importance de confier les adaptations à des auteurs. Ainsi la Warner confie à Christopher Nolan l’adaptation de Batman, sans nul doute la meilleure dans un contexte réaliste. Et qui, quoi qu’on en dise, apporte une réelle profondeur au personnage qui a rarement été explorée au cinéma. Adaptant les comics signés par Frank Miller, le cinéaste anglais bouscule les idées reçues sur les adaptations de comics en proposant une vision noire mais réaliste du chevalier noir. MARVEL n’essaiera pas de suivre cette piste, mais plutôt celle visionnaire de Sam Raimi en proposant IRON MAN qui sera suivi par la suite par la constitution de l’univers partagé.

justice league 2 warner brosC’est la différence entre MARVEL et DC d’ailleurs, puisque les premiers décident de faire un univers partagé où tout est connecté entre les films et les séries, (sans doute pas les animés en revanche). A l’inverse DC propose des séries indépendantes des films, permettant au spectateur de consommer ces différents médiums dans l’ordre qu’il désire. Il est à noter que les animés proposés par DC sont vraiment de très bonne facture et sont vraiment fidèles aux comics. Mais DC veut malgré tout même suivre la formule très juteuse de MARVEL quitte à tomber dans les mêmes pièges, n’apprenant rien des échecs de son concurrent (l’horrible IRON MAN 2, le mauvais THOR, ou plus proche encore les erreurs de AVENGER 2 qui préfigure le désastre à venir pour JUSTICE LEAGUE). C’est ainsi qu’on arrive en 2017 avec JUSTICE LEAGUE supposée lancer donc l’univers connecté de DC qui devrait être suivi d’un film sur chacun des membres de la Justice League (si le succès est rencontré en salle, sinon, court la rumeur d’un film sur FLASH permettant de faire un reboot via le flashpoint, déchirure dans l’espace temps provoqué par la vitesse de Flash qui a lancé New 52 dans les comics, une réécriture complète des personnages de l’univers DC en vue d’une simplification).

justice-league-photo-gal-gadot-ezra-miller-ben-affleck-1004073Ainsi JUSTICE LEAGUE est la directe suite de BATMAN V SUPERMAN qui avait déjà essuyé de nombreuses critiques. Il faut dire que la vision très sombre de Zack Snyder ne colle pas vraiment à la vision que le public a des supers héros, notamment de Superman dépeint comme un homme solitaire, un paria qui doit se cacher, détesté par l’humanité et considéré comme un fléau y compris par Batman. Le film était certes bourré d’erreurs, comme un Lex Luthor ressemblant plus à un Joker en devenir, ou un Batman limite facho décidant de tuer Superman (dans les comics il planifie au cas où de le tuer mais ne tue pas les gens, cela va à l’encontre de ses principes, sinon le Joker serait mort depuis longtemps)sans même évoquer une Lois Lane là pour jouer les princesses en détresse et servir de voix off. Mais au moins, BATMAN V SUPERMAN avait une vision et la suivait. JUSTICE LEAGUE est la destruction de cette vision due à la rencontre de deux auteurs très différents.

En voyant le film, on pourrait aisément s’amuser à retrouver qui a filmé quoi. Les scènes filmées par Zack Snyder sont d’autant plus facile à découvrir qu’il y avait les teasers mis sur le net quasi un an avant la sortie pour nous les montrer. Mais on reconnaît aussi la patte de Joss Whedon ne serait-ce que dans l’humour et la destruction des codes des supers héros (Aquaman révélant sa peur face au combat à venir parce qu’il est assis sur le lasso de Diana ou Batman plaisant sur le fait qu’il puisse saigner). Le problème est qu’on voit les coutures sur le film, qu’on voit où on a tenté de modifier la première mouture du film, en sachant que les producteurs ont découpé ensuite la version de Joss Whedon jugée trop longue. Pourtant, pas mal d’idées amenées étaient intéressantes.

https_blueprint-api-production.s3.amazonaws.com_uploads_card_image_651853_32e29d5c-45ca-4efc-8f3a-d49a07c1524bAinsi voir Batman capable de voir venir l’invasion (et de botter les fesses de quelques paradémons à lui seul) et constituer l’équipe puis s’essouffler dû à la fatigue, normale vu qu’il est humain, est intéressant. Que ce dernier pousse Diana à prendre le leader ship sachant que dans les comics pendant de longues années Wonder Woman était la secrétaire de la Justice League a quelque chose de très féministe qui rejoint le travail de Joss Whedon sur BUFFY CONTRE LES VAMPIRES. Le personnage de Flash est très cool, ils ont réussi à rendre Aquaman assez cool alors que le personnage de base est assez kitch (voire presque raciste dans son côté blanc aux yeux bleus dont l’ennemi juré est black), quant à Cyborg, même si on l’effleure, ce qu’on voit est intéressant (sachant que le personnage reste assez jeune, il appartient normalement aux Teen Titans et donc inconnu du grand public).

0475037.jpg-r_640_360-f_jpg-q_x-xxyxxMais toutes ces idées sont balayées par la vision d’un méchant dont les forces paraissaient inégales, il est capable de balayer les amazones, mais se fait ramasser en deux secondes par un Superman ramené à la vie, le fait que la Justice League toute accaparée par la résurrection de Superman en oublie complètement de veiller sur la boite mère ou encore et surtout le fait que le film ne montre jamais les conséquences de la terraformation. Défaut qu’on retrouvait dans CAPTAIN AMERICA CIVIL WAR (la fameuse bataille sur le parking) ou encore dans MAN OF STEEL où le combat était illisible et ce n’est que dans BATMAN V SUPERMAN qu’on prenait la mesure des conséquences de ce combat. Là encore, on retrouve les héros se battre à Tchernobyl à peine reconnaissable. Ceci dit, l’idée de sauver les marginaux et les pauvres n’était pas une mauvaise idée, comme la famille qu’on suit est intéressante, mais il y a beaucoup trop de plans sur eux et pas assez sur le reste des habitants du coin.

Principal problème de ce qui a été initié avec BATMAN V SUPERMAN est la complète ignorance de l’importance des identités secrètes, surtout celle de Batman que tout le monde appelle allègrement Bruce. Pour quelqu’un d’aussi paranoïaque que Batman c’est assez nawak de le voir appeler Alfred face à un cambrioleur. Le comble est atteint lorsque Cyborg dit à Alfred qu’il prend le relai. D’où connait-il Alfred ? De fait, on a quasi l’impression que Batman intègre Cyborg, Flash dans la Bat-family ! Ce qui en soit ne serait pas inintéressant mais tout de même est un sacré raccourcit ! Personnellement en tant que grande lectrice de Batman ça me choque que tout le monde l’appelle Bruce, même si cela traduit une volonté d’humaniser le personnage, car pour Batman Bruce Wayne n’est qu’une illusion, un trompe l’œil pour préserver Alfred. Contrairement à Superman pour qui Clark Kent n’est pas juste un masque, mais une partie importante de sa vie (et la démonstration qu’il est bien plus humain que Batman par bien des aspects, chose qui est dite dans le film d’ailleurs).

Ce qui est tout de même à souligner c’est à quel point Joss Whedon a voulu se reconnecter avec les comics dont on s’était franchement éloigné avec les deux métrages précédents. Une volonté que je ne peux qu’apprécier. Même si elle est faite de manière maladroite.

Batman-in-Justice-League-ArmorEn effet, en dépit de ses défauts, JUSTICE LEAGUE réussit néanmoins à offrir des combats lisibles, à donner à Batman une humanité dont il avait été dépouillée dans le précédent film, mais aussi et surtout à rendre Superman plus héroïque et à lui rendre son aura de héros de la Terre. On sent le rafistolage du film, mais celui-ci était nécessaire. Le film réussit à faire gagner en maturité et en profondeur ses personnages (moins manichéens que dans le précédent) et donc à les rendre plus intéressant. Chose appréciable chez DC, les personnages ne sont pas cantonnés à des archétypes qu’ils détruiront à coup de vannes (contrairement à Marvel), mais le problème est qu’à trop vouloir être sérieux on peut tomber dans le ridicule comme avec BATMAN V SUPERMAN. Redresser la barre, rendre à Superman sa vision idéaliste et à Batman son humanité et ses faiblesses (autre que sa paranoïa) sont une bonne chose.

Le problème étant que ça reste un film hybride où s’entrechoquent plusieurs visions et de visibles problèmes de production rendant le film malade. L’ennui étant que ça ne date pas de JUSTICE LEAGUE (doit-on vraiment parler de SUICIDE SQUAD l’exemple le plus parlant de tout ce qui ne va pas chez la production made in Warner ?). La Warner est incapable d’imposer une vision générale comme elle l’a prouvé par le passé (sérieusement il suffit de se souvenir de BATMAN FOREVER qui était totalement what the fuck). La Warner donne l’impression d’être une espèce de girouette tournant selon le sens du vent. Et quand on connait un minimum le matériel d’origine, c’est tout de même dommage de n’arriver à faire quelque chose de correct.

JLSi on regardait objectivement l’avenir pour le DCU, on aboutirait à la conclusion qu’un Flashpoint sera probablement nécessaire pour effacer les erreurs commises dès MAN OF STEEL. Ceci demanderait une totale remise en question du studio et que ces derniers fassent complètement confiance au réalisateur à qui ils confieraient cette tâche. L’ennui étant que, actuellement, DC suit la politique de Marvel, et ces derniers écrasent les auteurs pour en faire des faiseurs. Si DC suit la même optique (ce que l’on sentait sur SUICIDE SQUAD) alors on court au désastre complet d’autant que contrairement à Marvel ils n’ont pas encore statué sur leur modèle. C’est sans doute le principal problème de DC et de Warner, ne pas se décider pour une vision et toujours lorgner ailleurs quitte à donner lieu à des films malades symptomatique de tout ce qui déraille à Hollywood.

A mon sens, le DCU pourrait totalement réinitialiser son univers avec un Flashpoint, dans un film centré sur Flash. En confiant la mise en place scénaristique à quelqu’un comme Stephen Moffat qui a prouvé sur Sherlock ou Doctor Who savoir parfaitement manié des univers ultra codifié et connu du grand public et leur donner un coup de jeune ou alors en embauchant des scénaristes de DC comme Grant Morrison qui avait déjà initié un beau travail sur ses ALL STAR. Encore faudrait-il lui adjoindre un réalisateur qui serait capable de suivre sa vision. Mais pour l’adaptation de comics pourquoi ne pas reprendre la formule des comics à savoir un scénariste / dessinateur, là un scénariste auteur avec un réalisateur plus orienté sur la technique (peut-être quelqu’un issu des effets spéciaux histoire de moins foirer les effets spéciaux parce que bon les fleurs chelou en numérique ou pire Arès en numérique c’était pas top top). Je pense qu’il y a moyen de sauver le DCU mais cela demandera une grosse remise en question de la part des studios. Espérons que l’échec au box office de la JLA apportera un nouveau souffle.

[SÉRIE TV] Riverdale, 2017

DLaonh7UEAAQFsdMettant en scène Archie, un quaterback qui est également attiré par la musique, ami de longue date avec Betty et Jughead tous deux officiant au journal de l’école. L’arrivée de Veronica, jeune fille riche de la ville, va bouleverser le petit groupe d’ami et surtout le cœur d’Archie. Le petit groupe d’ami va devoir cependant faire face à beaucoup plus inquiétant : le corps de Jason Blossom, joueur de l’équipe de foot du lycée, est retrouvé. Qui l’a tué et surtout, pourquoi ?

riverdale-season-2-release-dateSérie pour adolescent aux couleurs flashy jouant sur la nostalgie des années 80, revisitant les codes du film noir, dans une atmosphère très TWIN PEAKS, RIVERDALE est une série assez délicieuse à regarder, plaisir coupable qui s’assume en société. Il faut bien dire qu’elle est soignée, suffisamment pour plaire à un public de trentaine autant qu’à un public plus jeune. D’autant qu’elle multiplie les références au genre du polar.

riverdale-season-2-premiere-cw-archieLa série RIVERDALE commence à faire sacrément parler d’elle autant pour son propos féministe (tenu autant dans la série que par ses actrices sur les réseaux sociaux) que pour son côté addictif. Derrière le phénomène se cache une adaptation des célèbres ARCHIE COMICS. Cette maison d’édition a raconté les aventures d’adolescents à une époque où on ne trouvait dans les comics books que des supers héros. Proposant les aventures du célèbre rouquin dont la maison porte son nom mais aussi celles d’une petite sorcière qui allait connaître un franc succès à la télévision : Sabrina l’apprentie sorcière.

The-Archies-Riverdale-artChez Archie Comics, en l’espace de 78 ans, les aventures de ses personnages fétiches le rouquin Archie, l’ingénue Betty, la sexy Veronica, et le goinfre et sympathique Jughead seront déclinés sous quasiment tous les genres. De l’horreur au polar, de la SF au fantastique, les aventures du rouquin seront également portés à l’écran plusieurs fois notamment dans des dessins animés.

Archie_mysteres_et_compagnieComme beaucoup de ma génération (ceux qui ont été biberonnés par le club dorothé et les minikeums, qui ont connu à la télé Buffy, Lost et 24) j’ai bien sûr vu à l’époque la série animée ARCHIE MYSTÈRE ET COMPAGNIE. On y voyait notre quatuor d’adolescent affronter toutes sortes de créatures mystérieuses, de malédictions, de zombies, d’extraterrestres et j’en passe. Basé sur le film de genre très répandu dans les années 80, l’animé rendait véritablement hommage aux série B tout en gardant tout le sel des aventures d’Archie.

Aussi, quand RIVERDALE est apparu sur Netflix je me suis jetée dessus. Evidemment c’est une série américaine pour adolescent, les acteurs sont tous beaux, les rouquins ont une belle couleur uniforme, les tenues sont sexy, les torses des garçons bien musclés, pour autant la série se veut moderne. Il y a de la mixité à l’écran, des filles plus rondes, des personnages gays ont une Riverdale-To-Riverdale-and-Back-Again-featplace importante également dans l’intrigue. Et si nos héros sont confrontés à des clichés, comme les quartiers pauvres soumis aux trafics de drogues et aux guerres de gang, le personnage gay brimé par sa famille, les familles riches étant mêlés à des détournements et des conflits d’intérêts, il y a de la nuance et surtout une assez bonne adaptation à l’actualité avec un épisode sur le « slut shaming » ou encore un autre sur le viol dans les soirées trop arrosées.

riverdale-season-2-premiere-cw-archie-2Ainsi on retrouve la finesse d’écriture qu’on avait déjà remarqué sur 13RAISON WHY, excellente série sur le suicide chez les adolescents produite par Netflix. RIVERDALE est apparue dans un renouveau de la série pour ado qui est le bienvenue après l’essoufflement du genre par les séries fantastiques (SUPERNATURAL, TEEN WOLF, VAMPIRE DIARIES, etc…). A laquelle s’ajoute un soin de l’image, une charte de couleur dicté par des références précise : mixé les années 80 avec l’esthétique rétro de TWIN PEAKS pour un esprit très nostalgique. Le casting n’est pas en reste puis qu’on a des acteurs ayant de vraies « gueules » qui s’ils restent dans l’ensemble plutôt beaux ont cependant des physiques atypiques sortant de l’ordinaire.

[SERIE TV] Mindhunter, 2017

2017-09-18-mindhunter-twitter-profile-bannerEntre le SILENCE DES AGNEAUX et le ZODIAC, peut-être, se trouve MINDHUNTER, la nouvelle série de David Fincher. Le réalisateur de SEVEN s’était déjà essayé au petit écran avec brio en lançant la série HOUSE OF CARD dont il avait réalisé plusieurs épisodes de la première saison qui restera d’ailleurs avec un goût inimitable comparé aux saisons plus récentes, peut-être du fait du regard glaçant que Kevin Spacey nous jetait, à nous spectateur, comme en écho lointain à SEVEN. Cinq ans après, et après un brillant MILLENIUM qui ramenait le cinéaste au monde froid et glaçant des tueurs en séries, voici donc MINDHUNTER la série qui, personnellement, m’a rendue assez dingue.

mindhunter-s1Nous sommes en 1977, et le F.B.I. n’a encore aucune méthode particulière pour appréhender les tueurs en série. Horden Ford, un jeune agent pense qu’en étudiant auprès des tueurs arrêtés on pourra comprendre comment ils fonctionnent et arrêter les prochains tueurs en série. Une idée révolutionnaire qui ne semble pas prête à être entendue au FBI. Mais par sa ténacité, il parvient à obtenir l’aide de Bill Tench responsable de la section comportementale, et de Wendy, une professeur de faculté habituée à travailler avec le FBI.

049_mindhunter_102_unit_11766r4Très rapidement, le décor est posé. Couleurs sombres, variations de gris, de bleus ou de verdâtre selon le niveau d’angoisse dans lequel on se trouve, individu charmant qui vous explique tout en finesse comment il a tué des femmes, Ed Kamper est le premier tueur qui sera le sujet des conversations d’abord retranscrit manuellement puis enregistré sur casette. Notre jeune héros découvre à la fois la révolution sexuelle, le milieu universitaire et l’esprit d’une totale noirceur des tueurs en série. Au lieu de s’en inquiéter, il plonge tout entier et sans retenue. MINDHUNTER ne décrit pas seulement une époque, des tueurs, ou encore les rouages du bureau fédéral mais aussi et surtout des personnages loin des clichés tout en nuances de gris, souvent allant en s’assombrissant.

DMAU1MCU8AAKlAeComme précédemment avec THE KNICK, la reconstruction historique est de facture moderne. David Fincher n’essaie pas de retrouver les cadres et les couleurs de l’époque mais plutôt d’imposer son style si reconnaissable, sa traque quasi obsessionnelle du moindre signe d’un basculement psychique à venir, d’un effondrement de ses personnages, sans cesse sur l’écueil, la corniche, en équilibriste, il nous faire observer les abysses et finit par nous en donner le vertige d’y tomber.

A l’instar de la première saison de TRUE DETECTIVE, la série fait mouche. En une saison, qui pourrait se suffire à elle-même, grâce à un season final signé David Fincher d’une profondeur écrasante et au vertige assourdissant, elle expose toutes les problématiques du profilage mais aussi nous en délivre toutes ses promesses qui nous amène à attendre la seconde saison avec impatience.

La chasse aux posters Blade Runner

J’inaugure une nouvelle catégorie qui a déjà été émoussée autour de sagas comme Alien ou encore du film The Thing. N’importe qui ayant un compte sur Pinterest sait à quel point de nos jours, de nombreux artistes en herbes ou confirmez démontrent leur talent en bidouillant des affiches parfois même plus belles que celles officielles du film. Dans cet article j’ai cherché donc à trouver les plus belles affiches illustrant le tout premier BLADE RUNNER de Ridley Scott. J’espère qu’elles vous plairont autant qu’à moi.

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